Pont de Mardié : Arrêtons le massacre !

La Loire est touchée de plein fouet par le réchauffement climatique. Cet été, le débit du fleuve est exceptionnellement faible.

Au niveau international, les catastrophes provoquées par l’utilisation irresponsable de la nature et des forêts sont de plus en plus insupportables. En Amazonie pour l’élevage, en Indonésie pour l’huile de palme et jusqu’en Centre-Val de Loire pour une déviation et un pont de plus, toujours le même argument du développement économique et toujours les mêmes victimes : la faune, la flore et finalement l’humanité.

En France, les conseils départementaux ne cessent de développer leurs réseaux routiers à coup de millions d’euros. Celui du Loiret porte depuis un quart de siècle le projet d’une déviation de la RD 921 nécessitant un pont supplémentaire sur la Loire, sur un site inscrit patrimoine mondial de l’UNESCO, pour un coût d’environ 100 millions d’euros, incompatible avec les enjeux climatiques actuels.

Ce grand projet inutile et imposé bute depuis des années contre une mobilisation de citoyens défenseurs de l’environnement autour notamment de l’association Mardiéval. Cette mobilisation a pris la forme depuis quelques semaines d’un « village de la Loire » dans le bois de Latingy. Le symbole en est le balbuzard, rapace protégé suivi depuis des années par les naturalistes sur le site.

Depuis mercredi, les bulldozers attaquent la forêt et des dizaines d’hectares risquent d’être sacrifiés dans les jours à venir ! Le conseil départemental du Loiret (CD45) « force » la loi en engageant des travaux alors que certains recours ne sont pas jugés.

Un des recours, déposé par FNE Centre-Val de Loire avec Mardiéval, est basé sur un rapport du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Ce rapport caché par le CD45 est alarmant. Il révèle « un risque fort de mouvement de terrain » et considère que, « sur la durée de vie supposée de l’ouvrage, la survenue d’un effondrement d’origine karstique sur l’emprise du projet est possible, voire probable, en particulier en cas de crue de la Loire ». Il questionne également les impacts sur l’eau à la fois sur « le comblement de conduits karstiques » susceptibles de réduire les écoulements d’eaux vers la nappe, mais aussi sur la qualité des eaux souterraines et donc des captages d’eau en aval.

Après la sécheresse de cet été et dans le cadre du réchauffement climatique, la construction d’un tel ouvrage représenterait un acte du passé totalement déphasé des réalités actuelles, très onéreux et dangereux pour l’avenir.

C’est pourquoi, nous demandons à la préfecture de stopper les travaux, au moins le temps que soient étudiés tous les éléments et construites toutes les alternatives.

Les élus du groupe écologiste de la Région-Centre Val-de-Loire.