Plan égalité : focus sur les inégalités environnementales

Intervention d’Alix Téry-Verbe

 

Aux inégalités sociales, de genres, de handicaps, s’ajoute dorénavant les inégalités environnementales. Celles-ci sont renforcées par une économie capitaliste prédatrice en ressources naturelles, qui consume la planète à un rythme qui ne lui permet pas de se régénérée.

Il est impossible d’aborder cette dernière grande inégalité, sans rappeler, le cri d’alarme de 15 000 scientifiques de 184 pays, exhortant l’humanité à freiner la destruction de l’environnement. Il est plus que temps de passer du discours aux actes, de stopper le « greenwashing », de dire aux banques, aux grandes entreprises, aux Etats, stop ; de dire aux citoyens que ce qui est en jeu, ce n’est pas que leur vie mais celles de leurs enfants et petits-enfants ! Je le dis avec gravité, avec solennité. Nous, écologistes n’avons cessé d’alerter, de proposer, de construire les conditions d’une transition. Tout est là, il ne manque que la volonté politique, l’ambition collective ! Il est encore temps mais c’est maintenant !

Les effets du dérèglement climatique sont palpables : Les épisodes récents de pluie diluvienne l’attestent, comme les inondations de 2016 ou la fréquence désormais annuelle d’épisodes caniculaires pouvant aller jusqu’à 3 semaines !

Ce plan  réaffirme l’importance de la transmission et de l’éducation des jeunes générations, afin qu’il puisse être tous acteurs du changement, acteurs de l’inévitable transformation écologique de la société. La politique d’éducation à l’environnement menée par la Région depuis des années constitue un puissant levier de transformation et d’espoir. La jeunesse est beaucoup plus en phase avec les enjeux de son temps.

La précarité énergétique ne fait pas partie du plan d’action, déjà bien complet. Mais elle est emblématique de la montée en puissance des inégalités d’ordre environnementale ou écologique. Aussi, il apparaît important de valoriser l’action de la Région en matière de lutte contre la précarité énergétique. Bien, que l’Etat, via l’ANAH soit l’un des premiers opérateurs dans ce combat, la Région participe – dans le cadre de son champ de compétence – de la réduction de cette inégalité, en complémentarité avec ses partenaires.

La Région gèrent les aides FEDER vers les bailleurs sociaux pour la réhabilitation thermique des logements sociaux ; aides conditionnées à une baisse réelle de charge pour les locataires suite aux travaux.  A côté de ces aides à la rénovation pour les logements du parc social, il y a tout une partie « conseil » opéré par les espaces infos énergie (EIE). Environ 13 000 ménages par an sont conseillés dont une proportion non négligeable sont des ménages modestes réorientés vers les dispositifs de l’ANAH.

Autres sujet d’inégalité, la pollution atmosphérique est une crise écologique et sanitaire mais aussi une affaire de justice sociale. La pollution de l’air aux particules fines est extrêmement grave, elle serait responsable de 48000 morts prématurés par an en France. Soit plus de 10 fois le nombre de morts sur les routes ou presque autant que les victimes de l’alcool.

La région est régulièrement exposée à des phénomènes de pics de pollution de l’air aux particules fines. Mais ce qui est le plus inquiétant finalement c’est la généralisation des alertes de Lig’air sur les indices qualité de l’air témoignant d’une qualité plutôt médiocre ; et malheureusement le dérèglement climatique en cours génèrera une tendance haussière du phénomène.

Le lien entre justice sociale et exposition à la pollution se manifeste particulièrement au regard de son lieu de vie ou encore du lieu où l’on a passé l’essentiel de son enfance. Par exemple, les logements situés en bordure d’axe de transports ou ceux situés à proximité de ligne à haute tension, à proximité d’une usine sont souvent plus abordables financièrement parce que plus exposés à des nuisances.

La pollution de l’air n’épargne pas le milieu rural. Les aspersions concernent particulièrement les cultures viticoles, arboricoles mais aussi les grandes cultures (colza, blé ou l’orge). Elles relèvent aussi d’une forme d’injustice car les habitants des villages et des bourgs à proximité n’ont rien demandé. Ils sont les victimes d’un modèle agricole qui, pour produire toujours plus, sur des surfaces toujours plus grandes, a massivement recours aux pesticides.