Portrait Jean Delavergne

CPER : ferroviaire, couveuses d’entreprises

Intervention de Jean Delavergne

 

Je souhaite intervenir sur deux points : d’une part sur des questions ferroviaires et d’autre part sur les aides de l’Etat aux dispositifs d’accompagnement de création d’entreprise.

 

TGV : POCL, Courtalain…

Si, fort heureusement, la Région ne participera pas au financement de nouvelles études sur le projet de LGV Paris-Orléans-Clermont-Lyon, les écologistes tiennent à dénoncer le double discours tenu par l’Etat :

– d’un côté, il affirme à raison qu’il faut donner la priorité aux trains du quotidien, à la régénération et à la modernisation des lignes existantes ;

– de l’autre, il continue à agiter de manière démagogique le hochet de nouvelles LGV excessivement coûteuses et totalement inadaptées aux besoins de maillage territorial.

Nous déplorons donc l’inscription au total (toutes régions confondues) de près de trente millions d’euros de crédits pour poursuivre des études permettant d’alimenter la chimère du POCL.

Nous voulons aussi dénoncer l’inscription in extremis dans ce CPER d’un million d’euros pour entretenir le mythe d’une nouvelle gare TGV à Courtalain… alors même que les usagers actuels du TGV à Tours et à Vendôme s’inquiètent à juste titre du sort qui sera le leur en 2017 à l’ouverture de la LGV Tours-Bordeaux ! Quelle incohérence que ce soient les mêmes qui réclament sans cesse des baisses des dépenses publiques et qui obtiennent un million d’euros pour faire avancer un nouveau « grand projet inutile » !

 

TET : POLT, Bourges-Montluçon…

D’un autre côté, nous tenons en revanche à saluer les travaux prévus sur la ligne POLT, tels que l’installation permanente de contre-sens (IPCS : étape nécessaire pour desserrer le goulot d’étranglement existant sur cette ligne entre Paris et Orléans) ou la suppression de passages à niveaux.

Comme nous l’avons déjà signalé en février, nous apprécions aussi qu’hors CPER mais sur la même période, SNCF-Réseau s’engage pour que soient réalisés 230 M€ de travaux de régénération sur la ligne POLT  en région Centre.

Mais alors que nous essayons de conforter l’avenir de ce grand axe de communication ferroviaire qu’est le POLT, c’est l’avenir des Trains d’Equilibre du Territoire qui est en train de se jouer. Là aussi, va-t-on avoir un double discours de l’Etat, qui s’engage avec la Région sur le volet infrastructure du POLT mais qui pourrait décider, si l’on en croit quelques fuites, dans le cadre de la prochaine convention TET entre l’Etat et la SNCF, que le POLT n’irait bientôt plus jusqu’à Toulouse mais seulement jusqu’à Brive (voire Limoges !) et qu’il ne desservirait plus Issoudun, Argenton et La Souterraine (voire Châteauroux !).

Et malheureusement, le POLT n’est pas la seule ligne TET menacée dans notre région : c’est aussi le cas de Bourges-Montluçon, ligne sur laquelle l’Etat et la Région s’engagent pourtant dans ce CPER, c’est aussi le cas de Caen-Le Mans-Tours, c’est aussi le cas de Nantes-Tours-Bourges-Lyon, ligne qui n’existe d’ailleurs quasiment plus vraiment puisqu’il n’existe aujourd’hui qu’une seule desserte le week-end et  les jours fériés et rien le reste du temps…

Au total, Monsieur le Préfet, Monsieur le Président, pour ce qui concerne le volet ferroviaire, nous retiendrons plutôt les avancées inscrites dans ce CPER et en particulier les crédits pour la ligne Orléans-Châteauneuf, mais nous tenions cependant à dénoncer les ambiguïtés de l’Etat sur le sujet.

Couveuses, BGE,…

Je voudrais pour finir signaler d’autres contradictions de l’Etat cette fois en ce qui concerne le soutien à l’accompagnement de la création d’entreprises.

Il existait un volet spécifique sur ce sujet dans le précédent CPER. L’Etat n’a pas souhaité le reconduire et on ne le retrouve donc pas dans la prochaine contractualisation. Cela n’amène pas la Région à diminuer pour autant ses aides aux différents opérateurs qui étaient concernés par les crédits inscrits dans le précédent CPER. Mais il semble que l’Etat de son côté profite de cette non inscription pour dire par exemple aux couveuses d’entreprises ou à certaine boutiques de gestion qu’il n’a plus la possibilité de les financer !

Monsieur le Préfet, nous tenons à vous alerter sur cette situation très paradoxale qui conduirait l’Etat à ne plus soutenir ces structures qui font un indispensable travail pour aider souvent des personnes très modestes à créer des TPE, cela à l’heure où au niveau national on proclame dans toutes les langues qu’on aime les entreprises.

Bien évidemment l’Etat en région malgré l’austérité ambiante dispose encore d’autres crédits que ceux qui sont inscrits dans le CPER et nous espérons donc que le très utile travail d’accompagnement des associations concernées pourra être poursuivi.