Choix d’implantation des deux nouveaux lycées

Intervention de Charles Fournier

Si nous en sommes aujourd’hui à voter un rapport sur l’implantation des lycées, c’est qu’il nous faut confirmer, ou plutôt affirmer, les positions que nous avons depuis le début, à savoir deux implantations : l’une dans l’Eure-et-Loir et les franges franciliennes et l’autre à Châteauneuf.

C’est un message supplémentaire que nous envoyons au Gouvernement et à l’État sur ce sujet. Ce qui est attendu de ce rapport, et c’est la raison pour laquelle nous en acceptons le caractère urgent, c’est de redire, avec une unanimité comme nous l’espérons, que ce choix d’aménagement du territoire est équilibré pour rendre la vie de nos lycéens plus simple, pour limiter les déplacements et pour des préoccupations d’environnement qui vont avec. Selon toutes les études réalisées, Châteauneuf est un bon choix. En même temps, une pression reste sur la métropole et il faut trouver cet équilibre.

J’invite à la même réflexion concernant l’Indre-et-Loire. Actuellement, si les extensions suffisent, peut-être faut-il avoir aussi un regard d’aménagement du territoire et peut-être devons-nous affiner le travail de prospective que nous effectuons sur les effectifs scolaires ; nous voyons que c’est un vrai sujet compliqué, à l’échelle des villes comme à celle des agglomérations.

Nous n’avons pas fini avec le sujet. Nous ne sommes pas dans les mêmes niveaux à Blois mais des questions peuvent se poser aussi, parfois pas uniquement à propos de nos établissements scolaires mais de leurs internats qui subissent une pression, du fait d’une incapacité à accueillir tous les lycéens.

Nous sommes devant un sujet très important. Évidemment, cela fera un peu lien avec les débats que nous aurons sur les orientations budgétaires. Nous sentons bien que tout est guidé par notre « capacité à faire » mais également que la position de l’État est un peu guidée par les moyens. Globalement à tous les niveaux, c’est l’incapacité à répondre à la mission essentielle qu’est l’éducation.

La position de la rectrice et, à travers elle, de l’État est une sonnette d’alarme. Je crois dramatique que nous ne soyons pas en capacité d’adapter nos établissements scolaires au regard de l’augmentation des effectifs. C’est une réalité, il faut la regarder en face.

Ajoutez que l’aménagement du territoire est un sujet essentiel. Chacun verra midi à sa porte mais nous avons un regard d’élus régionaux. Ma position est celle d’un élu régional, pas d’un élu du Blésois, ni de tel ou tel territoire. Nous devons avoir un regard équilibré de l’aménagement du territoire.

Nous partageons les deux propositions faites mais nous voudrions aussi dire que c’est l’occasion d’avoir une réflexion, elle est engagée, et d’aller jusqu’au bout sur ce que devront être nos établissements scolaires de demain : le lycée du futur, le CFA du futur. Benoît Faucheux interviendra sur cet élément. Il est indispensable de profiter de cette occasion d’avoir un démonstrateur de ce que sera le lycée de demain. Même si les moyens sont contraints, nous devons en faire un lycée exemplaire d’un point de vue énergétique et environnemental, autour du gaspillage alimentaire, des déplacements, de l’accès à vélo. C’est un vieux sujet : comment peut-on se rendre dans un lycée simplement à vélo ? Comment rend-on la vie facile avec tous les modes de déplacement doux pour accéder à un lycée ?

C’est l’occasion d’avoir une vraie réflexion sur la manière dont un lycée est implanté dans son territoire. Nous avons lancé un très beau dispositif dans la précédente mandature qui s’appelait CiT’Lycées, qui reposait sur une idée qui me semble toujours d’actualité : un lycée est une opportunité pour un territoire mais un territoire est aussi une ressource pour un lycée. Tout en respectant la sanctuarisation nécessaire de la mission de l’éducation, nous pouvons
encourager les interactions entre le territoire et son lycée. Ainsi, faisons de ce lycée une vraie opportunité pour penser les lycées de demain.

Notre groupe soutiendra votre proposition, espérant qu’elle se stabilise et que l’État donnera son accord sur la proposition d’un lycée de taille modeste, complété par des agrandissements dans l’agglomération d’Orléans. Le sujet dans l’Eure-et-Loir semble remporter un accord plus large.