Portrait Charles Fournier

SRADDT, plan climat et mobilité

Intervention de Charles Fournier 

Merci Monsieur le Président, chers collègues, les transports sont la deuxième grande cause d’émission de gaz à effet de serre et de consommation d’énergies fossiles. L’enjeu est de taille si nous voulons atteindre les objectifs du Plan climat énergie régional et nécessairement celui-ci contraindra notre approche à venir des modes de transports et plus profondément des modes de vie dans notre région. Le déplacement le moins nuisible est celui que l’on ne fait pas. 

Première des priorités : limiter les déplacements 

La première des priorités est de penser l’aménagement de notre territoire avec l’objectif de réduire les déplacements contraints et les distances domicile-travail. 

Il ne s’agit pas seulement d’offrir des modes de déplacements plus vertueux mais bien d’agir pour une relocalisation de l’économie, des emplois. Il nous faut limiter l’étalement urbain, arrêter la logique d’implantation de zones d’activités économiques éloignées des centres de vie, là où le foncier paraît accessible mais où ces implantations s’accompagnent d’une destruction de terres fertiles. 

Chaque projet d’infrastructures, chaque implantation future d’activités économiques doit s’accompagner d’une analyse sur les impacts en terme de déplacements. Avant même d’élaborer des plans de déplacements des entreprises qui régulent a posteriori les situations, il faut viser, dans l’aménagement du territoire et dans l’implantation des activités économiques, la limitation des déplacements. 

Densifier des zones déjà urbanisées et viser une plus grande mixité du tissu urbain sont des objectifs qui doivent permettre une réduction des distances domicile-travail et domiciles-services. 

Nous pouvons aussi agir sur l’organisation même du travail et notamment encourager, là où cela s’avère possible et compatible avec l’exigence d’un travail de qualité, les plateformes de télétravail. L’organisation hebdomadaire du travail, par exemple la semaine de quatre jours, peut aussi être un levier. 

Nous ne souhaitons donc pas encourager par les mesures régionales, une délocalisation renforcée du travail et l’augmentation des distances. Cela explique notre réticence sur la mesure de limitation à 75 € du tarif des abonnements de travail en l’état, pour des distances au-delà de 150 km. 

Enfin l’encouragement des circuits courts, du renforcement de l’autonomie énergétique des territoires conduit également à limiter les déplacements d’hommes et de marchandises liés à l’activité économique. 

Deuxième priorité : privilégier les transports en commun et les modes doux de déplacements 

Pour réussir cette ambition, il faut rendre ces modes de déplacements accessibles, cohérents et pratiques. 

La configuration géographique de notre région invite à des efforts massifs en ce sens : Priorité aux étoiles ferroviaires, Intermodalité repensée, augmentation de l’offre, articulation des offres de transports, des services rendus aux usagers, fiabilité, lisibilité de cette offre, autant d’enjeux sur lesquels la région dispose de leviers. 

Mais cela suppose aussi des efforts massifs sur les infrastructures du transport ferroviaire, sans lesquelles tous les politiques conduites s’avéreraient inutiles. L’Etat doit assumer sa compétence et investir beaucoup plus dans l’entretien de ces infrastructures. 

Nous devons poursuivre et affirmer plus fortement notre volonté de développer les modes de déplacements doux. La charte établie par Catherine Fourmond doit être transformée en un plan avec une vision programmatique explicite en ce domaine. Nous voulons rappeler ici la nécessité de renforcer l’accès des trains mais aussi des cars, aux vélos. 

Si la région n’est pas directement compétente en ce qui concerne le fret, elle doit contribuer au report modal de la route vers le rail mais aussi vers le transport fluvial. La position de la région au croisement des flux Nord-Sud est effectivement un atout à utiliser. Encore une fois, pour ce qui concerne le fret ferroviaire, seuls l’amélioration sensible des infrastructures et le renforcement du réseau régional, saturés sur certaines lignes, peuvent permettre d’envisager de libérer des sillons pour cette activité. 

Nous pouvons et devons également agir sur les comportements : éco-conduite, co-voiturage, Plan de Déplacements inter-Entreprises, services d’auto-partage… 

Troisième priorité : utiliser les leviers d’amélioration technologique des véhicules individuels 

Si nous n’imaginons pas à court terme d’alternative complète à l’usage du véhicule individuel, nous devons poursuivre les efforts technologiques pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et les consommations d’énergie fossile que génèrent ces usages. Nous ne faisons pas l’apologie du véhicule électrique car celui-ci recourt à une énergie essentiellement produite dans notre région par le nucléaire. C’est couplé avec un recourt plus grand aux énergies renouvelables que le véhicule électrique pourra s’avérer pertinent dans l’arsenal des mesures nécessaires pour atteindre les objectifs du Plan climat énergie régional. 

Les cibles prioritaires à ce stade doivent effectivement être les entreprises et les administrations, avant d’envisager un recours individuel à ce type de véhicule.

En conclusion, nous voulons exprimer notre satisfaction quand au volet PCER du SRADDT, l’ambition est à la hauteur des enjeux. Il a été élaboré après une année de mandat et nous pouvons nous en féliciter. Nous pensons que si bien entendu il s’inscrit dans le SRADDT, il doit aussi faire l’objet d’une publication identifiée, d’une large communication vers les territoires et les citoyens. Son contenu doit être accessible à chacun et la pédagogie sera nécessaire. L’intérêt montré par les participants aux différents forums territoriaux sur cette question montre que nos concitoyens sont conscient de l’enjeu et prêts à participer aux actions entreprises. 

Nous devons maintenant encourager les territoires à engager des Plan climat énergie locaux, utiliser les politiques contractuelles avec ces territoires, pour que les efforts considérables à accomplir puissent s’engager dans une même temporalité, faute de quoi, nous n’atteindrons pas les objectifs escomptés.

 

Session des 23 et 24 Juin 2011
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Rapport SRADDT

Annexe SRADDT