COP régionale : orienter la recherche vers des problématiques liées au dérèglement climatique

Intervention d’Alix Téry-Verbe

Intervention complémentaire Rapport COP Alix Tery-Verbe

Le jugement du tribunal administratif de Paris dans le cadre de « l’Affaire du Siècle », évoqué par ma collègue Sabrina Hamadi, et les nouvelles alertes des scientifiques sont des nouvelles piqûres de rappel qui doivent nous interroger. Sommes-nous, en tant que collectivité, à la hauteur des enjeux ? Et est-ce que nous aussi nous n’aurons pas un jour à répondre de nos insuffisances, de notre manque d’audace politique ? Car malgré nos efforts, n’allons-nous pas tout de même droit dans le mur ?

Nos différentes politiques régionales sont-elles en adéquation avec les engagements de la COP ? Ne devrions-nous pas aller encore plus loin et plus vite ? Cette COP régionale ne mériterait-elle pas plus de moyens humains et financiers ?

L’effondrement climatique n’est pas la seule urgence, certes, mais c’est le combat politique central qui conditionne tous les autres enjeux de notre société, tels que la justice sociale, l’extinction de la biodiversité, la transformation de notre économie ou encore le renouveau de notre démocratie. L’enjeu de ce défi inédit dans l’histoire de l’humanité est tout simplement la survie de notre société et la survie d’une partie de l’humanité.

Il ne faudrait pas que nous nous retrouvions nous aussi à devoir nous expliquer un jour :

  • parce que nous n’aurions pas assez pris conscience de l’ampleur des transformations nécessaires à mettre en œuvre,
  • parce que nous aurions relégué la question climatique derrière la question économique,
  • parce que nous aurions pas eu le courage politique d’arrêter et de transformer certaines activités,
  •  parce que nous n’aurions pas assez mis de moyens pour diminuer drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre,
  • parce que nous aurions manqué de cohérence en voulant poursuivre nos modes de vie actuels sans les remettre en cause et en mettant le progrès et la technique comme seules solutions.

Faisons face avec ambition à l’urgence climatique et ne nous trompons pas sur la voie du changement à prendre, une voie nécessitant un changement de modèle, un changement de paradigme, qui nous oblige à revoir nos priorités.

Tout à l’heure, nous aborderons le sujet de la recherche avec le rapport Ambition Recherche Développement.

Je me permets de faire le lien dès maintenant entre les problématiques soulevées par la COP régionale et la nécessité d’orienter la recherche sur les problématiques liées au dérèglement climatique dans l’intérêt de toutes et tous !

Lors d’une inauguration, j’ai été assez troublée par ce que le directeur de la structure accueillante affirmait. Je l’ai été encore plus lorsqu’il a précisé que c’était une demande appuyée du Conseil régional ! Il était explicitement demandé aux porteurs de projets d’orienter leurs recherches pour satisfaire les entreprises locales et que la Région soutenait les projets de recherche presque exclusivement si cela répondait aux intérêts et au développement économique des entreprises régionales.

STOP ! Il est temps de s’arrêter, de s’éloigner et d’avoir une vision d’ensemble.

C’est ce que nous demandons en tant qu’écologistes. Une vision globale et une action locale. Il est temps d’arrêter de vouloir se développer indéfiniment pour toujours plus de bénéfices financiers.

Il est impératif de se poser la question suivante : quel intérêt, pourquoi, pour qui ?

Si cela sert l’intérêt général, alors le développement économique peut être enclenché, qui consolidera ce même service d’intérêt général, par de la création d’emplois par exemple ! C’est le cas avec les énergies renouvelables qui ont l’intérêt, au-delà du service rendu, de l’énergie produite, d’être un réservoir d’emplois bien plus important que les énergies fossiles dont le nucléaire.

Et servir l’intérêt général, cela sous-entend également l’intérêt général des générations futures bien sûr !

Nous devons tirer les enseignements d’une situation paradoxale : nombre d’activités humaines inventées dans un souci de progrès, pour le bien de l’espèce humaine, semblent se retourner finalement contre nous du fait de fonctionnements écosystémiques mal compris et non anticipés… Il est urgent de changer de mode de raisonnement car l’anthropocène voit l’accélération des atteintes à la biodiversité, des disparitions d’espèces en masse dont l’espèce humaine pourrait à terme rejoindre la liste.

Mais nous reviendrons sur cette problématique tout à l’heure quand nous aborderons le rapport Ambition Recherche Développement. Je vous remercie.