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Anomalies dans les centrales de Chinon, Saint-Laurent et Dampierre : les élus écologistes écrivent aux Préfets

4 Mars 2011

Le 11 février, c’est par le réseau « Sortir du nucléaire » que les citoyens des territoires concernés ont été informés de la découverte d’une anomalie de série, non résolue, sur les 34 réacteurs de 900 mégawatts du parc nucléaire français, dont 10 en région Centre dans les centrales de Chinon, Saint‐Laurent et Dampierre.

En réalité, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s’était contentée d’un avis sibyllin publié sur un site Internet, sans aucune autre procédure d’information des citoyens ni même de leurs élus.

L’ASN écrivait cette phrase particulièrement inquiétante : « en situation accidentelle, pour certaines tailles de brèche du circuit primaire principal, l’injection de sécurité à haute pression pourrait ne pas permettre de refroidir suffisamment le coeur du réacteur ». Or la perte de refroidissement du coeur d’un réacteur est un des deux évènements les plus redoutés – avec l’accident de criticité – qui doivent donc être au centre de toutes les règles de sûreté.

En outre, l’information de l’ASN précise qu’EDF « envisage » de mettre en place « une instrumentation par ultrasons permettant de mesurer de manière plus précise les débits injectés ». Dans un premier temps, des essais seraient réalisés début 2011 sur un réacteur. « En fonction des résultats obtenus sur ce réacteur, cette solutionsera implantée sur l’ensemble des réacteurs concernés par cette anomalie ». On frise l’irresponsabilité. Que se passera‐t‐il d’ici là si un accident survient ? Que fera‐t‐on si les premiers essais sont infructueux ?

Le groupe des élus écologistes au Conseil régional du Centre a donc écrit aux Préfets d’Indre‐et‐Loire, de Loir-et‐Cher et du Loiret, afin de leur poser quelques questions évidentes et légitimes :
  – Existe‐t‐il un système complémentaire au système d’injection de sécurité en cas de perte de refroidissement du circuit primaire ?
  – Comment se fait‐il que ce défaut ne touche que les réacteurs de 900 mégawatts ? Est‐ce que les instruments de mesure des paliers suivants sont plus fiables et précis ? Si oui, pourquoi n’ont‐ils pas été déployés sur les 900 mégawatts ?
  – Comment expliquer que cette anomalie n’ait jamais été détectée lors des visites décennales des réacteurs ?
  – Quelles sont les mesures qui ont été imposées à l’exploitant pour remédier au plus vite à cette situation ? Un arrêt de réacteur est généralement la solution retenue dans ce genre de cas : a minima, une baisse de puissance est‐elle envisagée ?

Quelques jours plus tard, EDF s’est vue obligée de révéler l’existence d’une autre anomalie compromettant la sûreté sur 19 réacteurs, impliquant elle aussi Chinon, Saint‐Laurent et Dampierre. Il s’agit de l’usure prématurée des coussinets des groupes électrogènes de secours, usure qui peut entraîner leur défaillance. Ces groupes électrogènes sont censés prendre le relais en cas de perte d’alimentation électrique extérieure, pour continuer à assurer les fonctions « vitales » de la centrale.

Dans notre région, les réacteurs en cause ont aujourd’hui entre 25 et 30 ans. En repoussant la fermeture de réacteurs vieillissants dont la sûreté est défaillante, les autorités imposent à la population un risque inacceptable. Il convient d’enclencher dès à présent un plan de transition vers un avenir sans nucléaire, basé sur une réduction significative de la consommation énergétique et sur le développement massif des multiples énergies réellement renouvelables.

Pour le groupe des élus écologistes, le Président, Jean Delavergne