Portrait Chantal Rebout

Contrat de plan régional de développement des formations professionnelles (CPRDFP)

Intervention de Chantal Rebout 


Monsieur le Président, chers collègues, « bâtissons ensemble une région apprenante ». C’est par cet appel que commence le second volet du CPRDF…P.

Le contrat cosigné par la Région et l’Etat stipule que : « la formation générale initiale est le fondement de l’orientation et de la formation tout au long de la vie, gage d’un épanouissement personnel et d’une insertion dans notre société ».

Je ne peux que me réjouir de cette affirmation, ainsi que de la volonté affichée par notre collectivité d’atteindre cet objectif en collaboration avec les acteurs de l’éducation, les partenaires sociaux, les associations, les parents.

Je ne peux que m’en réjouir et pourtant je suis inquiète !

A l’heure où le lancement de la plate forme de lutte contre le décrochage scolaire fait apparaître plus de 8000 jeunes « perdus de vue », je m’interroge sur le bien fondé et surtout le bien mené de réformes comme celle des STI ou des Bac Pro, qui sous couvert d’élévation du niveau de formation, semblent ignorer la réalité du parcours éducatif de beaucoup de jeunes.

Que penser de réformes menées tambour battant sans concertation avec les principaux intéressés que sont par exemple les enseignants, mais aussi les parents ?

Prenons la réforme des STI (sciences et technologies de l’industrie) ; outre le fait que cette réforme censée – je cite les représentants de l’Etat – avoir un impact budgétaire proche de 0, coûte finalement à notre collectivité près de 3 millions d’euros.

Outre ce détail budgétaire, révélateur d’une certaine conception du partenariat, que penser d’une réforme qui transforme un enseignant d’électronique en professeur de : mécanique, génie des matériaux, productique, électrotechnique, physique appliquée, architecture, etc… !

Savez-vous que cela suppose pour cet enseignant environ 480 heures de formation en présentiel ou distanciel, sur quelques mois ? Le tout en continuant à donner ses cours !

Dès lors, comment ne pas s’inquiéter du sort des élèves, ceux là mêmes qui sont supposés acquérir un niveau plus élevé de formation, ou de ceux de seconde qui doivent bénéficier d’accompagnements personnalisés lorsque 16 000 postes sont supprimés à la rentrée prochaine dans l’éducation nationale ?

Début mars, 128 personnes de l’Education nationale, décorées des palmes académiques les ont renvoyées à leur ministère de tutelle en signe de protestation contre une «Education nationale qui souffre de plus en plus d’une politique où la logique comptable et la notion de rendement ont pris le pas sur toute réflexion pédagogique et sociale»,

Le CPRDFP réaffirme l’engagement de «mobiliser les moyens nécessaires», mais ne s’agit-il, y compris pour la formation initiale, que des moyens consentis par les collectivités territoriales ?

Un rapport du CEREQ datant d’avril 2011souligne l’importance du diplôme comme étant la meilleure arme des jeunes contre le chômage, à fortiori en période de crise. Pour les non diplômés, le taux de chômage atteint 40%, il est de 9% pour les diplômés du supérieur.

Mais cet accès aux diplômes n’est possible qu’à certaines conditions :

  • l’acceptation par le système éducatif de la nécessité pour certains jeunes de procéder par palliers. Et c’est pour cela que, bien loin de penser que les CAP ne sont que «des passeports pour le chômage», nous nous prononçons pour un maintien de cette offre dans certaines filières, assortie d’un maillage fin du territoire en terme de formations. Les coups de pied au derrière ne servent souvent qu’à faire trébucher ceux qui les reçoivent, rarement à les faire avancer !

  • Le maintien d’un encadrement de qualité, pédagogique et d’accompagnement dans les établissements d’enseignement public. A la rentrée 2010, 15000 enseignants ont débuté leur carrière en n’ayant reçu quasiment aucune formation pédagogique !

Il y a quelques jours, je recevais dans cet hémicycle, une classe de lycéens afin d’échanger sur le rôle de la collectivité régionale, il était question d’orientation, d’équipements, de manuels, de matériel informatique quand une jeune femme a posé la question suivante : « et l’humain dans tout ça, est-il appelé à disparaître ou à être inutile ? »

Il paraît qu’on n’est pas sérieux quand on a 17 ans ! Pourtant c’est bien la question de cette lycéenne qui doit guider l’esprit de ce contrat de partenariat avec tous ceux qui entendent faire de la région Centre, certes une région apprenante, et donc une région accueillante, bienveillante, concertante.

C’est à la condition d’une entente sur les principes et les moyens mis en commun que le sérieux de notre démarche permettra aux jeunes et aux adultes de cette région d’y travailler et de s’y épanouir.

 

Session des 23 et 24 Juin 2011
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Rapport : Contrat de plan régional de développement des formations professionnelles

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Annexe : Contrat de plan régional de développement des formations professionnelles