Portrait Jean-Philippe Grand

Diagnostic innovation croissance

Intervention de Jean-Philippe Grand.

Monsieur le Président, mes cher-e-s collègues,

L’innovation est le moteur de l’économie française et la solution pour maintenir l’avance technologique nécessaire au maintien d’une filière industrielle dans notre pays. Encore faut-il que ces innovations n’aient pas un impact négatif sur notre environnement ou notre santé. Il n’y a toutefois pas automatiquement de croissance liée à l’innovation. Il existe dans le domaine de l’innovation une autre piste qui vise à réduire l’utilisation des ressources par exemple en intégrant l’éco-conception des produits ou la réutilisation des ressources en eau. On peut donc dans ce cas parler de décroissance liée à l’innovation. Consommer moins de matières premières mais également d’électricité ou d’eau c’est aussi réduire les charges qui pèsent sur les comptes des entreprises et donc améliorer leur rentabilité.

Comme vous le savez, l’industrie manufacturière peine face aux pays à bas coût. Notre incapacité à taxer le dumping social et environnemental au nom du libre échange a réduit comme peau de chagrin la fabrication française de biens de consommation. Je ne propose pas le protectionnisme mais bien l’équité entre les entreprises qui respectent les règles sociales et environnementales et celles qui ne les respectent pas. La hausse des coûts de transport et l’analyse fine des coûts cachés ne permettent malheureusement que marginalement la relocalisation d’une partie de notre économie. Lorsque quelques dizaines d’entreprises reviennent sur notre territoire, ce sont des centaines qui continuent à aller chercher ailleurs la possibilité de polluer sans entrave ou de sous payer la main d’oeuvre nécessaire à la fabrication de leurs produits. La Région doit donc faire des choix concertés avec ses partenaires pour choisir les innovations respectueuses de nos valeurs. Aider massivement les innovations liées à l’économie verte nous permettra non seulement d’assurer une croissance soutenue créatrice d’emplois non délocalisables mais également de réduire durablement notre impact sur l’environnement. 

La mesure que vous venez de nous présenter répond donc à la demande des entreprises qui innovent ou souhaitent innover dans notre région. Le problème principal rencontré par un dirigeant qui a une idée qui peut assurer la croissance de son entreprise et la création d’emplois est de se faire accompagner par les organismes d’état et les collectivités locales. Il faut donc l’aider à se repérer dans les méandres des aides publiques. La particularité de l’innovation est qu’elle est bien souvent portée par des petites entreprises qui n’ont pas les moyens de payer des collaborateurs pour effectuer les démarches qui leur permettront d’obtenir les aides auxquelles elles ont droit. Un autre problème réside dans la capacité d’une entreprise à innover pour éviter de perdre des parts de marché et donc de péricliter. Là encore, cette mesure répond à cette nécessité en proposant aux dirigeants une aide pour identifier les innovations possibles dans leur domaine. Il est donc nécessaire d’avoir un pilotage et une coordination assurée par la Région afin non pas d’ajouter un dispositif à celui mis en place par l’état comme l’a dit monsieur Novelli ce matin, mais bien d’engager un véritable partenariat avec les autres acteurs de notre territoire. 

Nous ne pouvons pas nous permettre de manquer le virage de l’innovation qui sauvera notre économie nationale et régionale. Ces diagnostics Innovation/Croissance Centre aideront à y parvenir. Les aides financières de la Région toujours plus importantes pour les entreprises qui innovent auront un impact décisif pour l’avenir de tous habitants de notre région.