Bilan des aides économiques mises en œuvre en 2015

Intervention de Jean-Philippe Grand

 

Cette communication a l’avantage de nous permettre de percevoir la différence entre d’une part l’engagement financier de la Région et d’autre part la capacité des Départements et des Agglomérations… à mettre en valeur cet effort de la majorité régionale. On voit bien toute la logique qu’il y a à ce que nous soyons dorénavant porteurs de cette politique économique et reconnus en tant que tel par les acteurs économiques. La loi NOtre va modifier profondément le paysage des aides économiques et clarifier les interventions en concentrant les efforts vers ceux qui tirent notre développement régional.

Nous tenons à marquer notre fierté d’être dans une Région qui s’engage dans la transition écologique de l’économie.

Permettez-nous d’exprimer ici nos doutes sur l’effet levier que représentent certaines aides économiques auprès d’entreprises dont la santé comptable est florissante. Nous souhaitons que les aides aillent vers ceux qui en ont réellement besoin et non vers ceux qui y voient un simple effet d’aubaine.

Nous considérons par exemple que les 7 millions investis dans le cadre de la transition écologique de l’économie vont dans le sens des besoins des entreprises pour améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments, le développement des énergies renouvelables ou l’idée que certains territoires peuvent être démonstrateurs de ce que devra être un territoire durable demain. Nous devons être présents aux côtés de toutes les entreprises, grandes ou petites, pour engager cette grande mutation qu’est la transition de nos activités. Les pôles de compétitivité et clusters seront des acteurs majeurs dans ce domaine et devront prendre toute leur part.

Nous souhaitons qu’une place particulière soit faite à l’économie sociale et solidaire. Nous sommes persuadés que ce pan de l’économie doit être soutenu car il est pourvoyeur d’emplois non délocalisables et bien souvent moteur dans la prise de conscience que des comportements vertueux sont possibles afin de limiter l’impact des activités sur l’environnement.

L’importance de la place des TIC dans le quotidien des citoyens, des entreprises et des collectivités doit nous amener à anticiper l’économie de demain. Les caractéristiques intrinsèques des technologies du numérique favorisent la mise en lien d’acteurs, la circulation d’information  et le partage. Dans ce  contexte, nous devons accompagner l’essor de l’économie dite collaborative qui prend en compte différentes formes (économie du partage, économie de fonctionnalité dont l’économie circulaire, économie des solutions, économie en pair à pair) selon les types de biens et services concernés ou de la finalité (empowerment du consommateur, éco-efficacité). Nous devons soutenir les initiatives de l’économie collaborative, à vocation sociale, environnementale, solidaire, recherchant le bien commun et ne pas servir les intérêts financiers de quelques grands groupes internationaux ne respectant pas la fiscalité française.

Au-delà de ceux qui ont fait le choix d’un comportement en phase avec les aspirations sociales et de solidarité, nous tenons à mettre en lumière l’économie circulaire qui se structure avec l’aide de la région. Une centaine d’acteurs locaux étaient présents mardi pour échanger sur les moyens de donner à cette économie qui représente l’avenir de notre développement économique. La raréfaction des ressources nous oblige à nous engager vers toujours plus de réutilisation et de recyclage des matières premières. C’est un enjeu majeur car nous sommes de gros consommateurs de ressources mais un tout petit producteur à l’échelle mondiale. L’explosion de la demande mondiale croisée avec la fin de la production de certaines matières doit être une chance pour notre économie et de nombreux acteurs l’ont bien compris . Eco-conception, produits bio-sourcés ou recyclés, nous voyons bien tout le potentiel que cette économie peut avoir pour l’emploi et la bonne santé de notre balance commerciale.

Vous l’avez compris, l’orientation vers le progrès social et environnemental est pour nous le virage que nous devons prendre non pas, comme certains le disent, pour mettre en place une écologie punitive, mais bien pour sauver notre économie et sauvegarder nos emplois dans les années qui viennent. La transition écologique doit être perçue comme une opportunité et non comme une contrainte.