Transition énergétique : présentation du service public régional de l’énergie

Intervention de Benoît Faucheux

 

Chers collègues, je vais tenter une action assez difficile : capter votre attention pendant peut-être 2 minutes 30, parce que c’est le temps que m’a donné le Président pour un rapport qui vise à répondre à un enjeu relativement simple : à la fois de lutter contre le changement climatique, de stimuler l’économie de notre région et d’améliorer le confort de vie de nombreux habitants des logements de la région.

Ce rapport s’intitule « Création d’un Service public régional de l’énergie ». Cela  aurait sans doute été plus clair si nous l’avions appelé « création d’une banque régionale de la rénovation  énergétique » parce que, finalement, c’est ce qui vous est proposé au vote : une banque régionale de la rénovation énergétique qui vise à apporter sa pierre à la rénovation de 20 000 logements par an. C’est ce que nous devons faire si nous voulons être en accord avec les objectifs de l’Accord de Paris : 20 000 logements à rénover par an dans notre région, sachant que l’économie régionale permet à l’heure actuelle d’isoler 7 à 8 000 logements. Un saut quantitatif très important doit donc être réalisé, ainsi qu’un saut qualitatif.

Quand on parle de ces 20 000 logements à isoler, qui ont pour objectif de participer à la division par deux de la consommation d’énergie d’ici 2050, on imagine que ces logements seront isolés selon les normes BBC (rénovation bâtiment basse consommation). Ce n’est pas le cas général des rénovations existantes.

C’est donc un saut quantitatif et qualitatif qu’il faut parvenir à effectuer. Cette banque régionale de la rénovation énergétique est l’un des leviers que nous imaginons créer pour participer à ce chantier. Pour le résumer très simplement, il s’agit de proposer aux propriétaires de logement, qu’ils soient en copropriété ou en logement individuel, un accompagnement technique qui leur permette à la fois d’identifier les bons travaux à effectuer, de trouver les entreprises capables de les réaliser, de suivre le chantier et d’aider jusqu’à l’entrée des particuliers dans leur logement une fois rénové. En effet, il faut apprendre à utiliser un logement rénové si l’on veut effectivement que les économies d’énergie soient au rendez-vous.

L’accompagnement technique sera adossé ou lié à une offre bancaire, à un prêt bancaire sur une durée suffisamment longue et avec un taux d’intérêt suffisamment bas pour que les économies d’énergie générées permettent le remboursement du prêt : c’est l’équilibre général de ce que nous tentons de réaliser, pour faire en sorte que beaucoup plus d’habitants de notre région soient en capacité de financer des travaux de rénovation énergétique chez eux.

Il s’agit donc d’une solution technique qui s’adresse plutôt aux personnes de la grande classe moyenne, qui a quand même un certain niveau de vie mais n’a pas accès aux aides sociales et n’a pas les moyens de se payer par elle-même les travaux de rénovation énergétique.

Nous imaginons, et c’est ce qui vous est proposé au vote, que, pour créer cette banque, nous allons créer une société d’économie mixte qui permettra de mobiliser toutes les parties prenantes : les collectivités, la Région évidemment en premier lieu mais aussi les autres collectivités intéressées par le chantier, ainsi que les acteurs privés intéressés par le chantier de la rénovation énergétique. Évidemment, les entreprises du bâtiment sont celles auxquelles on pense spontanément mais l’ensemble des professionnels intéressés par le sujet sont invités à prendre part au capital de la SEM, en particulier le secteur bancaire et le secteur de l’accompagnement des bureaux d’études et des architectes qui peuvent avoir un lien avec le sujet.

J’ai essayé de résumer rapidement le rapport. Je ne sais pas si j’ai tenu les 2 minutes 30. En tout cas, je laisse maintenant la place au débat.