Une montée en puissance nécessaire des outils de gestion et de protection de la biodiversité

Nous avons beaucoup parlé de la crise du covid et de ses conséquences mais peu de ses causes.

Or parler biodiversité c’est parler de la vie et cette pandémie a développé une conscience aiguë de la fragilité de la vie nous rappelant aux fondamentaux de notre survie : manger, respirer, se soigner… assurés gratuitement par la nature et ses fonctionnalités : la pollinisation, la photosynthèse, la variété de molécules élaborées par les plantes et autres organismes, bases de nos médicaments.

En donnant un répit visible à la nature, le confinement a été aussi l’occasion de mesurer plus concrètement encore les dégâts perpétrés par notre espèce.

Je le disais hier les épidémies humaines, animales et végétales sont en constante augmentation du fait du déséquilibre permanent auquel sont soumis les écosystèmes par nos activités. Dès lors les solutions d’éradication inventées au cours des décennies qui nous ont précédées trouvent leurs limites.

Cette expérience singulière du confinement a reculé de 3 semaines le jour du dépassement des capacités de notre planète, cela rapelle que la biodiversité peut se reconquérir.

Le rapport qui vous est soumis s’inscrit dans la nécessité qui nous est faite d’agir face à l’urgence : les chiffres de l’effondrement de la biodiversité sont là.

Dans notre région 1 espèce sur 5 est menacée, les oiseaux et les amphibiens sont les plus menacés, c’est le cas pour 40% des oiseaux nicheurs suivis par les naturalistes par exemple.

Sur la flore 17% des espèces végétales suivis, 1 habitat naturel (milieux humides) sur 3 sont également menacés.

Nos activités occupent 70 % de l’espace. Les forêts et les milieux naturels se partagent les 30% restants L’équivalent de 18 terrains de foot sont artificialisés chaque jour à l’échelle régional.

2020 devait clôturer la décennie de la biodiversité avec le Congrès mondial de l’union internationale de conservation de la nature qui a été annulé. Pour notre Région c’est aussi la première année de fonctionnement de l’Agence Régionale de la Biodiversité, une des premières de de France.

Ce rapport fait le point de ce qui est en place ou déjà fait par la Région : nos politiques environnementales, l’appui aux associations avec les conventions vertes, les politiques de l’eau et de protection des milieux etc…

Mais l’objectif premier de ce rapport est de vous présenter d’une part les chantiers de l’ARB menés par l’ensemble des membres et bien entendu soutenus par la Région elle-même ainsi qu’une feuille de route avec les engagements spécifiques de notre collectivité.

Ces chantiers et engagements doivent s’articuler autour d’une mobilisation générale en faveur de la biodiversité. Cette mobilisation se traduit d’abord par le déploiement de l’ARB et sa mise en visibilité dans les années à venir comme acteur majeur sur ces sujets.

Les engagements de la Région se déclinent autour du déploiement ou du renforcement d’outils de protection des milieux : protection forte (RNR), contractuelle (PNR), de la biodiversité ordinaire (ORE) des continuités écologiques de place laissée à la nature.

Ces engagements sont aussi des soutiens aux initiatives et aux mobilisations de tous les acteurs de la société, des responsables économiques aux citoyens en passant par les collectivités. Il faut d’ailleurs être conscient du volume de l’intervention régionale en matière de biodiversité dans nos politiques d’aménagement du territoire : 19 millions d’euros par génération de contrat. Ce rapport redit l’importance d’agir dans la proximité et il y aura dans les années à venir un travail d’appui et de proposition d’actions à mener en lien avec l’ARB.