Portrait Gilles Deguet

Pour une région exemplaire, une vision à long terme

Intervention de Gilles Deguet.

Monsieur le Président, Chers collègues,   

Les économies d’énergie sont aujourd’hui une nécessité absolue. L’épuisement des ressources fossiles, et pour ce qui nous concerne aujourd’hui des ressources énergétiques fossiles, l’accumulation des déchets et particulièrement des gaz à effet de serre conduiront nos sociétés à des réorientions sans commune mesure avec ce que nous avons connu jusqu’ici. 

La région, comme collectivité co‑pilotant le Schéma Air Énergie Climat, et à travers son propre plan climat a évidemment des responsabilités particulières. On imagine mal qu’elle ne s’applique pas à elle même les préconisations qu’elle élaborera pour tout le territoire. C’est donc la moindre des choses c’est qu’elle soit exemplaire sur ses bâtiments.   

Nous voulons mettre en œuvre une politique ambitieuse d’économie d’énergies par l’isolation et l’efficacité énergétique. Nous y travaillons, Chantal l’a décrit et l’a chiffré à quinze millions par an, c’est à dire 60 millions en 4 ans. Je voudrais seulement dégager deux grandes orientations.   

La première est de combiner action immédiate et vision à long terme; en effet, l’effort ne porte pas seulement sur une décennie, mais sur trois ou quatre. L’horizon n’est pas 2020. La réduction de 40% des gaz à effet de serre pour 2020 n’est qu’une étape, et nous ne pouvons pas oublier que le même effort sera nécessaire après. C’est donc de notre responsabilité de ne pas obérer les étapes suivantes. Cela devrait se traduire notamment, en matière de construction de neuf, où il faudra construire en BBC ou en passif en matière de rénovation, ou nous fixerons des objectifs d’isolation élevée, de manière dans les deux cas, de ne pas avoir à revenir tous les 10 ans sur de nouvelles rénovations. Nous intégrerons nos interventions dans un plan de long terme. Pour donner l’exemple des chaudières, nous développerons les chaudières bois, mais en évitant qu’elles puissent être surdimensionnées par une isolation ultérieure, et en recherchant les possibilités de développer des réseaux de chaleur avec les bâtiments voisins. 
Enfin, il faut utiliser dès maintenant les éco-materiaux, c’est à dire des matériaux qui demandent moins d’énergie pour leur fabrication et leur fin de vie, ce qu’on appelle de plus en plus l’énergie grise.   

La deuxième orientation à laquelle nous tenons, est la participation de tous les acteurs à la mobilisation énergétique, de nos personnels bien sûr, mais aussi des enseignants et de tous les autres personnels, des lycéens et de leurs parents. Il s’agit ici de dépasser les formations à des gestes élémentaires, pour partager la compréhension des enjeux, des solutions mises en œuvre, et de faire participer à l’élaboration de ces solutions.   

Monsieur le président, mes chers collègues, permettez de moi de terminer par deux notes plus personnelles. La première est que je mesure les difficultés, en particulier budgétaires, de la tâche qui nous attend. La deuxième est qu’à l’examen, je ne pense décidément pas que le projet de Contrat de Performance Énergétique réponde aux deux orientations que je viens de dessiner.

 

Session du 24 Juin 2010
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Rapport : Contrat de Performance énergétique

Annexe : Contrat de Performance énergétique