Premier Accord de la COP régionale

Intervention de Sabrina Hamadi

Nous arrivons au premier accord de la COP régionale pour passer « de l’ambition à l’action, pour une région plus résiliente face au dérèglement climatique ». C’était un acte politique fort de notre Région de lancer la dynamique de la COP en janvier 2019. Le groupe écologiste est fier de l’initiative prise par Charles Fournier en tant que vice-président à la transition écologique et citoyenne. J’ai le plaisir d’être déléguée à la COP à ses côtés et nous tenons à remercier le président et les vice-présidents qui ont porté cette dynamique.

Le dérèglement climatique n’est plus un phénomène lointain qui toucherait les pôles ou bien l’autre bout de la planète. Ce n’est plus seulement l’Amazonie qui brûle, mais bien l’année dernière la Brenne, cette année la Sologne qui voit par ailleurs mourir sur pied ses arbres. Le dérèglement climatique dans notre région, ce sont aussi des inondations sans précédent en 2016, des impacts désormais irréversibles du réchauffement climatique sur la Loire et une forme d’inconscience collective : nous semblons désormais nous remettre au destin pour passer chaque période d’étiage.

Notre Région a pris au sérieux la menace climatique en mettant tous les partenaires autour de la table. Merci à WWF France, à l’ADEME, à la Banque des Territoires et à la Présidente du Conseil Scientifique d’avoir accepté de relever le défi avec nous d’animer cette conférence des parties.

Il n’y avait pas besoin de retracer de cap :il est tout tracé dans le SRADDET, pour lequel notre groupe s’est pleinement investi. L’enjeu était bien de passer à de l’action, au concret ! La Région s’est pleinement investie quant aux urgences sociales et climatiques : à la fois pour une COP interne et ses politiques publiques, mais aussi pour amplifier la mobilisation et l’action de toutes et tous sur le territoire régional.

Cet accord est le fruit d’acteurs du territoire durant 18 mois pour arriver avec des actions concrètes sur les territoires. Merci aux citoyens et aux acteurs du territoire de s’être mobilisés et de s’engager dans cet dynamique.

Nous avons pu voir la volonté du panel citoyen, des COPérateurs, des associations qui ont participé au livre blanc, des acteurs de tout horizon qui ont pris des engagements ou qui participent à des coalitions, des membres du conseil scientifique, des partenaires financiers, le CESER… de prendre leur part dans cette aventure. 

Un hommage particulier aux jeunes, qui sont très nombreux à se mobiliser dans les lycées et les universités mais aussi au CRJ, au Conseil Académique de la Vie Lycéenne, au sein de la Fédération des Maisons de Lycéens et qui sont bien conscients que le monde de demain est le leur.

Je me permets un petit détour pour illustrer quelques engagements, car ils donnent un visage à l’action :

  • Dev’up s’engage à lancer un plan de formation auprès des développeurs de la région, pour accompagner le secteur économique
  • La SARL COVALI s’engage à revaloriser plus de 100 000 tonnes de tonnes de déchets de BTP par an
  • La Chambre d’agriculture participe avec Végépolys à la Coalition pour l’autonomie protéique régionale
  • STI centre s’engage dans la transition énergétique de sa flotte d’autocars
  • La Région pilote une coalition pour la formation, l’emploi et la transition énergétique
  • De nombreuses communes s’engagent dans l’opération Objectif Climat 2030 pour une meilleure gestion de l’eau, la réduction de l’imperméabilisation et l’adaptation au changement climatique
  • L’association Unis Cités s’engage à lancer un réseau régional de jeunes en services civiques ambassadeurs du climat
  • Plus de 250 engagements à ce stade…

Nous voyons déjà que les engagements des uns viennent nourrir les imaginaires des autres : la COP a cet effet démultiplicateurs des initiatives inspirantes.

Pour cette première étape de la COP, nous avons incité de nombreux leviers pour impliquer tous les acteurs dans la transition et participer à changer le monde qui nous permettent de franchir une étape importante, mais nous  aurions pu aller plus loin pour ce premier cycle. La crise via le Covid-19 a bouleversé en profondeur nos vies et est venu percuter la démarche. Elle l’a percuté à deux titres.

A la fois en freinant le processus :

  • par le confinement, avec de vraies répercussions sur la mobilisation, par de nombreuses manifestations ou regroupements qui ont du être reportés à l’image des journées fondatrices du réseau des COPérateurs initialement prévues en mars qui se sont tenues finalement en juillet.
  • De même le report des élections municipales, avec un véritable impact sur l’engagement des conseils municipaux. Beaucoup d’entre eux pourront formaliser leurs engagements dans les semaines et mois à venir, c’était bien l’idée du processus continu avec un Accord tous les 2 ans.

Mais aussi en accélérant les envies de transformation : elle a pu mettre à nu de nombreuses vulnérabilités de notre modèle, qui ont amené nombre d’entre nous à reconsidérer nos modes de consommation mais plus en profondeur elle a aussi bouleversé nos imaginaires pour nos modes de vie, rebalayer nos priorités. On a pu observer une évolution des consommateurs pour des produits plus responsables, pour des productions locales. Nous avons vu la multiplication des initiatives locales et solidaires porteuses d’écologie. Cette crise a affirmé la nécessité d’un changement de modèle, d’une relocalisation de nos activités et d’agir pour la résilience de nos territoires. Il s’agit d’accompagner des transformations qui ont commencé à s’opérer et de trouver les voies pour transformer en profondeur.  

Selon une étude récente, 60 % des français ne veulent pas après cette crise que ça recommence comme avant, mais 30 % seulement pensent que ce changement peut avoir lieu. La COP replace l’intérêt général au cœur des préoccupations, trace un chemin collectif, permet de se donner un horizon commun et un espoir qui pour certains reste à reconquérir. C’est un des défis que nous avons à relever collectivement.  

A l’heure de l’adoption de ce premier accord de la COP régionale Centre-Val de Loire, de nombreux chantiers sont devant nous, je pointerai quelques exemples :

  • Une animation renforcée des communautés de la COP pour amplifier les passerelles et massifier les avancées
  • Le besoin d’enchanter la transition, et la culture est évidemment un des premiers alliés
  • Des nouvelles formes de coopération de la collectivité, à l’image du Bateau Ivre à Tours et du projet de la SCIC des Colibris
  • Un budget climat régional, dans lequel nous nous engageons
  • Le premier appel à projets de la COP régionale, qui verra le jour début 2021 et qui permettra d’accompagner la réalisation de nombreux engagements
  • L’orientation des maquettes de la prochaine programmation européenne pour la massification des transformations à opérer, sujet sur lequel nous sommes déjà bien investis.

Vous l’aurez compris, pour nous les transformations écologiques doivent se faire avec les citoyens et ne doivent pas et ne peuvent plus être remises à plus tard.