SRADDET : métropoles, routes

Intervention de Jean-Philippe Grand

Il se trouve que le lancement de notre schéma d’égalité des territoires intervient au moment où deux métropoles sont en voie de création puisque dans 4 mois seulement, au 1er juillet 2017, les communautés urbaines de Tours et d’Orléans seront devenues des métropoles.

A l’issue d’un « acte III de la décentralisation » dont la cohérence générale laisse à désirer, les métropoles font figure de grandes gagnantes. Dans le discours dominant, elles sont les seules à avoir les atouts indispensables pour réussir dans la mondialisation. Mais jusqu’à quel point la concentration de population et d’équipements qu’implique le développement métropolitain est-elle soutenable ? Si nous convenons que les métropoles peuvent être perçues comme un échelon ajusté aux évolutions démographiques et à des nouvelles formes de création de richesses, on est en droit de s’interroger sur la pertinence de la création de territoires qui pourraient accélérer le processus de relégation sociale.

Le projet porté par les écologistes consiste à construire collectivement une société plus solidaire, sans discrimination, entre autres, de condition sociale ou de lieu d’habitation. Or d’un côté les services et les activités se concentrent de plus en plus dans les centres urbains, alors que de l’autre la périurbanisation continue et que les campagnes se vident de leurs paysans. Pour de meilleures conditions de vie dans le respect de l’environnement, il est primordial d’encourager non plus la compétition, mais la coopération entre les territoires. Pour aller vers l’égalité des territoires, nous défendons donc à la fois une égalité d’accès aux services de base, comme les maisons de santé, l’école, la poste, les commerces, l’administration, les transports… mais aussi une relocalisation des activités.

Je parlais tout à l’heure de « l’acte III de la décentralisation ». Au terme de longs atermoiements,  je tiens à souligner que le transfert des routes départementales aux Régions n’a finalement pas été décidé par le législateur. Dans ces conditions, les Départements demeurent les seuls compétents, sous réserve des compétences transférées aux métropoles, pour assurer la maitrise d’ouvrage et le financement de projets installés sur la voirie départementale.

Néanmoins, la loi prévoit que « les Régions pourront participer, au titre de leur contribution au développement économique, social et culturel local, au financement des voies et des axes routiers qui, par leurs caractéristiques, constituent des « itinéraires d’intérêt régional et sont identifiés par le schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) ».

Nous constatons qu’ici et là, des élus locaux, en particulier de droite et d’extrême droite, commencent à interpeller le Conseil régional pour qu’il identifie des itinéraires routiers d’intérêt régional. Les mêmes qui dénoncent régulièrement la baisse des dotations de l’Etat voudraient que la Région se substitue aux collectivités compétentes pour financer les routes ! C’est totalement incohérent et irresponsable. Notre position est claire et reste inchangée : nous ne finançons et ne financerons pas les routes dans notre région !