Portrait Jean Delavergne

Appel à projets PME innovation : pratiquement la moitié des projets que la Région va soutenir sont liés à la transition écologique

Intervention de Jean Delavergne

 

Pour faire face à l’urgence, la Région Centre a décidé en février dernier d’un appel  à projets  pour soutenir l’innovation des PME de notre région. Nous sommes très heureux de constater que cet appel à projet ait connu un grand succès. Cela permet de constater qu’il y a bien dans notre pays une vitalité, des capacités d’innover et de se tourner vers le futur. Cela permet aussi de vérifier que l’intervention publique peut jouer un rôle de soutien et de stimulation de l’économie et qu’il ne suffit donc pas de « laisser faire ».

 

A la clé de ce premier volet « coopératif » que nous examinons aujourd’hui, il y a 150 emplois qui vont pouvoir être créés directement et c’est déjà en soi un motif évident de satisfaction. On espère bien que ce chiffre sera très largement dépassé lorsque ces innovations permettront aux entreprises concernées de conquérir de nouveaux marchés. L’heure n’est plus à rêver d’installations miraculeuses de milliers d’emplois dans un même établissement, mais bien plutôt à la dynamiques de centaines d’initiatives permettant chacune la création d’une dizaine d’emplois en moyenne.

 

Mais nous, écologistes, nous osons également nous poser la question de l’utilité sociale des innovations que l’on nous demande de soutenir. Or, de ce point aussi, ce rapport nous apporte une autre satisfaction et une confirmation  : pratiquement la moitié des 22 projets que nous allons décider de soutenir aujourd’hui sont liés à la transition écologique que nous appelons de nos vœux.

 

Cela concerne aussi bien des innovations destinées à économiser l’énergie, qu’à mieux protéger la qualité des eaux, á remplacer des produits chimiques par des produits bio-sourcés ou des systèmes d’ultrasons ou encore à valoriser des coproduits issus de la filière biomasse, etc.

 

Bien évidemment, il y a aussi des innovations intéressantes qui ne sont pas directement liées à la transition écologique de l’économie mais plus largement à la nécessité d’aller vers un modèle de développement plus soutenable : je fais référence ici aussi bien à des initiatives tournées vers la santé ou encore permettant d’améliorer la sécurité des travailleurs.

 

Le résultat de cet appel à projets  démontre donc bien qu’il peut y avoir une synergie vertueuse entre le souci de la durabilité ou plutôt de la soutenabilité et le développement économique. Certains pourtant, au rebours des exigences de notre époque, passent leur temps à prêcher le contraire : l’écologie et les écologistes ne seraient qu’un frein à la croissance, au progrès, à la science, et peut être même à la démocratie ! (cf. la récente déclaration de deux anciens premiers ministres).

 

Il y a quelques jours encore, Anne Lauvergeon, l’ancienne présidente d’AREVA, croyait encore utile dans un rapport remis au chef de l’Etat, d’opposer « principe de précaution » et « principe d’innovation » ! Plutôt que de céder à leur peur du changement, à leur angoisse devant le fait que la transition écologique puisse remettre en cause leurs schémas de pensée… et les situations acquises, un certain nombre de dignitaires de la haute technocratie feraient mieux de regarder concrètement ce qui se passe sur le terrain.

 

Les réponses apportées par les PME de notre région dans ce rapport montrent bien qu’au contraire le principe de précaution, c’est-à-dire l’exigence de protéger la santé humaine et les ressources naturelles, suscite et suscitera encore demain de nombreuses innovations. Il faut certes changer de modèle de développement mais cela est justement un formidable moteur pour susciter des innovations tant dans la technologie (les process de production et les produits) que dans les comportements, l’organisation sociale (innovations sociales).

Le principe de précaution nous incite à l’utilisation de plus de produits bio-sourcés, aussi bien dans la cosmétique que dans le bâtiment : cela donne lieu à trois innovations.

Le principe de précaution nous incite à mieux contrôler les résidus médicamenteux dans nos rivières et dans les stations d’épuration : c’est ce qui donne lieu ici à une innovation.

Le principe de précaution nous incite à mieux mesurer nos consommations d’énergie : encore une innovation !

Le principe de précaution nous incite aussi à récupérer la chaleur utilisée dans les process de production : encore une innovation !

Vous le voyez, l’exigence de soutenabilité, le principe de précaution, la transition écologique sont bien devenus une des principales clés de l’avenir aussi dans l’économie et donc à la base des emplois de demain.

 

Même si l’ensemble des projets ne relèvent évidemment pas de cette logique, il est tout de même impressionnant de voir  que dans un appel à projets dans lequel ce critère de la transition écologique n’était pas retenu, ce sont tout de même surtout des projets relevant de cette problématique qui sont sortis.

 

Un tel succès, Monsieur le Président, stimule l’appétit : et si on lançait un appel à projets en direction des territoires, des filières et des entreprises, centré cette fois explicitement autour de la notion d’économie circulaire sur laquelle nous avons tenu ici même une rencontre tout à fait instructive mardi soir ?

 

Session du 17 Octobre 2013
Icône fichier PDF

Rapport : Appel à projet PME innovation