Sauvegarder le réseau ferroviaire du quotidien

Je ne comprends pas quel objectif vise le gouvernement dans sa gestion des mobilités. Alors que nous prenons collectivement des engagements forts de réduction de notre impact sur l’environnement par la réduction drastique des gaz à effets de serre d’ici 2050, j’ai l’impression que toutes les décisions prises ces dernières années ne cherchent qu’à nous empêcher de les atteindre.

Tout a commencé par les fameux cars Macron, qui pour une bonne part font concurrence au ferroviaire, et qui ont donc mécaniquement augmenté les pollutions puisque les cars se sont ajoutés aux trains, vidant les uns pour remplir les autres.

C’est ensuite le choix d’abandonner les soi-disant « petites lignes » qui pourtant maillent le territoire, ce qui impose aux Régions de mettre la main à la poche pour les maintenir en activité.

La réflexion devrait être globale. Nous souhaitons tous pouvoir nous déplacer et l’on voit bien que de nouveaux modes collectifs émergent et que le covoiturage, le recours au vélo électrique comme alternative à la voiture en ville, sont des pistes intéressantes pour faire évoluer nos comportements.

On ne devrait donc pas mettre en concurrence les moyens de transports mais chercher les réponses les plus adéquates aux besoins qu’ont nos concitoyens de se rendre du point A au point B dans un délai acceptable, installé confortablement,  pour un coût raisonnable et en respectant l’environnement.

Cela nous amène au schéma régional de mobilité que nous avons pour mission d’élaborer dans le cadre du SRADDET. Nous devons imaginer les transports de demain qui allient tous les modes que ce soit le ferroviaire, le car, la voiture et le vélo. Nous devons organiser une vraie intermodalité pour simplifier le passage d’un mode à l’autre aujourd’hui trop compliqué. Nous avons une chance historique avec l’apparition des applis qui peuvent nous rendre ce service.

Cela permettra de cibler les investissements colossaux nécessaires et de les répartir équitablement entre les collectivités. Car alors que l’on impose à la SNCF un équilibre financier  incluant les coûts d’infrastructures, on continue de dépenser des milliards aussi bien au niveau de l’Etat que des départements ou des communes pour la route. Et ce sans contrepartie des usagers, hormis lorsque ceux-ci prennent l’autoroute. Ce deux poids-deux mesures infligé à la SNCF plombera ses comptes durablement si une solution équitable n’est pas trouvée.

Un mot sur Orléans-Châteauneuf. Les écologistes ont toujours soutenu la réouverture aux voyageurs de cette ligne qui doit permettre de décongestionner la tangentielle d’un trafic en augmentation constante, d’améliorer la qualité de l’air et les effets néfastes des particules fines sur la santé, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre responsables du changement climatique, de lutter contre la désertification rurale en facilitant l’accès à la métropole des communes situées à l’est  d’Orléans via 5 gares nouvelles.

Nous comprenons cependant que ce projet nécessaire prenne du retard pour des raisons techniques, pour des raisons politiques aussi avec l’opposition de la municipalité d’Orléans en particulier. Mais contrairement à ce que laisse entendre l’avis du CESER il n’est pas question d’arbitrer entre le sauvetage de lignes et l’ouverture d’autres lignes.

Un livre fameux titrait il y a quelques années : « tout voiture, no future ». Il serait temps que certains comprennent que le règne de la voiture est révolu et que nous devons vivre nos déplacements sereinement grâce à une offre variée, fiable et complémentaire.