SRDEII : transition écologique

Intervention de Benoît Faucheux

 

Monsieur le Président, chers collègues, le groupe écologiste se réjouit que la politique économique de la Région soit orientée avec ce schéma vers la transition écologique et sociale de l’économie.

En région Centre comme ailleurs, notre économie exerce une pression sur l’environnement qui n’est pas soutenable. Nous sommes en train d’épuiser les réserves de matières premières non renouvelables (pétrole, minerais…) au détriment des générations futures. Cela génère des pollutions dommageables pour l’environnement et la santé humaine. De plus notre économie est très dépendante et vulnérable aux marchés internationaux de ces matières premières. Cette économie détruit de plus en plus d’emplois, et ceux qui ont la chance d’en avoir un subissent une pression très forte, parfois au détriment de leur santé. Dans ce contexte la formation est bien souvent la seule option des travailleurs pour pouvoir espérer être dans le monde du travail.

Avec ce schéma, la Région fait le choix de se tourner vers l’avenir, d’aider les acteurs économiques à abandonner les modèles de production du passé pour inventer l’économie de demain. A l’inverse de la Région Normandie, par exemple, où Hervé MORIN a refusé le renouvellement de la subvention au réseau Granddle qui conseillait les entreprises souhaitant ancrer  la transition écologique, énergétique et démocratique dans leur stratégie d’entreprise.

Pour cela, toute aide régionale économique devra être compatible avec cette orientation. Ainsi, par exemple les aides économiques à la rénovation ou à la construction de zones d’activités et plus généralement d’immobiliser d’entreprise devront obéir à des conditions environnementales strictes, s’agissant de la performance énergétique, de la consommation de foncier agricole, de la destruction de zones naturelles, des déplacements, etc.

L’économie circulaire sera être au cœur de la transformation des filières économiques. Ce concept économique à l’honneur dans le SRDEII vise à produire des biens et services tout en limitant la consommation et le gaspillage des matières premières, de l’eau et des sources d’énergie participe d’une réduction de l’impact environnementale des activités tout en étant source de créativité, d’innovation et d’emplois.

L’objectif de l’économie circulaire est d’assurer une réduction considérable des prélèvements sur les ressources naturelles et de rendre notre économie moins fragile face à la fluctuation du prix des ressources, notamment énergétiques. Pour cela il s’agit de concevoir des produits et des services consommant moins de matières premières, favoriser le réemploi et la réparation des produits, développer les filières de recyclage… Tout cela aidera les entreprises de notre région à faire des économies d’intrants, et donc de charge. Cela leur permettra d’inventer les produits de demain et renforcera leur compétitivité et leurs bénéfices. Les échanges qui ont eu lieu tout au long des états généraux montrent que ce mouvement a déjà été enclenché par des acteurs de l’économie sociale et solidaire, de l’agriculture, de l’industrie et que cette perspective intéresse fortement l’ensemble des acteurs économiques, mais qu’ils ont besoin d’accompagnement pour y arriver. La recherche, l’innovation et l’expérimentation doivent être stimulés.

La responsabilité sociétale des entreprises est finalement le concept clé, le fil conducteur du SRDEII. Cela constitue une ambition forte que le groupe écologiste a appelé de ses vœux dès l’origine de la réflexion. Les acteurs économiques sont et seront les principaux acteurs de la transition écologique et sociale. La Région ne sera pas là pour les contraindre, mais pour les accompagner, les stimuler. Stimuler la RSE, c’est accompagner les entreprises dans la diminution de leur empreinte écologique, l’amélioration des conditions de travail, la formation de leurs salariés. C’est aider à maximiser leur impact territorial. C’est pour stimuler la responsabilité sociétale des entreprises que nous souhaitons que chaque aide économique soit associée à un progrès social et environnemental qu’il appartiendra à l’entreprise d’identifier. Les aides seront ainsi facteurs de progrès, d’évolution, non pas subie mais souhaitée par l’entreprise. Nous sommes, par conséquent, optimistes et confiants au regard du volontarisme affiché en matière d’accompagnement des « transitions », de relocalisation de l’économie, et de la place de l’humain au cœur du développement économique. Mais il nous faudra définir une RSE de haute exigence, au-delà des normes actuelles, pour ne pas faire du greenwashing. Nous serons évidemment attentifs à la traduction opérationnelle de ces principes, afin que les transitions s’inscrivent dans des changements de pratique plus que par la technique, dans une forme de sobriété plus que dans une vision « croissantiste » ainsi que dans une vision solidaire et équitable du soutien de la Région plus que le confortement de ceux qui reçoivent déjà beaucoup. La RSE ne doit pas permettre de justifier des activités viciées mais plutôt de stimuler le changement.

Dans ce processus de changement les structures du développement économique, l’agence Dev’Up en tête, mais aussi les Chambres Consulaires et les inter-communalités sont appelés à jouer un rôle clé. Mais là aussi nous sommes confiants car la CRCI, la CRMA et plusieurs inter-communalités sont déjà très engagées dans le développement de l’économie circulaire, et cela s’amplifiera avec la mise en œuvre du SRDEII.