Préparation du SRDEII : quelle organisation économique ?

Intervention de Michelle Rivet

 

Monsieur le Président de la Région, Monsieur le Président du CESER, mesdames et messieurs les conseillers du CESER, chers collègues, nous abordons aujourd’hui les questions de nouvelle organisation régionale.

Les différents Etats Généraux organisés sur le territoire ont largement relayé la demande portée par les acteurs économiques d’un accès plus facile aux informations et aux aides. Ce que d’aucuns traduisent rapidement par simplification.

Plus que de simplification, ces acteurs ont besoin de clarification et de visibilité. A cet égard, la proposition faite par la Région nous semble répondre à ce besoin : une agence économique régionale unique et des déclinaisons territoriales dans chacun des six départements, avec par ailleurs la mise en place d’un portail unique pour les porteurs de projets.

Par ailleurs, et comme Charles Fournier et d’autres intervenants l’ont souligné dans la première partie de cette réunion extraordinaire, il faut engager une mutation de l’économie pour répondre aux enjeux économiques, écologiques et sociaux qui nous sont posés. Pour réussir cette transition, il sera indispensable d’intégrer les acteurs actuels du changement : il n’y aurait rien de pire que de confier cette mutation à un nombre d’acteurs restreints.

Quel rôle pour l’agence économique régionale ?

Elle doit tout d’abord, bien entendu, avoir un rôle d’accompagnement des acteurs économiques, qui doit aussi être ouvert à toutes les formes d’entreprises : je pense aux acteurs de l’économie sociale et solidaire, aux nouvelles formes de travail… Des efforts importants doivent être faits autour de la création/reprise/transmission, tout particulièrement en zone rurale et dans les secteurs de l’artisanat et de l’agriculture.  Il ne faut se passer d’aucune possibilité d’accompagnement des nouvelles entreprises (via des couveuses, des CAE, des SCOP par exemple…). Il ne faut laisser de côté aucune possibilité de financement, y compris solidaires et citoyens (plateforme de financements locaux). La diversité croissante des modes d’entreprendre, les besoins en formation, ajoutent à la nécessaire diversité des accompagnements.

L’agence devra accompagner la transition des entreprises dans l’innovation sociale et environnementale avec pour principe la « responsabilité ». Elle aura un rôle clé dans l’élaboration de démarches RSE (responsabilité sociale des entreprises). Les enjeux liés à l’emploi, mais aussi aux conditions de travail et à la qualité de vie, dans l’entreprise, ceux de l’égalité, de la responsabilité environnementale, doivent désormais être au cœur de la conduite des entreprises. Et la Région à travers ses aides devra encourager les entreprises au dialogue et à la co-construction autour de ces questions.

L’agence devra aussi intégrer dans ses missions les enjeux de la relocalisation (circuits courts, relocalisation financière, coopération locale, …) au même titre que ceux de l’internationalisation…

Enfin la fonction d’animation territoriale est centrale il s’agit d’être au plus près du terrain et des acteurs et d’encourager leur coopération.

Quelle organisation ?

Je le disais dans mon introduction : l’agence économique régionale ne doit pas conduire à une réduction de la diversité des acteurs, mais au renforcement de leur pluralisme. Il est fondamental de prévoir la place dans la gouvernance des acteurs déjà engagés dans la transition écologique et l’innovation sociale et organisationnelle. Au-delà des acteurs institutionnels qui portent la réplication des modèles, ces acteurs portent des solutions, des modes de faire, des pratiques innovantes et ouvrent parfois de nouveaux champs économiques. Ainsi les associations d’insertion avec l’économie circulaire par exemple.

L’agence devra avoir des antennes départementales, mais au-delà de cette présence l’animation doit réellement irriguer le territoire, les bassins de vie… Les territoires ruraux doivent bénéficier d’une attention forte et leurs enjeux spécifiques doivent être pris en compte.

Je vais conclure sur ce point et insister sur le renforcement territorial des missions de l’agence. La fin des agences départementales ne doit pas signer la fin des interventions locales. Le déploiement territorial de l’agence régionale au plus près des acteurs de terrain doit être une question centrale : il faut s’appuyer sur un réseau d’acteurs permettant une ingénierie de proximité. Ce réseau devra être à même d’intégrer la diversité des enjeux, qu’il s’agisse des questions propres à la vie de l’entreprise ou des évolutions nécessaires à la transition de l’économie régionale et à sa relocalisation.