Vœu pour la participation des élus régionaux à la campagne citoyenne de dépistage du glyphosate

Vœu présenté par le groupe écologiste

Le glyphosate est le composant actif principal du désherbant chimique le plus utilisé en France : le Roundup de Monsanto. Si fabricants, vendeurs et utilisateurs affirment que ce produit est inoffensif pour la santé, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a classé ce produit comme « cancérigène probable » en 2015.

Depuis quelques mois, à l’initiative de l’association Campagne Glyphosate, plusieurs milliers de personnes ont cherché à connaître le taux de glyphosate dans leurs urines. Quel que soit l’âge, 100 % des analyses réalisées s’avèrent positives au glyphosate. En parallèle, se constitue un groupe de scientifiques (biologistes, sociologues, médecins, géographes, statisticiens et spécialistes de l’eau) intéressés par cet échantillonnage. Les prélèvements d’urine s’accompagnent en effet d’un questionnaire sur le mode de vie de chaque personne, une source de données importante.

Mais cette Campagne Glyphosate est aussi une campagne d’interpellation, pour faire prendre conscience que nous sommes tous, à des doses plus ou moins fortes, exposés à ce polluant qu’est le glyphosate.

C’est également un moyen de pression juridique. Une plainte individuelle et identique en constitue l’aboutissement. 300 plaintes ont d’ores et déjà été enregistrées, 900 sont en cours de dépôt et 5 000 plaintes sont prévues d’ici la fin de l’année 2019, pour mise en danger de la vie d’autrui, tromperie aggravée et atteintes à l’environnement. Chaque personne porte plainte en son nom propre contre les personnes en responsabilité des firmes fabricant des pesticides à base de glyphosate et contre celles en responsabilité des organismes ayant contribué à leur mise sur le marché pendant les 3ème et 4ème trimestre 2017 et le 1er trimestre 2018. Elle est individuelle, mais portée collectivement.

Ce sujet est au cœur du débat public français et européen. Récemment, au Parlement européen, un rapport a été adopté pour recommander une refonte du système d’évaluation des pesticides afin d’obtenir plus de transparence, d’indépendance des agences européennes et une stricte application du principe de précaution.

Le glyphosate est un perturbateur endocrinien. Une campagne de dépistage du glyphosate par les élus régionaux du Conseil régional Centre Val de Loire viendrait nourrir l’étude régionale sur les perturbateurs endocriniens en cours de réalisation.

En conséquence, le Conseil régional Centre-Val de Loire, réuni le 25 avril 2019 à Orléans :
• encourage cette campagne citoyenne de dépistage du glyphosate qui s’est d’ores et déjà organisée dans les différents départements du Centre Val-de-Loire ;
• souhaite procéder à présent aux analyses d’urine des 77 élus régionaux, sur la base du volontariat, afin d’y rechercher des traces de glyphosate ;
• communiquera les résultats aux différents comités locaux du territoire régional ;
• invite les élus régionaux qui y participeront à se joindre, à l’issue des résultats, à la plainte portée collectivement par l’association Campagne Glyphosate.

VŒU REJETÉ :

Pour : Groupe écologiste

Contre : Groupe RN, groupe UDC (LR-UDI), Pierre Commandeur, Fabien Verdier

NPPV : Groupe SRD (socialistes, radicaux et démocrates)