Portrait Pascale Rossler

Préserver la biodiversité et soutenir le tourisme pour tous avec les fonds européens

Intervention de Pascale Rossler

 

Si l’échelon régional est pertinent pour atteindre les objectifs de la stratégie Europe 2020 et que nous nous réjouissons de cette autorité de gestion, il est reconnu comme particulièrement pertinent concernant la biodiversité, et en passe de devenir chef de file en la matière. 

La biodiversité a été annoncée comme une priorité gouvernementale lors de la « Conf environnementale », mais elle est aussi identifiée comme une priorité au niveau européen. Notre bien-être et notre santé ont beau dépendre entièrement du flux ininterrompu des services rendus gratuitement par les écosystèmes, hissant la nature au même niveau d’enjeu planétaire et d’urgence que les questions d’Energie–Climat, la part dans les fonds européens est, elle, bien différente, ce qui démontre à nouveau le décalage par rapport à la prise de conscience de l’importance des enjeux.

Avant de flécher 80 % des fonds européens sur 4 priorités, l’Europe a défini 3 grandes priorités dont l’une est la préservation et gestion durable des ressources, demandant même sur ce point une accélération des mesures. Or, nous sommes une des quelques Régions à ne pas avoir retenu la biodiversité dans le FEDER…

Nous nous satisfaisons toutefois de la retrouver a hauteur de 9,5 millions dans le FEADER et 16 millions dans le Plan Loire, mais cela pose pour l’heure un certain nombre de problèmes, comme la non éligibilité des frais de structure (par exemple pour des structures comme le Conservatoire des Espaces Naturels) et il restera à affiner l’utilisation possible pour des acquisitions d’espaces, déterminante en la matière.

Si ces moyens semblent néanmoins insuffisants au vu des enjeux, le colloque national sur les fonds européens tenu à Tours en fin d’année dernière semble avoir permis de faire évoluer la prise de conscience, notamment à Bruxelles, et il se murmure depuis peu – et nous avons bon espoir – que la biodiversité pourrait voir son rang amélioré très prochainement.

 

Quant au tourisme, le rapport Nogué de novembre 2013 sur « le tourisme une filière d’avenir » démontre que la croissance de l’emploi dans ce secteur est quasi continue depuis 50 ans, et la couverture  de l’emploi touristique se fait sur l’ensemble du territoire, dans les zones rurales et urbaines.

Il est satisfaisant que l’enveloppe de 12,5 miillions sur le FEADER soit à répartir entre un appui aux hébergements et la structuration des 6 véloroutes. La tourisme à vélo a en effet réellement démontré son important impact sur les retombées économiques (Loire à vélo : 17 millions de retombées économiques) et la durée de séjours (durée de séjour moyen de 5 jours, alors que pour un cycliste c’est 8 jours).

Les besoins pour honorer le projet Vélocentre (une des 20 ambitions du SRADDT) représentent en effet un coût total estimé pour les 6 véloroutes à 30 millions d’euros, dont 20 sur le Canal du Berry et la Vallée du Cher. C’est donc une grande satisfaction de voir des fonds européens sur ces projets structurants, qui se voient de plus en plus compromis sans cela. Je tiens à souligner le travail réalisé par l’association des Départements et Régions Cyclables (DRC) pour son lobbying en ce sens auprès de Bruxelles auquel j’ai participé et je souligne combien la Loire à vélo est observée et une référence à travers l’Europe.

L’hébergement constitue également une vraie problématique régionale, la rénovation notamment des hébergements touristiques, pour lesquels l’ancienne programmation du FEADER prévoyait 9 millions (10 millions furent dépensés). La nouvelle programmation pourrait donc par le jeu des répartitions voir ces montants à la baisse. Elle va permettre de revoir les critères du FEADER et nous nous réjouissons d’une meilleure convergence avec les critères de notre politique régionale, cette harmonisation étant nécessaire notamment en termes de normes environnementales pour participer aux objectifs du Plan Climat Energie Régional.

Enfin la Région porte une véritable volonté de participer à l’égalité des chances et des vacances pour tous, dans la droite ligne de la politique tourisme du Ministère (avec la mission sur les vacances pour tous confiée à Claudie Buisson). Cette mandature aura permis de mettre en place un véritable appui à l’hébergement associatif pour tous et nous nous réjouissons de la possibilité de venir le compléter avec des fonds européens.