Sortie du glyphosate : Emmanuel Macron a renoncé

Le président de la République voudrait « en même temps » paraitre écologiste et contenter les vendeurs de pesticides : c’est impossible. Sur cette question comme sur tant d’autres, il choisit les lobbys plutôt que l’intérêt général.

En déplacement ce jeudi dans la Drôme, il a acté son renoncement à sortir notre modèle agricole du glyphosate : « Je vous dis : un, pas faisable et ça tuerait notre agriculture. Et même en trois ans on ne fera pas 100% »

Il revient donc sur son engagement formulé dans un tweet le 27 novembre 2017, où il affirmait : « J’ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans. #MakeOurPlanetGreatAgain »

Avec ce renoncement, on comprend rétrospectivement pourquoi les députés de la majorité présidentielle avaient finalement refusé à deux reprises, au cours de l’année 2018, d’inscrire cette interdiction de l’utilisation du glyphosate dans un cadre législatif.

Or les alternatives existent. L’agriculture biologique et les pratiques agro-écologiques sont autant de modèles qui ont déjà largement fait la preuve de leur viabilité.

Ces produits coûtent cher aux agriculteurs, font la richesse de firmes agrochimiques aux pratiques douteuses, tuent la biodiversité des sols, empoisonnent l’eau que nous buvons, l’air que nous respirons et les aliments que nous mangeons (nous en retrouvons des traces dans les cheveux, dans les urines et dans les couches jetables pour bébés). De surcroit, ils coûtent aussi beaucoup en argent public pour dépolluer l’eau potable. Ce glyphosate présent partout, dont nous retrouvons des traces dans les cheveux et les urines de chacun est soupçonné d’être un perturbateur endocrinien et d’être cancérogène.

Les écologistes défendent donc une sortie accompagnée de l’utilisation des pesticides en agriculture pour engager la transition agro-écologique ainsi qu’un moratoire sur l’importation de produits comportant des résidus de produits pesticides.

Alors que l’appel des coquelicots nous rappelle l’urgence absolue d’arrêter les impacts sur la biodiversité dont nous sommes une composante, ce recul est plus qu’une mauvaise nouvelle pour la planète : il est le signe de l’irresponsabilité du président de la République et de son double langage sur un avenir qui nous concerne tous.

Les élus du groupe écologiste au Conseil régional Centre-Val de Loire