Portrait Michelle Rivet

Point d’étape du SRDEII : agriculture

Intervention de Michelle Rivet

Le SRDEII inclut les ambitions pour l’agriculture régionale et ce point d’étape arrive un an après le vote du rapport les traduisant dans les politiques que nous menons.

J’évoquerai 4 points :

– l’évolution des structures agricoles

– leur transmission

– l’accompagnement dans la transition écologique

– la formation agricole

Sur le premier point, les structures agricoles de notre Région sont aujourd’hui parmi les plus grandes de France : la moyenne de leur surface est de 110 ha contre 63 ha sur l’ensemble de notre Pays. C’est beaucoup (176 ha aux USA) . Cette situation et l’orientation majoritaire en grandes cultures explique le montant très élevé des aides du 1er pilier de la Politique Agricole Commune.

Cette dépendance sera, est déjà, une faiblesse: manque de valeur ajoutée, banalisation des productions, export de matières premières brutes sur des marchés internationaux volatiles.

Cette taille est aussi un frein à la transmission, les fermes à reprendre représentant des capitaux importants et des risques de reprise par des investisseurs peu préoccupés de développement local.

Et sur le troisième point l’agroécologie et les systèmes agronomiques qu’elle suppose s’accordent mal d’immenses structures qui demandent d’uniformiser les process.

Et pourtant :

  • Le Schéma Régional des structures agricoles a retenu la surface de référence de 110 ha  : en dessous, une ferme n’est pas considérée comme viable et peut être démantelée.
  • Les priorités de ce schéma ne prévoient pas de favoriser l’agroécologie ni même de protéger les fermes bios d’un retour à l’agriculture conventionnelle.
  • Les éleveurs et les agriculteurs qui privilégient les rotations avec des espèces fourragères touchent toujours moins d’aides.
  • Dès lors le tableau des atouts de l’agriculture pour les générations de jeunes agriculteurs fréquentant nos lycées agricoles est brossé: il marginalise les petites structures, la valorisation des productions, l’agroécologie et la bio.

Intégrer d’autres standards doit donc être une priorité et notre collectivité a commencé à le faire :

  • Nos CAP filières intègrent désormais une fiche agro-écologie.
  • L’accompagnement des installations et la formation continue se font par des organismes diversifiés qui permettent de découvrir des modèles différents et d’éviter la marginalisation aux jeunes  hors cadre familial ou ayant des projets hors normes.
  • La stratégie alimentation et les politiques territoriales viennent en soutien des circuits courts et des  multiples initiatives originales émergeant des territoires.

Il est fondamental que ces politiques puissent continuer à se connecter avec le  2ème pilier de la PAC qui finance l’évolution des pratiques agricoles et soutient la ruralité. Or il est à craindre que ce pilier fondamental pour la transition écologique de l’agriculture soit amputé lors de la prochaine programmation.

La baisse potentielle du 1er pilier pour la Région ne doit pas nous inquiéter: notre agriculture a tout à gagner à une meilleure répartition des aides. La baisse du 2ème pilier mettrait à mal nos politiques d’accompagnement des exploitations et de transition écologique.C’est pourquoi, Monsieur le Président, la défense de l’avenir du FEADER et à sa gestion par les Régions sont une priorité pour les écologistes.