Portrait Gilles Deguet

Défis climatique et énergétique

Intervention de Gilles Deguet

Monsieur le Président, madame et messieurs les vice présidentes, chers collègues

1.  Nous vivons une époque formidable, à la fois angoissante et exaltante. Angoissante parce que la fin de ce que Jean Viard a appelé la période de conquête, est marquée par une profonde crise des modèles qui lui étaient liés, et que pour faire vite, nos modes de production et de consommation ne sont plus compatibles avec les ressources de notre planète dont la conquête est terminée. Mais exaltante parce que nous construisons la société de la période d’après que Jean Viard a appelé la période de l’habiter la planète.
 
C’est la fin des solutions uniques et miraculeuses. Notre seule vraie ressource inexploitée, c’est l’intelligence et l’initiative multiple et diverse de milliards d’humains. Les nouvelles politiques qui sont nécessaires sont nécessairement territorialisées. 
Elles le sont  pour être plus adaptées aux réalités, ce qui demande une décentralisation. 
Elles le sont plus profondément  pour libérer l’initiative des citoyens, ce qui demande une démocratisation. Je me félicite d’avoir entendu cette exigence sur de nombreux bancs du CESER.

2.  Nous vivons une époque formidable. C’est une époque de nécessaires ruptures, et pas seulement d’aménagements à la marge. Il nous faudra parfois faire le contraire de ce qui a été fait jusqu’ici, pour corriger des erreurs. Je cite souvent la politique de l’eau ou nous reméandrons des rivières qui ont été rectifiées ces 50 dernières années.  Il  faudra faire cesser les financements néfastes. Il faudra aussi réorienter massivement les financements. 
A quelle hauteur?
C’est l’un des mérites de la Conférence Environnementale à laquelle j’ai  modestement participé d’avoir mis l’accent sur les priorités: défense de la bio diversité, et transition énergétique. La maitrise de l’énergie est bien une priorité du gouvernement, comme en atteste l’orientation de la future Banque Public d’Investissement comme banque de la transition écologique, et l’organisation du débat national sur la transition énergétique dans lequel les régions se sont engagées à tenir toute leur place. C’est l’un des mérites de cette conférence d’avoir mis l’accent sur cette transition comme élément central d’une stratégie de l’emploi. 
Et cette orientation est aussi européenne. Je rappelle qu’après des négociations difficiles, le taux de compromis qui a été adopté – j’insiste sur cette notion de compromis – est de 20% des fonds structuraux qui devront être consacrés à la sobriété et l’efficacité énergétique, et aux énergies renouvelables. Nous avons là une référence pour la hauteur de l’effort à produire.

3.  Monsieur le Président, Madame et messieurs les vice présidentes,
Vous avez souligné que le SRADDT était pour nous une feuille de route, avant de devenir peut être, comme le demande l’ARF un document opposable.

Il me revient sans doute d’insister sur le fait que notre SRADDT est inséparable de notre plan climat énergie climat. Nous avons voulu que notre politique du climat et de l’énergie soit transversale, qu’elle s’applique dans tous les secteurs de notre action, et qu’en même temps, pour ne pas être diluée, elle soit identifiable et évaluable. 
Il doit en être de même pour nos politiques territoriales: la politique Climat energie doit y être à la fois transversale et identifiable.

4.  J’aimerais balayer rapidement ce qui peut être envisagé
Continuer l’effort sur la patrimoine, rendre les bâtiments publics exemplaires, et faire porter l’effort sur toutes les consommations énergétiques, en développant en particulier les Conseils partagés en Energie dont nous avons voté le cadre dans une précédente Commission Permanente. 

Il faudra insérer les territoires dans le dispositif national de rénovation des bâtiments anciens et la mise  en place du guichet unique, développer un aménagement du territoire qui limite les déplacements contraints, développer les modes de mobilité peu ou pas énergivores. 

Ensuite, développer des PCETerritoriaux, comme indiqué dans une fiche de notre propre plan climat énergie. Nous sommes d’ores et déjà en train d’expérimenter avec l’ADEmE, des dispositifs de soutien aux collectivités qui s’engagent dans une démarche ambitieuse. 
Au delà, la Région devrait soutenir les mesures prévues dans ces plans territoriaux, montrant par là, que loin d’être une mise sous tutelle, la politique territoriale a pour objectif de soutenir les initiatives locales.

5.   Mes chers collègues, les écologistes sont confiants dans la capacité de nos concitoyens à relever les défis de l’avenir. 
Si la région joue son rôle de moteur, je suis tout à fait persuadé que les contrats territoriaux tiendront des objectifs à la hauteur du défi climatique et énergétique.  D’ores et déjà, dans les contrats existants, l’engagement est significatif, 
 
Mais au delà, j’aimerais finir par une note plus personnelle; j’ai participé à 22 des forums territoriaux préparant le SRADDT, à chaque fois en animant un atelier plan climat. À une exception près, à chaque fois, nous avons eu un débat à la fois expert et engagé, et à chaque fois au moins une idée originale a été formulée, qui a pu être reprise dans le Plan climat. 

Monsieur le Président, mes chers collègues, soyons à la hauteur des attentes et de l’engagement de la société.