Déclaration liminaire du groupe écologiste

Intervention de Charles Fournier

 

Monsieur le Président, chers collègues, Monsieur Loiseau, vos propos vont à l’encontre de la dignité de ceux prononcés, que ce soit par Monsieur Peltier ou par notre Président. La vie politique a besoin d’apaisement. Or, vous contribuez systématiquement à l’énervement, à la confrontation violente et à la division. Vous l’avez encore démontré par votre propos d’introduction dans cette première assemblée où chacun a la responsabilité de démontrer que la vie politique peut être capable de changer la réalité et la vie des gens ; notamment les résultats de cette élection nous y invitent. Nous avons cette responsabilité, majorité comme opposition, de montrer que la vie politique est une vie démocratique et une capacité à agir sur la réalité.

Je voudrais faire quelques commentaires sur les résultats de dimanche dernier. La gauche et les écologistes ont la responsabilité de conduire cette mandature. Pour
autant, évidemment, tout nous invite à l’humilité, à l’interrogation et, en même temps, à la détermination et à l’engagement fort de l’ensemble des élus de cette assemblée, en particulier de la majorité, pour réussir. Nous ne pouvons pas décevoir ; les attentes de nos concitoyens sont nombreuses, la désespérance est grande. C’est avec gravité que je dis cela : les neufs élus écologistes de cette assemblée s’engageront avec toutes leurs forces pour essayer de contribuer à cette réussite.

 

Pour nous, trois grands défis majeurs. Le premier est celui de l’égalité : égalité des territoires, égalité entre les citoyens, égalité dans l’accès à la formation, égalité dans l’accès à l’emploi, égalité dans la vie quotidienne dans l’accès aux services publics et aux transports, etc. Cet enjeu d’égalité suppose une attention particulière pour la ruralité mais pas uniquement : pour les zones périphériques et pour les quartiers de nos villes. Cette attention particulière est dans le projet que nous avons construit pour cette mandature ; évidemment, nous en ferons une priorité absolue.

Je regrette que la deuxième priorité n’ait pas été un thème plus important dans la campagne : il s’agit de celle du climat. Nous sortons de la COP21 avec un enjeu fondamental : la somme des engagements des différents pays nous place pour l’instant dans une trajectoire à 3 degrés. C’est insupportable ! Tout ce que nous racontons n’aura pas de sens si nous n’agissons pas en profondeur sur ces questions. La France s’est engagée à s’inscrire dans une trajectoire de 1,5 degré. La Région est compétente dans les domaines clefs qui permettent d’agir sur ces sujets : l’agriculture, les transports, l’économie, l’énergie, les bâtiments. Il fautrésolument s’engager dans la bataille contre le réchauffement climatique.

La troisième priorité est le défi démocratique, celui de l’écoute des citoyens et de  leur association à la décision politique. C’est aussi le défi de la prise en compte de ce qu’ils font déjà : pour une part, ils sont en train de changer notre région et le monde. Nous devons faire avec les citoyens : c’est un enjeu fondamental, à notre sens. Tout cela se construira dans la proximité. Dans le projet présenté par notre Président, ce sujet tient une place importante : il nous faut inventer une proximité, une nouvelle relation avec les citoyens dans les territoires. C’est l’un des chantiers de la mandature à venir.

Les écologistes sont prêts à relever ces défis. Ils font partie d’une majorité. Un contrat nous lie dans cette Majorité, mais nous exprimerons aussi notre diversité et nos positionnements ; nous poserons les questions nécessaires. Cela supposera un dialogue nourri et un travail encore plus important peut-être que dans la mandature précédente.

Au nom de l’ensemble des écologistes, Monsieur le Président, sachez notre mobilisation totale pour répondre aux défis et pour agir avec celles et ceux qui se battent pour un monde plus juste et plus soucieux des générations futures.