TECALEMIT AEROSPACE à Blois : face à la crise, sauver les emplois d’aujourd’hui et penser à ceux de demain

L’entreprise TECALEMIT AEROSPACE, qui fabrique des tuyauteries souples de haute technologie pour le secteur de l’aviation, souhaite déplacer dès le mois d’octobre prochain l’activité de son usine historique de Blois, ses 160 salariés et les machines, vers Luceau, dans le département de la Sarthe, où se trouve une usine de taille similaire que TECALEMIT a reprise il y a deux ans lors du rachat de certaines activités de son concurrent DAHER.

Pour seule compensation, la direction propose aux ouvriers de mettre à leur disposition pendant 18 mois une navette par bus pour parcourir deux fois par jour la centaine de kilomètres entre les deux sites, avec un temps de trajet décompté du temps de travail ! Le groupe écologiste au Conseil régional Centre-Val de Loire apporte son soutien aux salariés qui se mobilisent pour refuser d’être ainsi déplacés vers une autre Région, alors que leur vie et celle de leur famille se trouvent dans l’agglomération blésoise.

Une telle « délocalisation » de l’usine de Blois n’est pas acceptable, alors qu’elle a été soutenue financièrement par des fonds publics, que ce soit par des fonds européens FEDER, des aides de l’Agglomération, du Département et de la Région Centre-Val de Loire (dont un CAP emploi-formation de 105 450 € en février 2019, correspondant à un programme qui était censé porter jusqu’à la fin de l’année 2020). Si TECALEMIT AEROSPACE devait confirmer son départ de Blois, nous exigerions qu’elle rembourse les aides publiques touchées en Centre-Val de Loire au titre de l’activité de cette usine.

Si les difficultés des industries liées au secteur aéronautique ont été accrues par la pandémie de Covid-19, la crise à laquelle elles sont confrontées vient de plus loin. Elle nécessite de reconsidérer notre approche du rôle de l’avion dans nos sociétés et donc à repenser non seulement sa fonction, mais aussi les filières d’emplois qui en dépendent. Préparer la diversification de ces entreprises est donc une nécessité. En l’occurrence, l’appareil productif de TECALEMIT AEROSPACE à Blois pourrait sans doute viser d’autre clients que le secteur aérien.

Pour les écologistes, ce n’est pas en aidant massivement aujourd’hui les entreprises et les sous-traitants du transport aérien, sans les amener à une conversion totale ou partielle de leur activité, qu’on sauvera à terme les PME et les milliers d’emplois d’un secteur fragilisé et qui va devoir se réinventer. C’est au contraire en préparant méthodiquement la transformation des lignes de production, en aidant à la recherche de nouveaux marchés plus écologiques et en finançant des filières de formation qui permettront de nouveaux parcours professionnels que nous pourrons atténuer les conséquences sociales et économiques de la fin de la croissance du transport aérien.

L’argent public est plus utile pour accompagner les transitions que pour servir des logiques de délocalisation !

Charles Fournier et Sandrine Tricot, conseillers régionaux écologistes, élus du Loir-et-Cher

Benoit Faucheux, président du groupe écologiste au Conseil régional