CPER 2021-2027 : enjeux en matière de tourisme et d’alimentation

Intervention de Christelle de Crémiers

Le tourisme marque son entrée dans cette nouvelle édition du Contrat de Plan Etat Région.

En tant que collectivité régionale qui a su très tôt, depuis plus de vingt ans, se saisir de l’enjeu que représentent les itinérances douces pour le tourisme, qui a été pionnière dans le tourisme à vélo, nous pouvons nous féliciter enfin que ce soit reconnu de manière réciproque par l’Etat.

En tant que compétence régionale partagée avec les Départements et les EPCI, le tourisme à vélo a aussi été plébiscité par les autre collectivités infra régionales dans le tour de table qui a présidé à l’élaboration de ce Contrat.

En d’autres termes, l’inscription à part entière de la mesure « Valoriser les atouts touristiques de notre territoire » avec son volet investissement dans les équipements liés aux itinérances douces, vélo, équestre et pédestre, marque une inflexion importante dans la manière d’appréhender la politique touristique par l’Etat, en reconnaissant que le développement touristique territorial, à travers les itinérances douces et le patrimoine local, permet de contribuer de manière durable au développement économique local.

Sans doute la crise sanitaire a-t-elle joué un rôle dans ce changement de regard. Il n’y a pas si longtemps, en 2016, le livre blanc du tourisme édité par le premier groupe français du secteur, prédisait deux milliards de touristes dans le monde en 2030 et préconisait une politique fondée sur des grands centres touristiques mondiaux et une promotion agressive à l’international.

On peut se féliciter aussi, que cette même année, la stratégie régionale du tourisme adoptée à l’unanimité, a anticipé les crises à venir en priorisant un tourisme fidélisant de proximité et a permis à notre région de réagir très vite quand celles-ci sont arrivées. La contribution de l’Etat pour soutenir les projets de valorisation équipements et patrimoines locaux dans le cadre des « contrats territoriaux de relance et de transition écologique » fait écho avec bonheur à la politique régionale d’accompagnement des acteurs du tourisme dans leur transition écologique.

L’alimentation fait aussi son entrée en beauté dans le nouveau CPER. Tout d’abord de manière symbolique, son inscription légitime sur le long terme le portage en tandem Etat – Région Centre Val de Loire de la politique alimentation, alors que la loi Egalim de 2018 a déterritorialisé cette politique en la réservant à l’Etat seul.

Je tiens à saluer la grande qualité du travail qui préside, depuis le début de cette aventure spécifique à notre région, de co-pilotage d’une politique particulièrement ambitieuse de relocalisation et de transition de l’alimentation sur le plan économique, environnemental et de la santé publique.

A l’occasion du plan de relance, les moyens importants dont dispose l’Etat dans notre région pour le développement des Projets alimentaires de Territoire seront alloués de manière coordonnée avec la démarche de reconnaissance régionale. En effet, au cours des trois dernières années, la région a élaboré avec l’ensemble des parties prenantes institutionnelles des critères de reconnaissance régionale des Projets Alimentaires de Territoire en Centre Val de Loire, distincts de ceux de la Loi de 2014.

La clé de voûte des PAT reconnus dans notre région est l’objectif de démocratie alimentaire, c’est-à-dire, l’accès pour tous à une alimentation de qualité. La conviction, malgré la rareté étonnante d’études statistiques sur le sujet, que les maladies chroniques issues d’une alimentation ultra transformée, communément appelée mal bouffe, sont fonction du niveau social, a guidé ce grand chantier de relocalisation et de transition de l’alimentation. Il arrive aujourd’hui à maturité pour entrer dans la phase de déploiement territorial.

La mesure « favoriser une agriculture alimentaire de proximité » décrit les nombreuses connexions que cette transition de l’alimentation comporte avec les autres politiques sectorielles, au premier rang desquelles la diversification agricole, l’installation de nouveaux agriculteurs, la conversion à l’agriculture biologique et la création d’activités de transformation, comme les moulins et les abattoirs, qui avaient dangereusement disparu de nos territoires.