Carte des formations à la rentrée 2018

Intervention d’Estelle Cochard

 

Monsieur le Président, chers collègues, 384 places créées en apprentissage et 66 ouvertures de places sous statut scolaire proposées à l’Education Nationale, c’est une carte qui traduit un réel engagement de la Région Centre-Val de Loire, mais qui confirme un retrait progressif de l’Etat par le déséquilibre évident entre les 2 voies et notre groupe le regrette. Nous réaffirmons que ces 2 voies sont complémentaires et encore plus quand elles sont proposées en mixité dans un même établissement pour une même formation, offrant ainsi un choix de parcours adapté aux apprenants.

Cette carte l’illustre en Eure-et-Loir par l’ouverture au CFA Académique UFA Maurice Violette à Dreux de 8 places en apprentissage Bac Pro Gestion en administration qui complète l’offre existante sous statut scolaire dans ce même établissement. Mais encore par l’ouverture dans le Loiret de 3 places en apprentissage, BAC Pro en technicien-ne de maintenance des systèmes énergétiques et climatiques au CFA Académique UFA Château Blanc à Châlette-sur-Loing.

Essaimer cette mixité, c’est ce que nous souhaitons. Mixité aussi des statuts des apprenants pour une même formation. L’expérimentation de l’apprentissage jusqu’à 30 ans en Centre-Val de Loire favorise cette mixité. Les formations sanitaires et sociales sont précurseurs de cette mixité depuis plusieurs années et les résultats sont plus qu’encourageants en la matière et au-delà de la mixité l’enrichissement personnel et professionnel que cela apporte aux apprenants.

Le large panel des niveaux de qualifications est aussi un réel atout.

Cette carte voit le développement de 5 formations labellisées en aéronautique dans le cadre du cluster aéronautique, nous n’y sommes pas opposés. Pour autant, nous nous interrogeons sur la pertinence de favoriser le développement d’une filière au regard de son impact sur l’environnement et donc entre en contradiction avec les enjeux climatiques.

Nous saluons l’ouverture de 3 formations labellisées en lien avec le développement durable et la rénovation énergétique 46 places au total. Pour autant, cela ne nous semble pas à la hauteur des ambitions que nous nous nous sommes données en matière de transition dans notre schéma régional économique ou dans les ambitions du CPRDFOP.

Comme nous l’avons à plusieurs reprises proposé, nous pensons qu’il serait utile que notre région se dote d’un Campus des métiers et de la qualification de la transition avec des formations aux éco activités serait à la hauteur de ces enjeux.

Selon la définition du ministère, les éco-activités, c’est l’ensemble des formations directement appliquées à la préservation de l’environnement au sens classique du terme (eau, air, déchets y compris la récupération, odeur, bruit…) de manière préventive ou curative, à l’efficacité énergétique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre et aux énergies renouvelables. Il agirait ainsi comme un véritable levier régional en faveur de la transition écologique et énergétique et lieu ressource pour le monde économique, pour les collectivités et pour les citoyens.

Il est souvent convenu de dire que ces formations liées à la transition sont souvent diffuses. Il n’en est rien. Ces formations sont aujourd’hui répertoriées. Le CEREQ Centre d’Etudes et de Recherches sur les Qualifications a fourni le 30 janvier 2017 une analyse emploi/formation des transitions énergétique et écologique et l’ONEMEV (l’Observatoire National des Emplois et Métiers de l’Economie Verte) a pour une de ses missions principales l’identification des compétences et l’analyse de la relation emploi-formation dans le cadre des métiers liés à l’environnement et à la transition.

Nous rejoignons l’avis du CESER qui indique que pour construire des parcours d’insertion de réussite, pour les publics les plus en difficulté souhaitant s’engager dans la voie de l’apprentissage, il existe peut-être des sas à créer en amont de certaines formations de niveau V.

Enfin, la Région doit veiller à l’équilibre entre l’acquisition d’un savoir-faire et des savoirs fondamentaux afin que chaque apprenant soit en capacité d’actualiser sa pratique et de s’adapter aux évolutions de la société.