SRADDET : énergie et déchets

Intervention de Benoît Faucheux

Les débats de notre assemblée montrent que deux aspirations fortes traversent notre pays, aspirations que le gouvernement semble avoir bien du mal à entendre :

  • D’un côté la justice sociale
  • De l’autre la transition écologique

La justice sociale, c’est agir maintenant, pour plus de solidarité envers populations vivant aujourd’hui.

La transition écologique, c’est agir maintenant pour s’adapter aux dégradations de l’environnement et pour prévenir les dégradations à venir. C’est finalement être solidaire des générations futures, mais d’un futur pas si lointain que cela.

On le voit dans ces débats sur les mesures que le gouvernement souhaite prendre en espérant calmer la colère populaire des gilets jaunes : il est difficile d’avoir une politique de justice sociale pour agir maintenant, il est encore plus difficile d’avoir une politique de transition écologique pour préparer le moyen et long terme, et encore plus d’articuler les deux.

Le SRADDET qui nous est présenté réussit ce tour de force d’arriver à concilier transition écologique et justice sociale, court terme, moyen terme et long terme, en particulier dans le domaine de l’énergie et des déchets.

Sur l’énergie :

Dans la continuité du SRCAE, le SRADDET fixe des objectifs à la hauteur des enjeux. La priorité est de réduire la consommation par l’efficacité et la sobriété.

Objectif cible : réduire la consommation énergétique finale de 43% en 2050 par rapport à 2014

En parallèle, le déploiement massif des enr doit nous permettre  en 2050 de produire l’équivalent de notre consommation

Objectif cible : Réduire de 100 % les émissions de GES d’origine énergétique (portant donc uniquement sur les consommations énergétiques) entre 2014 et 2050

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, et voir se déployer dans toute la région des énergies renouvelables, nous pensons que l’adhésion citoyenne est indispensable. La transition se fera par et avec les habitants des territoires. C’est pourquoi il fallait fixer un objectif de participation des citoyens à la gouvernance des projets

Objectif cible : Les moyens de production d’énergies renouvelables seront détenus au minimum à 15% (participation au capital) par des citoyens, collectivités territoriales et acteurs économiques locaux à l’horizon 2030.

En effet, la mobilisation de tous les acteurs et le pilotage de la transition énergétique sont au cœur des règles énoncées dans ce sraddet

Sur les déchets – économie circulaire :

La Région Centre-Val de Loire s’est pleinement saisie de ses nouvelles responsabilités conférées par la loi NOTRe, qui a confié aux Régions  l’élaboration des Plans Régionaux de Prévention et de Gestion des Déchets (PRPGD), intégrant un Plan Régional d’Action en faveur de l’Economie Circulaire (PRAEC).

Les objectifs sont certes ambitieux mais la situation le mérite !

La région produit 1.4 MILILION de tonnes de déchets ménagers par an ! soit 552 kg/an et par habitant, 27 de plus que la moyenne française ! Il faut faire quelque chose.

Mais c’est d’abord la loi qui est ambitieuse. Le plan reprend les objectifs règlementaires et prolonge la dynamique engagée jusqu’en 2031, comme par exemple pour le gaspillage alimentaire qui devra diminuer de 80% à cet horizon.

Ce plan constitue donc, en premier lieu, une ambition collective de réduction de la production des déchets de toutes natures avec, par exemple, le déploiement de la tarification incitative ou des actions sur les déchets du BTP qui représentent le plus gros tonnage actuellement. Il s’attache ensuite à améliorer les solutions de traitement afin de les rendre plus vertueuses et de diminuer leurs impacts, comme le tri à la source des biodéchets. Enfin, il favorise le développement de l’économie circulaire en faisant des déchets une ressource et il encourage les coopérations économiques pour viser la sobriété et les trois R : réemploi, réutilisation et recyclage.

Il faut rappeler que c’est la loi et pas la Région qui impose une généralisation du tri à la source des biodéchets en 2025.

Avec ces objectifs de réduction des déchets, et puisque nous sommes dès aujourd’hui en surcapacité d’incinération et d’enfouissement, il ne sera plus possible de créer de nouvelles capacités.

Sur ces deux axes, les objectifs et règles permettront de diminuer l’empreinte écologique, tout en permettant d’assurer l’accès à une énergie à prix raisonnable, dont les prix ne vont pas exploser, contrairement aux énergies fossiles. Côté déchets, réduire la pression sur les matières premières non renouvelables et développer l’économie circulaire permettra aussi d’éviter l’explosions des coûts de production sur les biens de base, et développer la tarification incitative permettra aux ménages consommant le moins, qui sont souvent les plus populaires de réduire leur facture de collecte et traitement des déchets.