Appel à projets innovation PME

Intervention de Michelle Rivet

 

Monsieur le Président, chers collègues, si la loi NOTRe affirme la compétence économique de la Région, la principale clarification qu’elle introduit reste l’exclusivité (à terme) de l’octroi des aides versées aux entreprises. Cette évolution doit nous rendre plus attentifs encore, et je dirais même plus exigeants, quant aux politiques d’aides que nous votons.

C’est l’objet du Schéma Régional de Développement Economique que nous allons élaborer cette année que de tracer des objectifs et des pistes pour les politiques économiques de la Région, au regard du développement de l’emploi et des territoires comme de la soutenabilité et de la résistance aux crises de notre économie régionale. C’est aussi un enjeu démocratique important pour associer non seulement les acteurs économiques mais aussi les habitants de notre région, tous concernés par son développement.

J’en arrive à l’appel à projets lui-même. Il s’agit  de la troisième édition, qui est renforcée puisque dotée de 10 M€ alors que 13 M€ ont été alloués au total sur les 2 précédents.

Nous avons évoqué en commission les précédentes sélections et je voudrais au passage partager les informations qui nous y ont été données. Tout d’abord, les entreprises lauréates (116/220) étaient pour moitié des entreprises de moins de 10 salariés, et à 80 % de moins de 50 salariés. Mais on a encore assez peu de retour sur les projets, à quelques exceptions près, non pas à cause d’échecs mais parce que le délai octroyé est de trois ans. Une remarque à rapprocher de la précédente : l’innovation, l ‘émergence, ça demande souvent plus de temps que les porteurs de projet ne le prévoient, et d’autant plus pour les plus petites entreprises moins armées.

Au-delà de ce petit bilan, quelques remarques et sujets d’alerte du groupe écologiste.

Si l’appel à projets couvre un spectre large de type d’innovation, je rappelle (le CESER l’a fait aussi) l’importance de l’innovation sociale et des structures de l’Economie Sociale et Solidaire, souvent innovantes sur la question, voire plus largement sur l’invention de produits ou services. Il sera important de favoriser et soutenir ce rôle majeur de l’ESS dans notre économie régionale, particulièrement dans les territoires les plus fragiles, et nous attendons un engagement fort de notre collectivité dans ce domaine.

Deuxième sujet : l’innovation dans le domaine économique est  souvent associée à une vision techniciste et productiviste de l’économie. Aujourd’hui, cette vision se trouve frontalement mise en défaut par les questions environnementales de la raréfaction des ressources et du changement climatique. Les innovations attendues doivent permettre de dépasser ce cap, de répondre à ces crises, en particulier en terme d’utilisation des matières premières et de l’énergie. Et en parallèle, il est important  de faire entrer en ligne de compte l’utilité sociale des innovations et nous exercerons cette vigilance au niveau de la sélection des projets.

Et donc s’il est indispensable de favoriser l’innovation, c’est-à-dire l’adaptation potentielle de l’économie régionale aux conditions du futur, il faut que les entreprises s’engagent dans la transition écologique et qu’elles s’appuient sur les opportunités qu’elle offre. Les énergies renouvelables ou l’écoconstruction sont par exemple des défis qui comportent des débouchés importants à la clé. Notre Région a tout à gagner à être en pointe sur la transformation écologique de l’économie et elle doit fortement encourager les entreprises à s’y engager.

Cette inscription dans la transition écologique apparaît dans le rapport qui nous est présenté et nous le voterons donc.