Politiques régionales du tourisme et de l’alimentation

Intervention de Christelle de Crémiers

La présentation des « nouvelles renaissances » est l’occasion de rappeler les politique régionales en matière de tourisme et d’alimentation, ce que je fais avec plaisir.

Tout d’abord, le choix stratégique de la politique régionale du tourisme est celui du développement économique local par la structuration de l’offre touristique. En effet, le tourisme relève de l’économie de l’offre. Il en découle que tous les territoires, quels que soient les atouts de départ (patrimoine, nature, sites…), sont concernés par le tourisme. Cette affirmation n’allait pas de soi auprès des élus locaux et des agents de développement territorial. C’est pourquoi la région a réalisé en 2018 et en 2019 deux expérimentations dans des territoires où le tourisme n’avait pas un caractère spontané : le Nord du Gâtinais et le Sud du Cher. L’expérience a prouvé qu’en une seule saison, le territoire se mettait en mouvement pour augmenter sa fréquentation touristique. Aujourd’hui, la Région et le CRT, qui anime les Offices de Tourisme, lancent la généralisation de cette méthode dans les autres territoires de la région.

C’est pourquoi, si la stratégie régionale privilégie le tourisme de proximité, ce n’est pas seulement pour des raisons de préservation du climat, même si elles sont évidentes, mais aussi pour des raisons de préservation du développement économique local qui a besoin de stabilité, et la stabilité en matière de tourisme c’est la fidélisation des clientèles.

Ensuite, la région a lancé depuis quatre ans une politique en faveur des restaurateurs. Cette politique était indispensable si nous ne voulions pas voir une majorité des restaurants de la région relever des chaînes de restauration rapide. Elle était aussi indispensable pour la fidélisation de la clientèle. La restauration était un des points d’amélioration identifiés pour relever la qualité du tourisme régional. Le choix stratégique de la politique régionale a été de positionner la restauration du Centre Val de Loire sur la cuisine réalisée à partir de produits bruts locaux et de saison sans ingrédients ou additifs de synthèse. En effet, les produits du terroir régional sont beaux et variés, mais aucun ne peut à lui seul accaparer une réputation internationale. Par ailleurs, la course aux étoilés est en dehors de notre portée. C’est pourquoi le positionnement choisi correspond au degré de différenciation nécessaire, tout en étant particulièrement adapté à des territoires de l’art et de la douceur de vivre. A ce jour, 5000 restaurateurs et producteurs ont rejoint la plate-forme sociale régionale.

Enfin, un des axes stratégiques de la politique régionale de l’alimentation est d’utiliser le tourisme et la promotion comme un levier de transformation des pratiques. La promotion des orientations en matière de préservation de l’environnement, du climat et de la biodiversité, notamment à travers des labels restauration et hébergement comme Clef Verte, encouragent les acteurs économiques à faire le saut vers de nouvelles pratiques.

La marque alimentaire régionale est attendue. Elle apportera d’une part une garantie que la majorité des ingrédients est régionale et elle comportera une marque premium pour les produits élaborés sans additifs de synthèse.

L’émergence remarquable des projets de relocalisation de l’alimentation depuis 2018, qui inclue les restaurateurs dans leurs approvisionnements, montre que les relations économiques entre acteurs de l’alimentation sont en plein mouvement. C’est le moment pour la promotion touristique d’intégrer cette réalité et la traduire au grand public. Un nouvel argument de visite : Le Centre Val de Loire, la région où l’on mange naturellement bien !