Pour une région 100% santé : les priorités en matière de prévention santé environnement

Intervention d’Alix Téry-Verbe

En santé, il s’agit bien en effet d’anticiper car même si nous devons tout mettre en place pour améliorer la qualité des soins, la priorité est bien de faire en sorte que les conditions de vie de la population concourent à la garder en bonne santé.

C’est pourquoi notre Région a mis en place des actions de prévention dans le domaine de l’éducation, le sport, l’alimentation et la qualité de l’environnement, avec pour objectif également de réduire les inégalités sociales particulièrement fortes dans ce domaine, avec 5 priorités.

La priorité 12 est d’agir en amont par des actions de prévention, d’éducation et d’accompagnement.

Notre Région agit depuis 2010 – en conventionnement sur certains points avec l’ARS – dans les lycées par des actions de promotion de la santé : un appel à projets annuel (« ma région 100% éducation »), des points de contacts avancés, des temps de rencontres entre professionnels d’horizons variés ou encore des outils mis à disposition.

L’objectif est bien de contribuer à développer les compétences psycho-sociales des jeunes afin de leur permettre d’être autant que possible, en situation d’acteurs responsables face aux risques de différentes natures qui viennent perturber leur santé durant le temps de leur scolarité et au-delà.

La Région s’engage bien sûr à continuer ces actions de prévention, qui ont par ailleurs contribué notamment à l’amélioration du climat scolaire et au repérage facilité de jeunes en souffrance, mais également à être relais et diffuser les messages de prévention par ses moyens de communication en direction des jeunes et promouvoir les formations en matière de prévention santé.

La priorité 13 est axée sur l’activité physique et sportive comme outil de prévention et d’accompagnement des soins également.

On constate aujourd’hui, en effet, une sédentarisation de la population d’une manière générale et un manque d’activité physique notamment chez les jeunes.

Il s’agit bien de promouvoir les activités physiques et sportives accessibles à tous par plusieurs leviers : par la création de parcours de santé, par le développement des mobilités actives au quotidien ou par le développement de l’activité physique adaptée à visée thérapeutique.

La Région agit à travers les Contrats Régionaux de Solidarité Territoriale et par le soutien des associations sportives dans le cadre du dispositif Cap Asso, qui permet la création ou la consolidation des postes d’encadrement des pratiques.

La Région s’engage donc à continuer ces différents soutiens en incluant dans ces aides le sport santé et en motivant la pratique physique et sportive au sein des contrats locaux de santé, mais il sera nécessaire que l’Etat prenne sa part par des dotations suffisantes.

Une priorité 14 également qui vise à toucher l’ensemble de la population dans les actions de prévention par l’intermédiaire des Contrats Locaux de Santé (CLS) et les Communauté Professionnelle Territoriale de Santé (CPTS).

Des soutiens importants ont été apportés grâce au dispositif « A vos ID ! » avec la volonté de pouvoir étendre et reproduire les actions déjà soutenues.

Par ailleurs, les conditions de travail de nombreux salariés sont aujourd’hui très dégradées et posent de nombreux problèmes, que ce soit dans le secteur public ou le secteur privé, c’est pourquoi il est aujourd’hui plus que jamais nécessaire de s’engager dans le cadre de la santé et le bien-être au travail auprès de l’Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ARACT) et de la médecine du travail.

Pour cela, le Conseil régional organisera début 2020 un appel à projets « prévention et promotion de la santé » à destination des collectivités, associations, structures locales, ainsi que des entreprises qui ont une capacité particulière en matière de sensibilisation de leurs salariés. Il mettra en place un panel citoyen pour assurer des fonctions de veille, suggestions, mobilisation citoyenne…

Une priorité 15 pour promouvoir une alimentation biologique de qualité et de proximité.

Le premier médicament devrait être l’alimentation. Saine et équilibrée, elle joue un rôle prépondérant en matière de prévention de nombre de maladies chroniques telles que l’obésité ou le diabète.

Notre Région mène une politique volontariste dans l’accompagnement de l’introduction de produits de qualité (c’est-à-dire bio, non transformés et sans additifs de synthèse) et locaux dans la restauration collective et en parallèle accompagne le déploiement des PAT (Projets Alimentaires Territoriaux) et des circuits courts dans une approche territoriale.

Au titre de sa politique agricole, la Région souhaite accompagner les exploitants agricoles dans la transition agro-écologique afin qu’elle concerne le plus grand nombre d’agriculteurs et que cela contribue notamment à la préservation de la qualité de l’eau, au maintien de la fertilité des sols, à la préservation de la biodiversité.

Nous devons soutenir la production d’aliments qui soient à la fois issus de l’agriculture biologique, de l’agriculture paysanne et de l’agriculture de proximité !

La priorité 16 vise à réduire l’exposition des habitants pour limiter les maladies liées aux pollutions.

Depuis de nombreuses années, les études scientifiques confirment la présence dans notre environnement (air, eau) de substances chimiques toxiques qui ont un effet direct sur la santé humaine. Une politique de prévention en matière de santé doit donc viser la suppression des différents produits qui ont un impact négatif sur la santé humaine.

La Région soutient déjà des actions d’éducation à l’environnement via le cadre d’intervention des Conventions vertes, par le soutien apporté à Lig’Air dans ses missions de surveillance de la qualité de l’air sur le territoire régional et d’information du public et des autorités ou encore dans sa participation aux actions menées dans le cadre du Plan Régional Santé Environnement.

Depuis 2019, le Conseil régional a fait le choix de concentrer une partie de ses efforts sur les perturbateurs endocriniens, substances capables d’interférer avec notre système hormonal et dont les sources d’exposition sont multiples et quotidiennes.

Parmi les modes de transmission des perturbateurs endocriniens aux populations, figure l’eau potable. Les contrôles sanitaires de l’eau potable réalisés par l’ARS en 2018 attestent d’une pollution chronique, notamment aux pesticides et aux nitrates. Bien qu’aucune restriction de l’utilisation de l’eau pour les usages alimentaires n’ait été prononcée, 16,7 % de la population régionale, soit 434 707 habitants, a été alimentée par de l’eau ayant présenté des dépassements récurrents (plus de 30 jours dans l’année) en pesticides !

L’étude engagée a pour but de porter à connaissance l’impact des perturbateurs endocriniens sur la santé humaine mais également de préparer un plan d’actions et de s’engager dans la gestion exemplaire de la collectivité régionale.

La première phase a permis de mettre en évidence les cibles et enjeux prioritaires : des substances prioritaires, des territoires particulièrement exposés, des sources d’expositions et des publics plus particulièrement sensibles, tels que femmes enceintes, enfants et adolescents.

La prochaine étape consistera à co-construire, dans le cadre du comité de pilotage largement ouvert, un plan d’actions autour de trois grands axes : Connaître, Réduire, Sensibiliser.

L’étude pourra être enrichie par les projets de recherche sur le thème de la santé environnementale que la Région accompagne, les perturbateurs endocriniens ont été inscrits dans les priorités de recherche d’intérêt régional.

Il faut voir dans les programmes de recherches alternatives à venir, non pas un frein, mais bien une opportunité de devenir leader, pour des secteurs comme la cosmétique, dans le développement de produits respectueux de la nature et de la santé, demandé par une partie croissante de la population.