Portrait Chantal Rebout

Consommer les produits alimentaires de la région Centre : d’une volonté politique à des actions

Intervention de Chantal Rebout

 

Monsieur le président, madame la vice-présidente, chers collègues, dans la communication qui nous est présentée, il ne vous a pas échappé que les lycées sont cités comme étant un des vecteurs de réussite du travail mené par cette majorité pour faire de notre Région un territoire plus « consomm’acteur ».

Car, les consomm’acteurs, potentiellement, dans nos lycées, sont en nombre suffisant pour agir efficacement dans le sens d’une promotion d’une agriculture et d’une alimentation respectueuses de la terre, économe en carbone, saine et traçable.

Michelle Rivet y a fait allusion. La récente découverte du périple de certaines lasagnes souligne l’absurdité d’un monde qui pense pouvoir spéculer à l’infini sur ce qui constitue non seulement un droit : celui de se nourrir en toute confiance, mais aussi un devoir : celui de regarder d’un peu plus près nos pratiques alimentaires, d’interroger nos habitudes de consommation, et leurs effets.

Et c’est pourquoi, forts du potentiel des 70 000 lycéens, demi pensionnaires ou internes qui fréquentent les restaurants scolaires des 100 lycées de la Région Centre, nous avons décidé d’agir dans le sens du rapprochement prôné par la communication, entre consommateurs et producteurs, et, plus précisément de promouvoir la consommation de produits bio dans les 10 millions de repas servis par an.

Nous avons la chance d’avoir pour la grande majorité des établissements, des cuisines autonomes, dans lesquelles officient plus de 1000 agents de la collectivité, qui sont autant d’acteurs et de lieux ressources pour la mise en pratique de nos politiques en matière d’alimentation.

Nombre d’entre ces restaurants (plus de la moitié) sont signataires de la charte Self O Centre qui les engage à travailler sur la saisonnalité des produits, la variété de l’offre en légumes et fruits, la sélection de produits sans OGM, tandis que la Région s’engage à faire de ces lieux un espace convivial et agréable à vivre pour la pause méridienne des convives, et un lieu de travail fonctionnel et valorisant.

Cette démarche, de mon point de vue, marque une première étape de sensibilisation, de formation et de mise en valeur des pratiques.
Pour nous, l’augmentation de la part de bio dans la restauration scolaire en lycées, est étroitement liée à la notion de proximité. Il ne s’agit pas seulement, comme je le disais, de manger sain il s’agit aussi de manger moins carboné !

Pour y arriver, il nous faut avancer simultanément sur plusieurs critères de réussite :
– les politiques d’achats de denrées et la rédaction des marchés ; 
– la formation des personnels de cuisine ; 
– la sensibilisation des usagers ; 
– les actions de valorisation des pratiques et des initiatives.

Agir sur l’achat des denrées alimentaires et la rédaction des marchés afin de lever les obstacles et de rapprocher les lycées des lieux de production, constitue une étape essentielle pour changer les contenus des menus. 
L’élaboration de groupements d’achats dans des périmètres géographiques correspondant à des bassins de vie scolaires, en concertation avec les départements, a fait l’objet d’un travail débuté en 2012, et abouti dans le département de l’Eure-et-Loir. Qu’il me soit permis d’exprimer ici le souhait que l’intérêt général prévale aux dialogues engagés dans d’autres départements, sur des considérations partisanes et claniques … 
La rédaction des cahiers des charges des marchés fait partie des outils qui nous permettent progressivement d’introduire une plus grande part d’achats bio dans les commandes des établissements. La relation avec la plate-forme d’achats bio Self Bio Centre devrait en être facilitée.

Former les personnels de cuisine est indispensable à l’introduction d’aliments jusqu’ici moins couramment utilisés, à l’évolution des pratiques culinaires pour les préparations comme pour les cuissons. L’expérimentation menée sur le gaspillage alimentaire (sur laquelle je reviendrai) a mis en lumière l’importance du rôle des chefs de cuisine sur l’évolution des comportements et des envies de leurs convives. A la rentrée 2013, nous serons en mesure de proposer une formation « Cuisinez bio » à ces personnels et d’ores et déjà, nous organisons avec eux, des échanges de bonnes pratiques.

Sensibiliser les usagers, comme pour l’efficacité énergétique, est le fil conducteur de nos réflexions et de nos actions. Rien ne peut aboutir sans ce moment. Saadika Harchi évoquera plus précisément le rôle en la matière du dispositif Prévention Santé, sur son axe Alimentation. Je voudrais quant à moi rappeler que la refonte de Lycéens Citoyens en proposant parmi ses possibilités un cadre d’intervention Agenda 21 permet à 12 établissements de se lancer dans la démarche. Les travaux engagés interrogent les relations nord sud, l’impact des modes de consommation européens sur des productions éloignées, les enjeux agricoles et environnementaux et les actions contre tous les gaspillages. 

Au sujet du gaspillage, je souhaite aussi vous rappeler l’expérimentation co financée par la DRAF, menée dans 4 établissements en 2012, et, plus précisément dans les restaurants. La caractérisation des déchets, leur pesage, l’énoncé des résultats obtenus ont permis d’estimer à environ 26000 euros par an et par établissement le montant des économies potentielles ! Il ne s’agit pas de stigmatiser nos établissements, car cette expérimentation a montré aussi les capacités de chacun à trouver des solutions pour réduire drastiquement ses déchets alimentaires (compost, présentation différente de certains plats, affichages…). Rapport britannique…

Ne pensez vous pas que les économies induites par une réduction effective du gaspillage pourraient être investies dans des achats de denrées produites selon des critères exigeants et à proximité des acheteurs ?

Tout est lié, je l’ai dit. C’est pour cela que nous menons ces politiques ensemble et dans une même volonté. Ainsi 2013 sera une année importante de validation et de montée en puissance de nos actions en faveur du bio local dans nos restaurants scolaires. 
Si en France tout finit par une chanson, c’est certainement parce que tout a commencé par un repas ! D’ailleurs, ce moment gastronomique n’est-il pas devenu patrimoine mondial ? Aussi, monsieur le président, chers collègues, madame la vice présidente, j’ai le plaisir de vous inviter au printemps prochain, à participer à des rencontres bio apéritives dans des établissements dans chaque département .
Je souhaite faire de ces moments de convivialité des instants forts de valorisation du travail des chefs de cuisine, d’échanges et de réflexions entre parents, élèves, équipes et producteurs autour de produits bio locaux.