Défense du vœu « décentralisation menacée, territoires en danger »

Intervention de Christelle de Crémiers

 

Le gouvernement a réussi ce que les élus territoriaux n’auraient jamais réussi dans lui : fédérer l’ensemble des élus territoriaux contre lui. Le 10 avril 2018, les associations des Maires, des Départements et des Régions de France ont fait une conférence de presse commune pour dénoncer la recentralisation inédite depuis 1982. Ils refusent, dans une unité elle aussi inédite, de signer les pactes financiers avec l’Etat.

Il y a un contraste saisissant entre des collectivités qui économisent 50 milliards et un Etat central qui en dépense 330 de plus. Entre un Etat qui ne tient pas ses engagements et apparaît éloigné des territoires et des collectivités qui subissent son absence de dialogue.

Dans le système actuel qui régit notre société, celui de la concurrence, de la croissance, du premier arrivé, premier servi, de la loi du plus fort, il pleut forcément où c’est déjà mouillé.

Qu’il pleuve là où ce n’est pas mouillé, c’est bien là toute la mission des élus locaux. Pour la mener à bien, pour mener la transition écologique, l’élu local mobilise toute sa connaissance du terrain et des acteurs, un véritable travail de dentelle, bien éloigné de la standardisation béotienne et schématique d’une politique trop parisianiste.

Nous assistons à l’émergence d’un nouveau clivage qui réunit villes et campagnes, des territoires ancrés dans le réel, unis face à une petite minorité au service de la virtualité des marchés financiers et de leur pouvoir sur la dette publique.

Ce vœu factuel et mesuré s’inscrit dans un combat de longue haleine, essentiel et indispensable, qui ne fait que commencer. Où les Régions jouent le rôle de dernier rempart de protection des territoires. En ce qui concerne notre région, nous en sommes conscients et mobilisés.