Portrait Michelle Rivet

Ambitions Santé 2020 : lutter contre la désertification médicale

Intervention de Michelle Rivet

 

Monsieur le Président, chers collègues, cela a été dit à de nombreuses reprises, notre région a le triste privilège d’être en queue de peloton en terme de démographie médicale. Dans le Cher, département le plus touché, la très forte mobilisation pour le maintien des urgences chirurgicales à la clinique de Saint-Amand illustre bien l’inquiétude des zones les plus rurales où l’accès au soins devient critique.

 

La Région s’implique fortement sur cette question et tout particulièrement dans ses politiques territoriales, au plus près de nos concitoyens. Les problématiques de santé et d’accès aux soins sont systématiquement abordées lors de l’élaboration des documents « Ambition 2020 » et un certain nombre de Pays ont d’ores et déjà intégré un Projet Local de Santé dans leur Contrat avec la Région, tant il est vrai que la réalisation d’équipements ne peut précéder une réflexion globale.

 

Très logiquement, notre collectivité a aussi inscrit les projets de santé dans le FEADER. Et je veux signaler quelques initiatives « ID en Campagne » portant des propositions neuves sur des questions liées à la santé.

 

Le projet d’une MSP ou de tout autre équipement d’exercice en commun ne peut être une démarche descendante ni même reposer sur la seule volonté des élus locaux: la clé de la réussite est l’engagement de professionnels de santé. Cette nouvelle manière d’exercer correspond à la demande des nouvelles générations de médecins qui souhaitent trouver des solutions aux contraintes du cabinet libéral. Cependant dans des secteurs carencés comme le sud du Cher trouver une équipe de professionnels susceptible de porter un projet reste problématique.

 

La question de l’attractivité des zones rurales de la Région fait donc partie de l’équation à résoudre : la qualité de vie, l’environnement naturel, la tranquillité ne peuvent compenser l’absence de certains services et l’éloignement de la vie culturelle des grandes villes pour ceux qui pourraient choisir notre territoire.  Un participant aux États généraux de la santé de décembre dernier à Saint- Amand l’indiquait : « Quand on m’a proposé le poste au Châtelet (1200 habitants) j’ai accepté parce qu’il avait une crèche et un pédiatre à proximité ».

 

Les territoires ruraux de notre Région ont des atouts à valoriser : la possibilité d’ alimentation de proximité et de qualité, les paysages, les activités de nature, le patrimoine culturel. Encore faut-il que les élus locaux se persuadent de leur importance et de l’importance de dynamiques locales fortes. Je pense en particulier à l’action culturelle et à ce qu’apportent par exemple les Bains Douches ou l’abbaye de Noirlac pour l’image et l’attractivité du sud Berry .

 

Enfin je veux souligner l’importance de l’organisation de l’accueil des médecins sur les territoires . Ainsi je voudrais faire remarquer que les médecins étrangers peuvent avoir des besoins en terme d’apprentissage de la langue pour eux où leur famille. A Saint-Amand c’est une association de bénévoles, le CASA, qui fait habituellement de l’aide aux devoirs et de l’alphabétisation , qui assure ce service.

 

Je ne peux par ailleurs qu’approuver les propositions de régulation de l’installation des médecins sur le territoire national.

 

C’est en tout cas un faisceau de propositions et la mobilisation des habitants, des élus et des professionnels, qui peut permettre aux territoires les plus carencés de trouver des solutions . Je salue l’engagement de notre collectivité à leur côté.