SRADDET : démocratie et jeunesse

Intervention de Sandrine Tricot

Monsieur le Président, chers collègues, les mouvements sociaux de ces derniers mois et de ces dernières semaines nous rappellent l’urgence sociale. Nous devons lutter pour diminuer considérablement les injustices sociales et territoriales et améliorer la qualité de vie des citoyens de notre Région. Le SRADDET, par certains de ses objectifs, travaille à cela et peut être un levier non négligeable.

La session du mois de novembre à Tours a mis en évidence la difficulté d’accéder aux soins quels qu’ils soient. De nombreux habitants de la région Centre Val de Loire doivent encore renoncer de se soigner, faute d’argent ou faute de présence médicale sur leur territoire. C’est inacceptable ! La proposition de salarier 150 praticiens est directement en lien avec l’objectif 8 du SRADDET : « des soins plus accessibles pour tous en tout point du territoire régional »…

Les populations les plus précaires sont souvent les plus exposées puisqu’elles vivent dans des habitations insalubres, qu’elles sont souvent exposées aux polluants ou que leur alimentation est non seulement peu variée, mais souvent de moins bonne qualité. Là encore, le SRADDET a son rôle à jouer pour améliorer l’habitat (c’est l’objectif 6 du SRADDET), favoriser la mobilité douce ou les transports en commun, améliorer la qualité de l’air, accentuer le développement de l’agriculture biologique et son accès dans les cantines par exemple.

Enfin, l’objectif 12 concerne la jeunesse. Il n’y a pas d’avenir pour les territoires sans jeunes. Un territoire a besoin de ses jeunes pour se définir un avenir, mais aussi pour emprunter de nouvelles voies. Pour répondre au vieillissement de la population et parce qu’il ne saurait être question d’encourager la concentration des lieux de vie des jeunesses, l’aménagement du territoire doit permettre aux jeunes de vivre sur tout le territoire régional.

La vitalité d’un territoire est en partie tributaire de la présence des jeunes, mais l’inverse  fonctionne aussi : la présence des jeunes est possible quand un territoire offre des services adaptés à leurs demandes.

La jeunesse est donc au centre de nos priorités :

  • C’est pourquoi l’attractivité des formations est importante pour avoir une chance de garder les compétences dans notre région, notamment réinvestir les territoires ruraux.
  • De plus, le sujet est cruellement d’actualité, trop d’étudiants sont encore dans une situation de précarité ce qui non seulement handicape lourdement leur chance de réussite mais aussi pèse sur leur moral. Nous ne pouvons pas accepter cela.
  • Nous devons aussi impliquer les jeunes dans la vie locale à travers des associations, des instances… pour favoriser le débat, recueillir leurs expressions, besoins, visions. Ils doivent pouvoir être des acteurs de leurs territoires et de leur émancipation.

Plus globalement, au-delà des jeunes, ces changements ne se feront pas seuls. Les citoyens doivent s’en saisir. C’est pourquoi nous avons à poursuivre la construction des territoires de démocratie permanente, d’initiatives et d’égalité. Nous voyons là la complémentarité du SRADDET avec l’engagement de notre Conseil régional sur la démocratie permanente, sur l’égalité, sur la COP… Ensemble, nous devons continuer à débattre, travailler, construire les politiques publiques de demain qui permettront plus de justice sociale et plus d’équité entre les territoires, protéger les communs et changer de modèle de développement.