SRADDET : énergie et déchets

Intervention de Benoît Faucheux

Monsieur le Président, chers collègues, il y a maintenant une quasi-unanimité sur le fait que la transition écologique juste, solidaire et rapide, est nécessaire. Le SRADDET est un nouvel outil de l’action publique qui traite notamment de la question des déchets et de la transition énergétique.

Le volet déchets et économie circulaire fixe des objectifs exigeants de réduction des déchets. Avec 553 kg/hab/an, notre territoire régional a une production d’ordures ménagères supérieure à la moyenne française (525 kg/hab/an). La production d’ordures ménagères a doublé en 40 ans, seules 19% sont triées et recyclées, et 3% subissent un traitement biologique (compostage ou méthanisation). Avant de parler traitement, il est prioritaire d’accentuer les actions de prévention et de réduction des déchets.

C’est dans cette logique que la Région acte l’interdiction de toutes nouvelles installations de stockage et d’incinération de déchets non dangereux non inertes, d’extension des capacités ni d’extension géographique des sites actuels, de reconstruction d’installations si les installations existantes venaient à fermer.

La feuille de route économie circulaire 2019-2020 partagée avec l’ADEME, permet de financer les projets et d’accompagner les collectivités au fil de l’eau, et l’ouverture d’une ligne FEDER économie circulaire, qui vient renforcer encore le soutien de notre collectivité pour les projets innovants.

Nous avons d’ores et déjà lancé un groupe de travail sur les déchets du BTP, premier volume de notre région. Un travail est lancé sur 2-3 territoires pilotes avec zones blanches pour trouver des solutions en fonction des attentes/besoins des artisans et entreprises locales et des EPCI.

La transition énergétique est aussi un projet économique et sociale fort pour les territoires. Là aussi l’enjeu de relocalisation, à l’instar des réflexions sur l’alimentation est en jeu. L’idée de système énergétique territoriaux comme les SAT, a du sens. Aménager le territoire c’est faire cet exercice de prospective et de transformation. L’autonomie ou plutôt devrions-nous parler de souveraineté, ne repose pas sur une conception fermée mais plutôt sur un modèle de développement soutenable, au regard de renouvellement des ressources. Il implique la coopération entre les territoires proches, en créant des systèmes énergétiques locaux.

Le SRADDET se donne comme objectif de tendre vers une réduction de 50 % des émissions globales de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 2014, de 65 % d’ici 2040, de 85 % d’ici 2050 conformément à la loi énergie-climat. Il s’agit d’un objectif ambitieux mais nécessaire à l’heure où tous les indicateurs du dérèglement climatique sont au rouge. Il s’agit d’une réduction de facteur 4 pour 2030 et 8 pour 2050. Il s’agit d’une réelle avancée qui pose le cap, il nous reste à construire le chemin.

Nous proposons aussi d’élaborer un budget carbone à l’instar de celui construit pour le niveau national.

Nous sommes déjà à l’œuvre pour accompagner toutes ces ambitions :  stratégie de sobriété énergétique, efficacité énergétique et production d’énergie renouvelable. A titre d’exemple, la rénovation énergétique de 25 000 logements sociaux entre 2020 et 2030 est un des défis majeur. Permettre à des ménages modestes de faire des économies sur leur facture participe de la réduction des inégalités sociales et environnementale. L’objectif d’introduire fortement des matériaux biosourcés offrira une meilleure performance tout en développant la filière de l’éco-conception et en stockant du carbone dans les bâtiments. C’est le sens de nos plateformes territoriales de la rénovation thermique et de la SEM de tiers financement maintenant créée.

Nous savons que les objectifs fixés sont ambitieux, c’est pourquoi il convient d’accompagner les changements. C’est le cas pour les énergies renouvelables par exemple, pour lesquelles nous voyons des oppositions émerger dans les territoires, non par manque de pertinence des projets, mais principalement par manque d’adhésion, de participation, d’implication des populations locales. La Région a lancé l’expérimentation « réussissons ensemble la transition énergétique » dans le Lochois et le Gâtinais, pour mettre en évidence les écueils à éviter et les leviers à actionner pour que tout le monde s’y retrouve. Le tout nouveau dispositif « 1€ citoyen, 1€ Région » favorise également l’implication des citoyens dans ces projets porteurs de sens et d’avenir.

Enfin, nous avons lancé, ça ne vous aura pas échappé, la COP régionale. Ce processus permet déjà d’engager du dialogue, du partage et des engagements. C’est de cela dont nous avons besoin pour atteindre les objectifs fixés dans le SRADDET.

La Région est donc fortement mobilisée pour réussir sa transition écologique et sociale.

Cependant, force est de constater que dans cette mobilisation il manque un acteur de poids : l’Etat. Nous sortons de la COP 25 et avons la douloureuse impression que la France ne se mobilise sur le climat que lorsque la rencontre internationale se déroule chez elle. Nous attendons toujours d’avoir une part de la fiscalité carbone pour financer la transition écologique et sociale des territoires. Cette revendication portée par toutes les associations de collectivités est absolument nécessaire si nous voulons avoir les moyens de financer localement la transition. Nous attendons toujours un transfert du pouvoir règlementaire pour pouvoir piloter la transition au plus près du terrain. Et enfin nous attendons toujours une législation ambitieuse pour réduire rapidement la production de déchets et sortir des pesticides.

Le gouvernement veut aller vite sur les retraites, et nous faire travailler plus longtemps. Travailler plus longtemps, pour vivre dans un environnement dégradé, sans traiter les pollutions qui vont générer des problèmes de santé ! Il est urgent d’inverser les priorités si nous voulons réussir la transition écologique et sociale et construire un futur désirable.