SRDEII : innovation et gouvernance

Intervention de Michelle Rivet

 

Monsieur le président, chers collègues, j’interviendrai sur les questions d’innovation et gouvernance qui sont pour les écologistes centrales dans ce débat avec une nécessité absolue : celle  de la transition écologique que développera Benoît Faucheux.

En effet, le concept d’innovation renvoie le plus souvent à l’approche techniciste du développement économique, à la vision idyllique d’un progrès sans fin. Et lorsque j’entends dans les rangs de la droite affirmer qu’il faut supprimer le principe de précaution, je crois réentendre Luc Guyau (alors président de la FNSEA) qui disait en 1996 « il ne faudrait tout de même pas que dans ce pays on exclue les agriculteurs de la modernité »… pour justifier le recours aux farines animales. Quatre ans plus tard, nous étions au paroxysme du désastre sanitaire, économique et social de la vache folle.

Très clairement, après cette crise et bien d’autres, l’innovation ne peut être entendue comme une simple marche en avant vers un futur forcément radieux. La technique et la technologie ne doivent être que des moyens au service d’une vision partagée : innover pour quoi faire ? L’innovation au service de quoi ?

Le Conseil régional doit donc affirmer des finalités sociales et environnementales dans ses politiques économiques, et dans l’ensemble de ses outils. L’innovation doit être en cohérence avec le respect des biens communs et  servir l’adaptation des activités économiques aux enjeux au le changement climatique, à la raréfaction des ressources naturelles, au défi de la dématérialisation, aux  exigences éthiques et démocratiques.

Et c’est pourquoi nous y lions fortement les questions de gouvernance. La Région doit promouvoir la participation citoyenne y compris dans le champ économique. L’acceptabilité des innovations, la soutenabilité sociale des activités économiques sont à ce prix.  

 

Comme en matière de recherche l’expertise citoyenne doit  trouver toute sa place. C’est la seule manière de permettre à nos concitoyens d’analyser les innovations proposées et de dépasser les réflexes passifs de rejet ou acceptation.

En matière de gouvernance, il convient également d’inventer un cadre de pilotage du SRDEII, à l’échelle régionale comme dans la proximité, pour assurer une cohérence territoriale. Nous sommes  satisfaits de la territorialisation de l’agence de développement économique, mais au-delà il faut une diversité en termes d’organisation et de représentativité. Quels que soit l’architecture et les outils de dialogue mis en place, ils doivent garantir le pluralisme.

Enfin, la mise en place d’un guichet unique auquel nous sommes également favorables doit aussi favoriser la variété des porteurs de projets et nous serons attentifs à ce que son fonctionnement réponde à cet objectif.

Pour conclure sur ces questions de l’innovation, de la gouvernance et d’accès des porteurs de projets aux informations et aux aides, l’enjeu majeur pour l’économie régionale sera de pouvoir détecter et accompagner des innovations y compris dans des domaines peu ou pas référencés. Et la clé pour réussir nous semble l’ouverture à la diversité des acteurs.