Portrait Michelle Rivet

Aides économiques et sécheresse

Intervention de Michelle Rivet

Monsieur le Président, chers collègues, nous abordons cette session en exprimant notre solidarité avec les agriculteurs confrontés à deux crises importantes, malheureusement symptomatiques de ce qui peut se multiplier dans les années à venir.

L’effondrement des ventes de concombres suite à l’alerte sanitaire allemande est la variante d’un scénario calamiteux connu. 
On ne peut qu’être sidéré qu’une infection aussi limitée géographiquement ait ruiné le travail d’une telle quantité de producteurs à travers l’Europe, nous rappelant combien ce que nous mangeons vient parfois de loin.
Si le risque zéro n’existe pas, nos modes de consommation ont des conséquences disproportionnées au moindre problème. Cela ne peut que conforter les positions que défendent les écologistes sur la relocalisation des productions et de la consommation. Il ne s’agit pas de prétendre faire disparaître les problèmes sanitaires mais de les maîtriser plus facilement.

En effet ce printemps a été le plus sec des cinquante dernières années et l’ensemble des récoltes est ou sera atteint mais le déficit d’herbe rend la crise dramatique pour les éleveurs.

Tout doit être mis en œuvre pour mettre à leur disposition du fourrage car même si le début juin a connu une pluviosité et des températures normales, le mal est fait et les stocks de l’hiver largement entamés.

Le gouvernement doit rapidement mettre en œuvre les aides financières, reports d’annuité et avances sur les subventions sur lesquelles il s’est engagé. Il doit aussi continuer à  aider à l’acheminement des fourrages vers les zones d’élevage. 

Mais la paille des futures récoltes de céréales comme le blé contractualisé en agrocarburants doivent également être mobilisés pour  la nourriture des animaux.
En effet il faut le plus possible éviter que les éleveurs vendent une partie de leur troupeau reproducteur car cela entraîne l’effondrement du prix de la viande et compromet le revenu des années à venir.

Cette crise  nous interroge sur l’avenir : quels que soient les scénarios climatiques et les modèles de climat utilisés ces sécheresses vont  augmenter en nombre, en intensité et en étendue géographique dans les années à venir. En effet les climatologues nous prédisent pour la Région une augmentation de 4°C à l’horizon 2050. 
C’est donc à une réforme en profondeur des pratiques agricoles qu’il faut se préparer, ce que suggère d’ailleurs une communication récente de l’INRA.

Cette adaptation doit s’ajouter à l’évolution vers des systèmes plus respectueux de l’environnement qui sont souvent plus économes aussi en eau : élevages et cultures plus rustiques menées plus extensivement sont moins vulnérables dans le temps  même si les conditions actuelles touchent indifféremment tous les systèmes.

 

Session des 23 et 24 Juin 2011
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Communication : Aides économiques mises en oeuvre sur le territoire régional en 2010

Bilan : Aides économiques mises en oeuvre sur le territoire régional en 2010

Annexes : Bilan Aides économiques mises en oeuvre sur le territoire régional en 2010