Portrait Moïsette Crosnier

10 000 parrains et marraines vers l’emploi

Intervention de Moïsette Crosnier.


Dans cette période de crise particulièrement grave pour les familles et les sans emploi,  cette mesure montre, si il en était encore besoin, notre constante volonté de placer les jeunes en général et en particulier les jeunes en difficulté au cœur de nos priorités.   

Nous ne pouvons donc que nous féliciter de ce rapport. Faire parrainer un jeune en recherche d’emploi par une personne expérimentée, un acteur local, un accompagnateur connaissant les techniques de la recherche d’emploi, un employeur, un acteur de la formation est une mesure qui devrait être efficace et qui complètera le dispositif d’insertion dans l’emploi existant.   

On estime qu’environ deux placements en emploi sur 3 se font par connaissance, réseau, bouche à oreille, candidature spontanée et ciblée. Les jeunes visés par cette mesure : en milieu défavorisé, dont les parents sont au chômage, sans relation professionnelle sont pénalisés par ce fonctionnement du marché surtout dans la recherche d’un premier emploi. Ce sera un vrai coup de pouce pour eux.   

Le niveau de 10 000 parrains et marraines me semble être une ambition un peu forte. Je me demande si 10 000 ne serait pas plutôt le nombre de jeunes parrainés. Un parrain pourrait « tutorer » plusieurs jeunes soit en même temps soit l’un après l’autre, en espérant bien sûr, que le parrainage  ne dure pas plusieurs années pour une même personne.  

Organiser un réseau, informer, former, mettre en relation avec des jeunes plusieurs milliers de personnes peut se révéler être une mesure lourde, à mettre en place et à maintenir, donc très couteuse si on veut qu’elle soit menée efficacement et durablement.   Tous les acteurs de l’emploi et de la formation vont être sollicités, comment vont être assurées une nécessaire cohérence et coordination du parrain avec pôle emploi et les missions locales?   

L’objectif est d’insérer des jeunes sans formation, donc il faudra une réflexion sur un parcours de formation et professionnel, sur court et moyen terme, faisant intervenir plusieurs paramètres : formation de base, capacité du jeune, volonté et possibilité de se forme. Comment un parrain qui risque de ne maîtriser qu’un seul de ces paramètres pourra-t-il mener sa mission à bien?   

La diversité des origines des parrains qui seront sollicités amène à penser que les séances d’information et de formation devront être adaptées à différents publics qui devront être organisées partout dans la Région. Sur ce point aussi pour être efficace le dispositif peut se révéler très couteux. Le budget annoncé de 250 000 euros pour 1000 jeunes en 2011 sera-t-il suffisant?   

Enfin, si une politique analogue a déjà été menée par l’Etat comme nous l’a dit ce matin M Novelli, a-telle été évaluée? Dispose-t-on de bilans?