Réponse au voeu du FN sur l’écriture inclusive

Intervention de Charles Fournier

C’est à la fois comme Vice-Président en charge de l’égalité avec Fanny Pidoux et comme Président du groupe Écologiste que je réagirai. L’écriture inclusive n’est évidemment pas l’alpha et l’oméga du combat pour l’égalité
entre les femmes et les hommes mais elle a au moins ce mérite d’être suffisamment symbolique pour ouvrir le débat qui a du mal à exister de manière régulière. Elle a le mérite de poser la question des dominations qui existent et persistent dans notre société.

À travers la langue, se situent des enjeux assez forts. Je pourrais donner quelques exemples concernant les métiers, les grades et les fonctions. Par ailleurs, encore trop souvent, on voit des offres d’emploi indiquant « recrute un directeur ». On suppose alors que c’est réservé aux hommes. Vous pouvez regarder, c’est encore le cas dans beaucoup d’endroits. Je voudrais rappeler qu’au XIXe siècle, on disait écrivaine, professeure, philosophesse et cela ne posait pas de problème mais on est revenu dessus. Le travail de l’Académie a permis de revenir sur ces sujets.

La langue, ce n’est pas un élément mort qu’il faut conserver. La langue, c’est vivant, cela bouge dans le temps, cela s’enrichit, cela évolue et il faut pouvoir l’accepter ; c’est cela aussi. Cela ne signifie pas qu’il faille abandonner toute notre histoire ; bien au contraire, il faut réussir à l’enrichir.

Je voudrais donner un exemple : au moment des législatives 2017 en Mayenne, une candidate écologiste s’est vu invalider ses bulletins parce qu’il était écrit « suppléante » et que, dans les textes, il est spécifié qu’il faut indiquer « suppléant ». Pour cette raison, les bulletins ont été invalidés lors d’une élection législative en 2017 : c’est tout simplement incroyable ! C’est comme si ici on disait « Madame le conseiller régional ».

Vous auriez pu présenter un vœu pour réformer l’Académie française : franchement, elle comprend 40 membres dont 4 femmes et 36 hommes, ce qui prouve que l’égalité a encore un peu de chemin à parcourir. Là, on est quand même tombé dans des formes de dramaturgie excessive : « péril mortel », franchement, un peu de sérieux !

Vous auriez pu, puisque vous vous revendiquez de la défense de l’égalité entre les femmes et les hommes, présenter un voeu sur le harcèlement qui défraie l’actualité. Non, vous avez choisi le sujet qui agite la presse et c’est sur celui-là que vous avez envie de surfer. Je voudrais vous rappeler tous vos votes à tous les échelons sur ces sujets. Par exemple, au Parlement européen, les 24 députés du FN ont voté :
– contre l’amendement qui portait à 20 semaines au minimum le congé maternité ;
– contre le rapport sur la santé et les droits sexuels ;
– contre le rapport sur l’égalité entre les femmes et les hommes, ici aussi vous avez voté contre ;
– contre la résolution annuelle sur le même sujet.

Je peux rappeler aussi vos engagements contre l’IVG, contre la PMA, contre le droit des homosexuels, sans parler de votre volonté de supprimer les subventions au Planning familial. Je pourrais aussi vous rappeler que, dans la précédente mandature, il n’y avait aucune femme dans votre groupe et que vous étiez le seul groupe qui ne comprenait que des hommes.

Non, si l’on veut vraiment défendre les femmes, ce n’est pas en s’attaquant à ce sujet qui est plus symbolique que fondamental mais c’est bien en ayant porté des vœux, en votant et en soutenant les politiques menées en la matière. Vous ne le faites jamais et c’est cela, la vérité !

 

Lire le vœu présenté par le FN et rejeté par le Conseil régional

Vidéo de l’intervention de Charles Fournier