Budget primitif 2021 de la Région Centre-Val de Loire et retour sur ce mandat

Intervention de Charles Fournier

Je profite de cette intervention pour saluer l’engagement de l’ensemble des élus qui quitteront cet l’hémicycle à la fin de cette dernière session, parce que c’est une fonction importante où chacun y aura mis cœur et attachement. Je voudrais saluer en particulier les élus de mon groupe politique qui ne seront plus en responsabilité faisant le choix de ne pas repartir : Michelle Rivet, Jean-Philippe Grand, Gérard Nicaud et Alix Téry-Verbe. Je les remercie chaleureusement pour leur engagement.

Ce  mandat est en fait révélateur des fragilités de notre modèle de développement et de nos organisations humaines.

🌍 Crise climatique et écologique : incroyable accélération des impacts du dérèglement climatique et des crises écologiques

Cette intervention est aussi le moment de regarder dans le rétroviseur. Ce mandat a particulièrement été marqué par des phénomènes intenses et violents. On peut nommer les inondations de 2016 impactant 570 communes, soit 30 % du territoire régional, les épisodes de gel tardif avec des impacts importants sur nos cultures, les sécheresses des trois dernières années entraînant un niveau critique de la Loire et de ses affluents, les incendies dans la Brenne… Tous ces évènements ont eu un coût pour notre collectivité. Ces phénomènes ne sont malheureusement pas prêts de s’arrêter car on annonce une baisse de 10 à 40 % du débit des cours d’eau d’ici 2050, parce que l’état écologique des milieux aquatiques se dégrade et parce que les inondations font peser la menace d’éboulements karstiques. De nombreux arbres vont mourir, certains prédisent qu’en Sologne en 30 à 50 ans, la plupart des arbres ne pourraient plus résister.

Au début, nous en parlions peu. Relisons nos comptes rendus, nos délibérations, nos débats. Quand j’interpellais sur les 15 000 scientifiques du monde entier qui nous alertaient sur le fait que 8 des limites de la planète sont atteintes, cela faisait un flop dans cet hémicycle. C’était en 2017, quatre ans plus tard nous en parlons plus, nous en parlons mieux, mais gagner la bataille culturelle ne suffit pas, il faut passer aux actes et ceux-ci doivent être de plus en plus exigeants, faute d’avoir davantage écouté les scientifiques et bon nombre de citoyens qui alertent depuis longtemps.

Bien sûr pendant ce temps, nous avons eu, et nous aurons encore, de nombreux débats sur les solutions à mettre en œuvre, mais nous vivons dans un monde aux ressources finies, c’est une réalité physique intangible, nos intelligences humaines ou artificielles ne permettront pas de contester cette réalité. Alors que l’écologie se définit comme notre façon d’habiter sur Terre en équilibre avec les écosystèmes, nous sommes aujourd’hui dans un total déséquilibre.

C’est cela que nous devons interroger : nos manières d’habiter, de nous déplacer, de nous nourrir et de renouer avec la nature. L’espoir est là et le bonheur aussi. Anticiper, accompagner ces changements, c’est devenu si pressant. Notre Région ne peut pas tout mais peut montrer l’exemple. Elle peut être cette espace où l’on peut jouer collectif, où on se connaît et se reconnaît, où on se sert les coudes pour engager ces changements et redessiner notre façon d’habiter sur Terre.

L’étude “Anticiper plus que subir”, menée par une équipe de chercheurs de l’université de Warwick au Royaume-Uni, évalue les coûts liés au dérèglement climatique à entre 40 et 210 milliards d’euros par an à l’échelle mondiale. Il est donc une vraie nécessité, aujourd’hui d’accompagner les acteurs économiques, notamment les filières d’excellence pour orienter l’ensemble de la chaîne économique vers la résilience de leur activité. Nous devons investir dans des infrastructures vertes adaptées aux aléas climatiques extrêmes et nous organiser en proximité.

🌍 Un mandat marqué par des crises sociales et des mobilisations citoyennes jusqu’ici inconnues

En 2018 et 2019, la crise des gilets jaunes a sans doute contribué à ne plus hiérarchiser crise écologique et enjeux sociaux mais à montrer le lien direct entre les deux. Il s’agit également d’une mobilisation pour les services publics, la Covid-19 n’ayant fait que montrer toute l’étendue des difficultés notamment de notre système de santé de plus en plus contracté. Les jeunes aussi ont pris ce combat à bras le corps en questionnant leur avenir face aux défis climatiques et écologiques.

Ces mobilisations ont mis en avant une demande de justice écologique et sociale, mais aussi un profond doute dans la capacité des institutions à répondre aux enjeux et à la demande d’un dialogue permanent. C’est ce que traduit, la demande de mise en place d’un Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC) comme droit d’initiative. Le « grand débat » pour sortir de la crise des gilets jaunes aura été assez marquant dans sa forme et dans la mobilisation mais beaucoup moins dans ses suites…

Dans ce mandat, nous avons expérimenté et porté, malgré les critiques et les moqueries, le message d’une démocratie qui vit partout et tout le temps : la démocratie permanente. Même si, cette fois encore, un amendement viendra proposer d’enlever les moyens qui lui sont affectés, j’ai porté cette ambition avec mes collègues pour dire que nous ne réussirons pas à changer le monde sans les gens. Nous devons nous organiser autrement, agir et décider collectivement.

On peut dès à présent se féliciter de nombreuses expérimentations et de belles réussites : états généraux, panels citoyens, numérique citoyen, dispositifs de soutien aux initiatives citoyennes, budgets participatifs dans les lycées, bientôt budget participatif climat, la transformation du Conseil Régional de la Jeunesse, la mise en place d’instances de co-construction comme par exemple la Conférence Permanente de la Culture, le lancement de la COP régionale… Nous avons fait des conventions citoyennes avant l’heure ici, mais nous devons aller plus loin et consacrer davantage de moyens pour faire vivre cette vitalité démocratique, c’est essentiel.

L’exemple de la Convention citoyenne nationale est inspirant dans son processus, beaucoup moins quand on regarde le contenu de la loi en débat. La loi Climat et Résilience n’est pas à la hauteur du travail des citoyens et ne respecte pas l’accord de Paris (ni le cadre européen : 55% d’ici 2030). De nombreuses imprécisions et exceptions dans le texte rendent relatives les mesures prises (les seuils ne sont pas toujours fixés et de nombreuses mesures dérogatoires sont présentes). On peut nommer par exemple des zones commerciales qui pourront continuer à bétonner des terres agricoles si leur superficie est inférieure à 10 000 m2… soit 80 % d’entre elles. Des exceptions pour la construction de nouveaux aéroports ou agrandissement de structures existantes, alors que la CCC demandait leur interdiction. Idem pour l’interdiction des vols domestiques entre deux villes françaises. Des propositions ne sont même pas reprises comme l’obligation de rénovation thermique des logements, la régulation de la publicité…

Il faut donc poursuivre et chercher à institutionnaliser nationalement dans la loi ces avancées démocratiques, mais également continuer à expérimenter, mettre en mouvement le pouvoir d’agir et le pouvoir de décider autrement, auxquels bon nombre de citoyens aspirent.

🌍 La dégradation continue d’un modèle économique devenu inadapté

Ces derniers mois ont été rythmés par des plans de restructuration, des licenciements, des pertes d’emplois industriels, un chômage sans décrue et une inquiétude grandissante des jeunes générations. Mais ces difficultés ne sont pas apparues seulement avec la Covid-19, elles se sont amplifiées ou révélées. Les vulnérabilités se sont fait jour, le lien entre causes et effets est devenu plus lisible.

Des filières structurantes, déjà interrogées avant la crise Covid sur leurs impacts écologiques, sont aujourd’hui durement frappées, comme l’aéronautique ou le secteur de l’automobile.

Plutôt que d’anticiper, on accompagne les crises et on relance…

Mais la transformation ne se fait pas ou faiblement. Un savant mélange de croyance technologique, de management moderne, de relance comme avant, de délocalisation où au bout du compte le modèle s’entretient sans transformation structurelle véritable. Derrière, ce sont des femmes et des hommes aux compétences multiples, aux savoir-faire qui seraient tellement utiles dans d’autres domaines : transports collectifs non polluants, transition énergétique, agriculture, résilience de nos systèmes, formation…Ce ne sont pas que des nombres, ce sont les possibles acteurs des transformations à opérer.

Il est urgent de pousser la transformation des activités, d’accompagner les transitions par la commande publique, de réorienter certaines chaînes de production comme cela s’est fait pendant la crise et d’accompagner les transitions des compétences. Il nous faut une vision à 360° de la transformation écologique. Pour cela, parions sur de nouveaux besoins, de nouvelles formes de travail et d’activités. Parions aussi sur la relocalisation. Parions sur l’économie circulaire, sur les matériaux biosourcés, sur le réemploi, sur l’écoconception… Accélérons le changement de modèle !

🌍 Et maintenant la crise de la Covid-19 et toutes ses conséquences

La crise engendrée par la pandémie de Covid-19 révèle donc la fragilité de notre système, la fragilité de nos écosystèmes, la fragilité de l’organisation de nos activités économiques.  Elle est une crise qui finalement rend visible toutes les autres de façon très immédiate.

Elle est aussi une crise écologique car elle atteint l’humain, les hommes et femmes que nous sommes et donc le vivant. Cette crise est une crise écologique car elle trouve ses sources dans les dérèglements à l’échelle mondiale de nos écosystèmes, largement causés par nos activités humaines.

Face à cela, que se passe t’il ?

🌍 Une apparente remise en cause des dogmes économiques

Nous assistons aussi à la remise en cause de certains dogmes économiques. Maintenant, tout le monde parle de relocalisation, de réduire notre dépendance aux chaînes d’approvisionnement internationale, sans avoir de plan pour ça…

Pour fabriquer localement, les écologistes proposent de doter la Région d’un appel à projets « territoires fabricants » afin de relocaliser les productions essentielles. Nous avons besoin de renforcer les logiques de circuits courts et de sécuriser les chaînes d’approvisionnement essentiel.

Il y a urgence à transformer écologiquement nos activités, à prendre soin des gens et de notre cadre de vie, à construire avec et pas contre les gens, à recréer de la confiance. Pour cela, nous avons besoin de nous organiser autrement pour répondre aux crises et pour mieux anticiper. La démocratie doit être enrichie, augmentée au regard de la démocratie permanente en région.

🌍 Une gestion de crise trop centralisée qui ne s’avère pas efficace

Face aux crises, le débat récurrent reste de savoir si l’efficacité réside dans une décision centralisée, autoritaire. Certains rêveraient même de dictature verte. Pourtant, les exemples dans le monde sont nombreux pour montrer l’inefficacité de ces voies. A cela, nous préférons la démocratie augmentée. Nous croyons dans l’intelligence collective, celle des élus locaux, des acteurs des territoires et des citoyens.

L’absence de tiers de confiance et de débats publics véritables amplifie le doute dans la valeur des décisions prises. Le conseil de défense enchaîne les allocutions télévisées dans une gestion verticale de la crise sanitaire, entraînant défiance et parfois même résignation. On banalise des régimes d’exception qui altèrent le fonctionnement normal de nos institutions. On notera que ces décisions sont extrêmement fortes, comparées à nos voisins allemands, hollandais ou danois. Décisions et contraintes parfois injustes comme pour les commerçants et les acteurs de la culture.

De ce constat découle la nécessité de mettre en place une réelle « démocratie sanitaire », afin de décentraliser et diffuser l’expertise. Les décisions sont plus solides et respectées quand elles sont l’objet de débats, d’échanges locaux entre citoyens et élus, entre citoyens et scientifiques ou au travers de conventions citoyennes, lorsqu’elles sont nourries de pédagogie scientifique indispensable pour développer une culture scientifique en conscience. Nous pouvons prendre pour exemple l’expérimentation grenobloise : un comité de liaison citoyen dédié à la Covid-19 y a été installé. Le comité aborde des questions du quotidien : l’ouverture des marchés alimentaires, l’isolement et la solitude, la réouverture des commerces, les vaccins…

Nous avons besoin plus que jamais de tiers de confiance ou de lieux tiers de cette confiance pour expérimenter quotidiennement la démocratie dans les territoires.

🌍 Et face à cela la décentralisation ne progresse pas…

On constate une forte dégradation dans les relations entre le gouvernement et les territoires. Il y a un problème de confiance. Le « grand débat » devait changer ça, mais finalement la défiance est encore là.

Nous aurions pu espérer voir avancer la décentralisation, voire la proximité, l’intelligence collective et la résilience des territoires.

Et non, la décentralisation recule, la centralisation se confirme, pourtant si peu efficace dans la gestion de ces crises.

Bien sûr l’échelon national reste important pour garantir l’équité et pour fixer nos règles communes, mais les solutions se construisent avec les territoires et les gens, la confiance doit être au rendez-vous.

Ainsi la fameuse loi « 4D » traîne dans le temps. Son contenu actuel n’est fait que de saupoudrage de responsabilités par-ci par-là. Pourtant, jamais le besoin de service public de proximité ne s’est fait si criant. Il y a un besoin important de refaire du lien, de recréer un rapport avec la nature, de retrouver un accès aux droits culturels, de se sentir humains tout simplement et de pouvoir exprimer notre humanité.

 L’annonce du Premier Ministre, à Orléans la semaine dernière, est un signe positif mais le calendrier parlementaire n’aide pas. D’un côté, nous entendons le discours du respect de ‘libertés locales », de l’assouplissement entre les échelons territoriaux, d’une meilleure organisation. De l’autre, on nous propose finalement des mesures centralisatrices, comme la reprise en main du RSA ou en matière de logement, ou encore le transfert de compétences à la carte (routes nationales) ou obligatoires (médecine scolaire). Dans ce renforcement de la déconcentration, on voit aussi une consolidation du rôle du préfet.

Dans tout cela, les propositions des Régions ont peu d’échos… Les Régions auraient, par exemple, pu devenir de vraies cheffes de file de la transition écologique. Le nerf de la guerre reste les moyens.

Quand on décentralise des compétences, il faut décentraliser les moyens et la dynamique de ces moyens. Pourtant il n’y a pas de réforme de la fiscalité en vue. Nous subissons une augmentation des coûts directs ou indirects, une érosion permanente des dotations et des compensations financières que doit verser l’Etat aux collectivités suite à ses propres décisions.

🌍 La relance, nouvelle recentralisation ?

Les Contrats pour la Relance et la Transition Écologique (CRTE) sont un exemple inquiétant d’une tentative de gestion directe de l’Etat faisant fi du travail de la Région. Ces contrats de relance se heurtent à l’idée d’une véritable transformation, il s’agit ici d’une tentative de verdissement pour diriger l’ensemble des dispositifs Etats/collectivités. Nous demandons une coordination régionale avec les CRST, instrument vertueux sur le plan social et écologique.

Tirons des leçons de la période pour restaurer la confiance. Nous avons besoin de stabilité, d’autonomie, pour les collectivités qui gèrent au mieux les infrastructures et les services du quotidien. Derrière le bras de fer technique et politique des relations financières Etat/collectivités, se joue l’efficacité du service public.

🌍 Nos débats sur cette relance sont probablement la répétition de ceux que nous aurons dans la campagne

Cette relance sera-t-elle seulement teintée de vert et de social ou profondément ambitieuse sur ces terrains, profondément consciente des risques et des enjeux ?

Nous devons prendre le virage, pas seulement le prévoir ou le commenter.

Il est temps de nous questionner sur notre réelle volonté de prendre ce virage écologique, social et citoyen. Nous ne pouvons plus accompagner le changement prudemment, en espérant que les volontés seront suffisantes. Pensons-nous sincèrement que nous pourrons amortir les terribles impacts sociaux en restant dans des raisonnements similaires à ceux qui ont toujours été à l’œuvre ? Pensons-nous que nous recréerons de l’activité économique sur les recettes d’hier fondée sur la compétitivité et l’attractivité ?

Oui, nous devons jouer la carte de toutes les coopérations en portant haut la solidarité, la redistribution et l’égalité. Oui nous devons prendre soin de nous, des autres et de nos écosystèmes et arrêter les projets contre-nature, qui jouent contre la nature. Oui il faut prioriser et notre priorité c’est l’humain, c’est la vie ! Réinventons notre démocratie pour y arriver.

🌍 Les écologistes sont solidaires dans la construction du budget mais…

Nous sommes solidaires de la construction du budget proposé aujourd’hui par l’exécutif auquel nous appartenons, sur la base d’équilibres issus de l’élection régionale de 2015. Notons tout de même que cet exercice ne fut pas le plus simple et, encore à cet instant, nous avons des discussions. Nous respectons le rôle qui est le nôtre et nous ne sommes pas la majorité de la majorité.

Toutefois, si nous sommes solidaires de sa construction, nous ne considérons pas que ce budget soit idéal.

Nous avons une décennie pour changer de trajectoire… Il y a des pas de côté et des pas accélérés vers l’avant à faire. C’est pour cela que nous avions proposé 19 mesures pour répondre à la crise de la Covid-19, elles ont été écoutées, repoussées car ce n’était pas le moment et partiellement prises en compte, nous l’entendons et le respectons. Ce plan portait une cohérence d’ensemble. Si à ce jour des sujets sont inscrits, ils le sont théoriquement : soit sans mise en œuvre effective, soit sans crédits dans ce budget primitif 2021… Nous formulerons donc des amendements sur quelques-uns de ces aspects.

Nous espérons bien sûr demain avoir l’occasion de porter haut nos propositions et qu’elles trouvent une place plus forte, notamment sur les transformations de nos activités économiques, sur les visions du « ménagement du territoire », sur l’écologie au service du quotidien et de la qualité de la vie, sur la place de la culture et l’enjeu des droits culturels, sur les mobilités…

🌍 Quelques mots pour finir sur ce budget de la relance…

Il s’agit d’un budget primitif extraordinaire : c’est le dernier de cette mandature mais aussi et surtout un budget qui permet de se projeter. Les investissements que nous votons aujourd’hui nous engagent pour plusieurs années. Il y a un risque que les chemins empruntés ne nous permettent pas le pas de côté. Nous y avons évidemment beaucoup contribué et à ce titre défendu trois orientations majeures.

🌍 Tout ce qui peut permettre de prendre soin des hommes et des femmes, des écosystèmes et contribuer à réparer la crise

Pour réparer l’économie un seul remède : prendre soin des plus fragiles. Il faut ici apporter un soutien aux acteurs économiques pendant la crise et réparer les dégâts de la crise, être aux côtés des commerçants, artisans et TPE/PME, éviter les faillites, mettre en place les dispositifs de solidarité et de soutien nécessaire. Il est aussi important d’offrir à ces acteurs des perspectives lucides.

Un soutien aux acteurs de la solidarité permet de prévenir activement face à la pauvreté. La Région est aux côtés des associations de solidarité, qui distribuent de l’aide alimentaire et accompagnent les plus pauvres afin de leur trouver des solutions. La précarité touche aussi les jeunesses. Face à cela, la Région répond par des mesures d’urgence, il faut aussi penser structurellement.

Enfin il nous revient la responsabilité de prendre soin de la vie, humaine et non humaine, de nos écosystèmes qui en sont le socle.

🌍 Mettre en œuvre une solidarité exceptionnelle avec les acteurs et lutter contre les inégalités

Cette transformation sera portée par le soutien aux entreprises pour qu’elles trouvent un modèle plus résilient de solidarité avec les salariés et une solidarité forte auprès des acteurs associatifs. L’engagement de la Région dans le dispositif CAP’Asso en est l’exemple, avec 9 millions d’euros encore cette année pour soutenir des emplois associatifs dans toute la région et concrètement participer à la vitalité des territoires, notamment le sport et la culture.

La montée en puissance des recrutements de médecins salariés permet une meilleure égalité d’accès à la santé. Cela nous tient à cœur car nous portions cette proposition en 2015 qui n’avait pas été retenue au début, mais la réalité nous a rattrapés. Elle s’avère une mesure utile, devenue mesure phare du plan santé de 2019.

Nous porterons un amendement au sujet de la culture car c’est un sujet qui nous tient à cœur, considérant que la culture est un commun essentiel en temps de crise et de repli sur soi. Espérons que ce message soit entendu pour que notre proposition de fond de soutien d’un million d’euros puisse aider les acteurs de la culture à faire de la question de la transition écologique, un objet de création. Pour réussir cette transformation, on a besoin d’enchantement, d’un imaginaire positif, de solutions créatives.

🌍 Accélérer la transformation des activités économiques et de nos manières d’habiter

La mise en œuvre du changement de modèle ne peut plus être reculée.

Nous disposons de leviers à utiliser comme par exemple celui de la commande publique, de nos politiques d’innovation, de notre politique de formation et bien sûr de nos régimes d’aides économiques.

C’est pour cela que nous avons poussé un dispositif intégré que nous avons appelé les “contrats de conversion”. Il vise la transformation de l’appareil productif par l’accompagnement à 360 degrés.

Nous devons mettre en œuvre une véritable stratégie de relocalisation, comme la crise Covid nous y invite. C’est pour cela que nous avons inscrit au budget des crédits pour un appel à projets “territoires fabricants”, pour relocaliser la production de biens et de services essentiels au quotidien.

Mais nous pensons aussi qu’il faut faire d’autres choix quant à certaines de nos aides économiques : sur l’innovation, sur des activités à empreinte écologique forte… Car c’est là que se nichent l’incohérence et l’absence de trajectoire efficace.

Nous le disons aussi, il faut réussir la transition énergétique, cela devient urgent ! Il nous faut nous mobiliser sur de vraies stratégies de sobriété, réussir la mise en œuvre des PTRE et de la rénovation énergétique de l’habitat, parier sur le mix énergétique, seule voie tenable. Ne faisons pas le pari fou du tout électrique, intenable quelle que soit la source, nucléaire ou ENR. Parions là aussi sur la démocratie et sur la relocalisation pour mettre en avant les systèmes énergétiques territoriaux.

Il nous faut continuer sur la voie de la transformation écologique des métiers, je suis heureux de voir que depuis deux ans, la Région s’y engage, ce que j’appelle de mes vœux depuis très longtemps. Utilisons cet accélérateur que constitue la COP régionale, ses 35 coalitions qui font avancer des sujets si importants pour accélérer l’évolution de nos modes de déplacements, en misant sur le train, les mobilités collectives et l’intermodalité.

Pour conclure, cher-es collègues, nous avons besoin de cohérence dans tout ce qui est entrepris, dans la transition écologique de toutes nos activités. Nous avons besoin de faire évoluer encore la méthode : décloisonner, reconnaître la capacité d’initiatives, la puissance du collectif. Nous avons besoin d’exemplarité, de la part de nos collectivités, de nos décideurs pour entraîner les changements indispensables. Nous avons besoin de transparence dans les résultats obtenus tout comme ceux qui ne sont pas atteints. Nous avons besoin de dire comment nous tiendrons les objectifs du SRADDET : zéro artificialisation nette à horizon 2030, comment atteindre 100% d’ENR pour nos consommations régionales… et ce ne sont que quelques unes des ambitions que nous avons fixées. Attention, nous n’en prenons pas totalement la voie…

Nous avons besoin d’un imaginaire qui dépasse les solutions d’hier : un autre rapport aux travail, à la richesse, aux écosystèmes, à nos vies, regarder le bonheur autrement. Beaucoup de nos concitoyens y sont prêts.

Nous avons besoin d’un nouveau souffle pour porter l’écologie et la solidarité à la hauteur des enjeux et proposer un monde plus désirable.