Plateforme de mobilisation et d’engagements « pour une région 100% santé » : les propositions du groupe écologiste

A) Défendre le système de santé et l’hôpital public :

1. Faire porter les cotisations non pas simplement sur les salaires mais sur l’ensemble des revenus (y compris financiers)

Le fait que les cotisations portent uniquement sur les salaires est une anomalie puisqu’il s’agit de financer la politique de santé pour toute la population. La logique serait de partir de l’impôt qui touche l’ensemble des revenus, c’est-à-dire la CSG.

2. Réduire la place des organismes complémentaires

Ceux-ci reçoivent chaque année plus de 30 milliards d’euros de cotisations pour un service moins efficace et plus inégalitaire que celui de la Sécurité sociale.

3. Mieux encadrer le secteur du médicament

Obtenir une baisse générale des prix des médicaments et leur fixation à partir des données européennes. Optimiser la prescription médicale avec la généralisation des génériques, identifier les médicaments présentant un fort intérêt public mais au coût prohibitif (afin de permettre éventuellement leur appropriation par l’Etat via l’utilisation de la licence obligatoire). Contrôler le prix des vaccins (dont le chiffre d’affaires mondial est passé de 2 à 40 milliards de dollars en 25 ans). Lutter contre les conflits d’intérêts (notamment en créant un corps d’Etat d’experts universitaires détachés à plein ou mi-temps pour 3 à 6 ans dans cette fonction dédiée à l’évaluation des produits de santé).

4. Un plan d’urgence pour sauver l’hôpital public

Revaloriser les salaires des personnels hospitaliers et des embauches en nombre suffisant est indispensable. Il faut également augmenter le nombre de lits, engager un plan de rénovation et d’équipement des hôpitaux publics et mettre fin à la facturation à l’acte : un système particulièrement pervers, dont on a vu les effets depuis plusieurs années.

B) Renforcer l’offre de soins dans les territoires :

5. Réinterroger en partie la liberté d’installation

Après des années d’incitation, assez infructueuses, ne faut-il pas envisager que ce principe puisse être adapté, au moins temporairement, dans certaines zones particulièrement sinistrées ? Les syndicats de médecins libéraux n’y sont pas favorables, mais peut-on vraiment accepter cette situation ? Ou quelles pourraient être les propositions formulées ?

6. La carence d’offre privée doit être compensée par une offre publique, ou du moins portée par la puissance publique

La Région annonce la création de 150 postes de médecins salariés sur 5 ans, pour un coût d’environ 18 000 € par an et par médecin (en  tenant compte de la récupération auprès de la CPAM du montant des consultations). Nous défendions le recours aux médecins salariés dans notre programme des élections régionales de 2015. Nous proposons qu’un grand programme mobilisant l’ensemble des échelons de collectivités (Communes, EPCI et Départements) permettre de doubler cet objectif (atteindre les 300).

7. Mettre en place des équipes mobiles, rattachées à un centre hospitalier

Ces équipes se déplaceraient sous forme de circuits et viendraient à la rencontre des patients.

8. Renforcer l’accueil des étudiants

Médecins, mais aussi infirmiers, aides-soignants, kinés, …, car ce ne n’est pas seulement une question de place : si un stage s’est bien passé, alors ça va donner envie de rester sur le territoire.

C) Contribuer à plus de justice sociale :

9. Creuser la piste d’une gratuité des transports pour certains rendez-vous médicaux

Par exemple lorsqu’un rendez-vous chez un spécialiste oblige à effectuer un trajet d’une certaine distance.

10. Encourager des initiatives associatives dans l’accompagnement des parcours de soins, en rural comme dans les quartiers populaires

Anticipation, accompagnement du déplacement, conseils…

11. Développer l’accès à la santé pour tous les étudiants

Pour tous les étudiants, mettre en place le tiers payant ainsi qu’un guichet unique d’accès à la santé.

12. Favoriser le développement des « mutuelles communales »

Elles consistent à regrouper tous les habitants qui le veulent, pour ainsi négocier en groupe des conditions tarifaires nettement plus compétitives pour leur complémentaire santé.

D) Prendre en compte les enjeux de santé-environnement et agir pour la prévention santé :

13. Traduire les ambitions du Plan Régional Santé-Environnement dans un plan d’actions conduit par le Conseil régional dans son champ de compétences

Notamment participer au financement d’études épidémiologiques sur la relation entre la dégradation de l’environnement et l’impact sur la santé, dont les résultats devront orienter les politiques publiques.

14. Acter le principe d’un nouvel investissement dans la prévention primaire en matière d’éducation pour la santé et de santé environnementale

Il représenterait 1 % du budget total des soins.

15. Développer un réseau de préventeurs santé territoriaux ou de conseillers médicaux environnement

Cela pourrait faire partie des actions des Contrats Locaux de Santé (CLS).

16. Développer et promouvoir les médecines alternatives

En particulier les intégrer plus largement dans les Maisons de Santé Pluridisciplinaires, elles peuvent participer au renforcement de la prévention.