Portrait Gilles Deguet

Aide régionale à la mobilité domicile-travail et plan climat énergie

Intervention de Gilles Deguet 

Monsieur le Président, Monsieur le Président, chers collègues, j’aimerais apporter un éclairage supplémentaire à notre proposition d’établir, pour la mesure de soutien aux déplacements TER un plafond de remboursement à 150 km plutôt qu’un plancher de reste à payer de 75 €. Michelle Rivet a défendu cette proposition du point de vue de l’aménagement du territoire et du point de vue des ressources de nos concitoyens. Je souhaite ajouter ici le point de vue complémentaire du Plan climat énergie. 

Les déplacements des personnes sont à l’origine d’environ 15 % des gaz à effet de serre de notre région, dont près de la moitié pour des déplacements domicile-travail. De surcroît, dans ce secteur les émanations sont encore à présent en constante augmentation. On ne peut pas imaginer parvenir aux objectifs de division par 4 sans intervenir sur ces déplacements. 

On dispose pour cela de trois leviers : 
– la diminution des distances parcourues 
– le transfert modal 
– l’efficacité de chaque mode de transport 
Et encore une fois, il faut peser sur les trois leviers à la fois. 

Une mesure réduisant le coût du transport en train, outre son aspect social évident, vise aussi à favoriser le report modal, de la voiture individuelle vers le rail. C’est un très bon levier puisque la consommation d’énergie par km est de 3 à 4 fois moins élevée en train qu’en voiture. Et nous pensons qu’il est juste d’étendre cette aide en dessous de 75 € mensuels : c’est juste socialement, et pertinent sur le plan énergétique. 

Pour autant, on ne peut pas oublier la nécessaire diminution des distances domicile-travail, sous peine de reperdre immédiatement tout ce qui aura été gagné par le report modal. Or une intervention massive de la Région pour favoriser des déplacements de grande distance serait de ce point de vue contreproductive, parce qu’accompagnant le mouvement d’allongement des distances de transports quotidiens. De surcroît, au delà d’une certaine distance, l’aide tarifaire n’a plus d’effet de report modal, parce que l’utilisation de la voiture individuelle ne devient plus possible. Il y aura donc une limite à fixer lors de l’élaboration définitive de la mesure, et nous pensons que cette limite ne saurait être supérieure à 150 km. 

Mes chers collègues, il est possible d’allier le progrès social et la prévention des dérèglements climatiques. Ils sont même indissolublement liés. En réduisant les distances domicile-travail et domicile-école, en développant les transports en commun, nous en ferons la démonstration: nous améliorerons les conditions de vie de nos concitoyens tout en préservant celles de nos descendants.

C’est en apprenant à modifier les habitudes de chacun, en optimisant l’utilisation des infrastructures existantes que la Région Centre pourra faire son indispensable révolution de la mobilité.

 

Session du 14 Avril 2011
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Communication : aide à la mobilité des salariés