Pour une région 100% santé : pour une vraie politique santé-environnement

Intervention de Michelle Rivet

Monsieur le Président, Monsieur le Président du CESER, mesdames messieurs les représentants du CESER, chers collègues,

Cette session extraordinaire est l’occasion d’évoquer la crise sanitaire profonde qui touche particulièrement notre Région et qui appelle des changements structurels sérieux. Mais, outre la question du financement de notre système de santé, outre le creusement des inégalités d’accès aux soins,  il faut aussi évoquer l’évolution des maladies et l’impact croissant des effets de nos modes de vie et de notre environnement sur notre santé.

Nous savons aujourd’hui que des molécules chimiques issues des produits utilisés dans la vie quotidienne, l’industrie ou l’agriculture sont présentes dans nos organismes, sans toujours connaitre leur impact. Ce qui est mesurable, c’est le développement des cancers,  devenus la première cause de mortalité, des troubles du développement sexuel et de la reproduction, de maladies telles que l’asthme et les allergies.

Nous savons aussi l’importance des maladies cardiovasculaires, l’explosion moderne de l’obésité et du diabète, la souffrance psychique et les troubles psychologiques…

Ces maladies ont en commun d’être liées à des facteurs de mode de vie et d’environnement, ce qui signifie qu’elles sont, au moins en partie, accessibles à la prévention.

La Région a une politique en la matière, Alix Téry-Verbe en a parlé tout à l’heure. Je veux saluer au passage l’engagement des acteurs scientifiques, associatifs, travailleurs sociaux , membres du comité de pilotage, dans le déroulement de l’étude sur les perturbateurs endocriniens et l’élaboration d’un plan d’action.

Mais au niveau de l’Etat ? Malgré les études et les discours, les gouvernements successifs n’ont jamais mis en place une politique de prévention sérieuse, c’est-à-dire une politique de prévention primaire, qui vise à enrayer les causes des maladies.

En particulier il faut s’interroger sur la mise en œuvre du Plan National Santé-Environnement (PNSE), institué en 2004, qui est un plan de prévention visant à réduire l’exposition de la population à certaines pollutions de leur environnement. L’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) et le Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD) ont rendu en décembre 2018 deux rapports extrêmement sévères sur le PNSE 3 qui s’achève cette année. La raison est simple : ses mesures relèvent essentiellement de la pure communication.

Alors qu’un PNSE 4 est annoncé par le gouvernement pour la période 2020-2024, le groupe écologiste considère qu’il est temps de mettre en place une véritable politique environnementale, protectrice de la planète mais aussi de la santé de toutes et tous, pour parvenir à une égalité réelle et pour résorber les écarts en matière d’espérance de vie !

Afin d’enrichir la plateforme « pour une région 100 % santé », le groupe écologiste formule les propositions suivantes :

  • Traduire les ambitions du Plan Régional Santé-Environnement dans un plan d’actions conduit par le Conseil régional dans son champ de compétences (notamment participer au financement d’études épidémiologiques sur la relation entre la dégradation de l’environnement et l’impact sur la santé, dont les résultats devront orienter les politiques publiques).
  • Acter le principe d’un nouvel investissement dans la prévention primaire en matière d’éducation pour la santé et de santé environnementale (il représenterait 1 % du budget total des soins).
  • Développer un réseau de préventeurs santé territoriaux ou de conseillers médicaux environnement (cela pourrait faire partie des actions des Contrats Locaux de Santé).
  • Développer et promouvoir les médecines alternatives (en particulier les intégrer plus largement dans les Maisons de Santé Pluridisciplinaires, elles peuvent participer au renforcement de la prévention).