Carte des formations initiales à la rentrée 2019

Intervention d’Estelle Cochard

Monsieur le Président, chers collègues,

Cette carte des formations est la dernière du genre qui sera présentée dans cet hémicycle.

En effet, la loi du 5 septembre 2018 « Liberté pour choisir son avenir professionnel » rebat les cartes du système de  formation professionnelle initiale et continue.

La Région ne disposera plus de la compétence générale en matière d’apprentissage.

C’est ainsi la dernière fois que la note de cadrage est préparée de façon concertée par les partenaires habituels, Rectorat-Région-DRAAF après avoir consulté les branches professionnelles articulant ainsi les deux voies de formation : scolaire et apprentissage.

Tout d’abord, un mot sur la réforme de la formation professionnelle voulue par le ministère dont l’impact sera développé par ma collègue Sabrina Hamadi :

Notre groupe « les écologistes » sommes réservés sur la diminution des horaires pour les disciplines générales qui ne doivent pas revêtir une seule fonction utilitaire car les disciplines générales ont bien d’autres fonctions : celle notamment de permettre aux jeunes de développer leur libre-arbitre ou celle liée à l’acquisition d’une formation initiale solide et plus tard, activer les dispositifs de formation continue pour évoluer professionnellement. Mais aussi pour former le citoyen en devenir.

Nous sommes favorables au développement de l’apprentissage au sein des établissements publics, non pas comme offre de substitution, mais comme offre de formation supplémentaire et permettant des parcours mixtes, très exigeant pédagogiquement, certes, mais s’adaptant avec plus d’agilité au parcours pas toujours linéaire d’un élève/apprenti. C’est aussi une condition pour que les lycées professionnels se maintiennent leurs effectifs et par là même leurs compétences pédagogiques.

Nous approuvons les mesures qui accompagnent la création des campus d’excellence (insertion facilitée, mixité des parcours élèves, cohérence de l’offre de formation du CAP aux diplômes de l’enseignement supérieur, cursus bac-3/bac+5, formation tout au long de la vie…).
Mais leur généralisation (création de trois super-campus par région) risque de laisser pour compte la majorité des lycées professionnels et leurs élèves, et n’être qu’une « vitrine » pour certaines formations.

Concernant la réforme des lycées, mon collègue Gérard Nicaud fera part à notre assemblée de la situation plus spécifiquement des EPLEFPA. La communauté éducative de l’enseignement agricole s’émeut de l’iniquité créée par la diminution de 108h d’options, options source non négligeable de points pour le BAC et qu’au titre des spécificités de l’enseignement professionnel elles font aussi l’objet d’un plan d’évaluation certificative.

Autre conséquence de la loi du 5 septembre 2018 « Liberté pour choisir son avenir professionnel » La Région ne disposera plus de la compétence générale en matière d’apprentissage.

Privées de la taxe d’apprentissage, des Régions ont disent déjà vouloir supprimer les aides à la mobilité et à l’hébergement des jeunes apprentis.

Il n’y a pas de réponse à ce jour à la question de la péréquation entre les filières, il n’y a pas de réponse aujourd’hui à la concertation pour une carte de formation dynamique, équilibrée et diversifiée. Il n’y a pas de réponse si le le contrat prendra en compte des actions éducatives, citoyennes et artistiques comme c’est aujourd’hui le cas par la Région.

Pour la rentrée 2019, les autorités régionale et académique définissent les priorités suivantes :

– répondre à la demande sociale et aux besoins économiques des territoires (offre de formations dans secteur du BTP dans le Cher et l’Indre, bassin de vie de Chartres, offre de formation dans les filières du tertiaire et les filières sanitaire et sociale, ouvertures de nouveaux titres professionnels par apprentissage), Les besoins environnementaux auraient mérités d’être cités et identifiés.

– préserver la diversité de l’offre de formation en développant le niveau III correspond bien au besoin d’ingénierie pour activer l’indispensable transformation

Nous saluons la prise en compte, pour la rentrée 2019 des priorités du ciblage des secteurs innovants identifiés dans le SRDEII : numérique, touristique, énergie et plus particulièrement celui du développement durable.

Pourtant, si les secteurs de l’écoconstruction, des énergies renouvelables, le génie climatique et l’agriculture biologique commencent à trouver une réponse dans l’offre de formation et nous saluons ces avancées, c’est bel et bien le sujet de la transformation écologique des filières dans leur ensemble, des systèmes de production, et des pratiques professionnelles pour lesquels il y a un enjeu.

Cet enjeu exige d’accentuer encore davantage l’effort de formations en la matière mais aussi la structuration et l’articulation, la connexion des formations entre elles et leur répartition homogène sur tous les territoires de notre Région.

Il nous semble ainsi essentiel de soutenir les innovations pédagogiques en matière de transition dans ces filières.

Si on prend l’exemple du secteur agricole, notre région s’est dotée, il y a maintenant un an, d’une stratégie alimentaire de territoire. Elle aura les moyens de ses ambitions si elle peut s’appuyer sur une filière de formation agricole elle aussi ambitieuse et créative.

Enfin, pour que cette carte des formations s’adresse de façon exhaustive à tous les publics, la politique menée devra développer les partenariats favorisant l’inclusion des personnes handicapées mais aussi des mineurs non accompagnés, et ceci articulé dans chacune des voies de formation.

Le quadripartisme et la concertation devront rester un point fort en Région Centre Val de Loire pour l’élaboration d’une carte prenant en compte les 3 voies de formations : initiale sous statut scolaire, initiale par apprentissage et formation professionnelle continue, quand bien même la Région n’a plus la compétence pour l’apprentissage.

Les enjeux citoyens, démocratiques, environnementaux, sociétaux et économiques le nécessitent et nous parions sur l’intelligence collective de l’ensemble des partenaires pour y parvenir.