Portrait Jean Delavergne

Coopération avec la Région des Pays de la Loire

Intervention de Jean Delavergne

 

Messieurs les présidents, chers collègues, les élus écologistes se félicitent de l’accord de coopération interrégionale mis au point entre nos deux régions le 20 avril dernier. Cet accord, qui s’inscrit dans la continuité de celui signé en 2006, entérine et consolide des coopérations anciennes structurantes et durables  entre notre  Région et celle des Pays de la  Loire.

Comme ils ont tenu à le manifester dans un communiqué commun la semaine dernière, les groupes écologistes des deux Régions concernées approuvent bien évidemment le principe de cette démarche de coopération interrégionale. Ils se félicitent en particulier des collaborations mises en avant dans l’accord autour de la Loire à vélo, de la « Mission Val de Loire » ou encore du PNR Loire-Anjou-Touraine, mais aussi de nos coopérations en matière économique, ferroviaire, touristique ou encore de coopération internationale.

Les élus écologistes des deux Régions ont cependant regretté qu’il ne soit pas fait explicitement référence au « Plan Loire Grandeur Nature » et plus largement aux écosystèmes fluviaux dans le protocole d’accord du 20 avril. Le « Plan Loire Grandeur Nature » est pourtant la véritable stratégie de préservation et de valorisation de cet inestimable patrimoine. Et il y a comme un « acte manqué » dans l' »oubli » de cet élément naturel qui unit nos deux régions, l’oubli de ce fleuve vivant… dont par ailleurs nous nous sommes quelque peu disputés la référence dans les dénominations de nos Régions… Oui, la Loire c’est la Loire à vélo, la Loire des Châteaux, les vins de Loire, … c’est surtout les hommes et les femmes qui ont construit leur vie sur ses rives et celles de ses affluents, mais la Loire c’est tout de même aussi un formidable fleuve encore en grande partie sauvage dont nous devons préserver les écosystèmes.

Les trois premiers « Plans Loire » ont permis de réviser le programme d’aménagement de la Loire en abandonnant la logique des aménagements lourds et en mettant l’accent sur la prévention des crues sans barrages et sur la sauvegarde du patrimoine naturel. Des connaissances nouvelles ont été acquises, la conscience collective du risque d’inondation et de la nécessité de s’adapter aux milieux naturels s’est améliorée, les actions de restauration des milieux humides et des poissons migrateurs se sont poursuivies, la Loire à vélo a permis une nouvelle forme de mise en valeur des régions traversées. Au bout du compte, à l’échelle du bassin, une solidarité ligérienne a été développée.

C’est ainsi qu’un quatrième « Plan Loire Grandeur Nature » a pu être mis en place pour la période 2015-2020, justement grâce à la volonté politique des différentes Régions du bassin de la Loire, qui ont su se mobiliser collectivement afin d’obtenir d’abord des crédits européens au titre du FEDER, puis du Contrat de Projet Interrégional Etat-Régions (CPIER).

Un véritable changement de paradigme s’est opéré en une vingtaine d’années. Hier on tournait le dos au fleuve, on voulait le canaliser, le « barragiser »… Aujourd’hui on cherche avant tout à en préserver et à en valoriser les équilibres naturels. Soyons-en fiers et portons haut ce patrimoine vivant !

Par ailleurs, à propos de cette communication, on ne peut bien sûr pas évoquer la coopération interrégionale aujourd’hui sans revenir sur la réforme territoriale qui est malheureusement bien loin du « 3ème acte » attendu de la décentralisation.

L’existence même de notre coopération et sa vitalité font bien la preuve que la fusion de nos collectivités dans des méga-régions n’était pas d’une absolue nécessité : la coopération interrégionale existe bien depuis de nombreuses années sans cela.

A l’heure où les Régions qui vont fusionner commencent à affronter les problèmes, à commencer par la détermination de leur capitale, mais plus gravement les questions de réorganisation des services régionaux et préfectoraux conduisant à de sérieuses craintes d’éloignement des centres de décision des acteurs. Je ne peux m’empêcher de penser à la Creuse, voisine de l’Indre qui désormais devra attendre les décisions de Bordeaux !

Nous ne pouvons que rappeler que, quasiment seuls dans cette assemblée, nous avons dénoncé les mirages des divers mariages plus ou moins forcés qu’on voulait nous voir conclure. Malheureusement encore une fois, ce qui restera de ces réformes territoriales, outre des fusions contestées de Régions, c’est la montée en puissance des métropoles au détriment à notre avis d’un réel aménagement équilibré du territoire entre les pôles urbains et le monde rural tel que la Région Centre a su le conduire depuis de nombreuses années et en particulier ces 5 dernières années.

Mais au-delà de la question des Régions et du poids des métropoles, ce qui nous paraît finalement le plus négatif c’est sans doute d’avoir privé nos concitoyens de la possibilité de participer à une réelle démocratie de proximité en n’instaurant pas des élections au suffrage universel direct des conseil de communauté de communes et d’agglo que nous préférons appeler communautés de bassin de vie.

Alors oui, demain, c’est un fait, la région Centre-val de Loire devrait être parmi les plus « petites » régions. Rappelons tout de même qu’elle sera toujours plus grande que la Belgique… Certains ont sans doute des complexes et proposent du coup de voir tout « en grand ». Nous sommes persuadés que ce n’est pas ce qu’attendent nos concitoyens : ce qu’ils veulent c’est pouvoir vivre dans des territoires vivables, équilibrés, résilients. Mais bien évidemment aussi des territoires ouverts sur le monde qui les entoure et qui recherche la coopération avec les autres plutôt que la compétition et la concurrence sauvage.

Nous approuvons donc cette démarche de coopération interrégionale. Elle n’a pas bien sûr pas vocation à être menée uniquement entre Pays de la Loire et Centre-Val de Loire mais elle se développe également avec les autres Régions voisines, comme l’exemple du POI FEDER Loire et du CPIER Loire le prouvent bien.

Pour résumer d’un slogan ce que je souhaitais vous dire  : mettons la coopération et le lien avec la nature au cœur de toutes nos politiques !