DM3 : de nombreuses préoccupations dans les lycées

Intervention de Sandrine Tricot

Monsieur le Président, chers collègues, depuis la rentrée scolaire de septembre, notre Région a un fait un gros travail d’accompagnement au sein des lycées. Forts de l’expérience du premier confinement, nous avons mis à disposition des ordinateurs pour les étudiants qui n’en n’avaient pas, nous avons équipé les lycées en caméras et webcams, monté en puissance l’outil numérique ENT, mis à disposition des solutions hydro-alcooliques et des masques, remplacé les personnels de la collectivité en arrêt-maladie le plus rapidement possible pour ne pas entraver le bon fonctionnement des établissements…. Et bien d’autres choses encore !

Ce travail et cette vigilance sont à souligner et les établissements en ont conscience.

Pourtant, plusieurs zones d’incertitudes continuent de les angoisser et peuvent être citées :

  • La baisse de la dotation Région de 2021 tient compte des dépenses non réalisées durant le confinement. Et même si les agents comptables s’accordent à dire que le calcul est juste, cette baisse dans cette période de crise génère une peur de manquer.
  • La mise en œuvre des protocoles sanitaires au quotidien avec des lycéens jeunes et insouciants qui ne changent pas leurs masques à la fréquence souhaitée, des locaux pas toujours adaptés pour organiser la ventilation ou le flux humain lors des déplacements dans les couloirs par exemple.
  • Le surcroît de travail pour les agents de la collectivité engendré par ses protocoles et la pression que cela fait peser sur eux.
  • Les problèmes financiers des familles amplifient l’incertitude sur l’avenir. La pauvreté isole et beaucoup restent dans l’ombre, seuls face à leurs difficultés.
  • La réforme du baccalauréat, débutée à la vitesse du TGV il y a 2 ans, finalement n’en finit pas de s’organiser. A six mois de l’épreuve, le grand oral qui devait être préparé en première est toujours au point mort.
  • Enfin et surtout la limitation drastique des relations humaines oblige cette jeunesse à se retrancher sur elle-même et à vivre en quasi-autarcie, alors que nous savons que cette période de construction de soi est déjà compliquée en elle-même.  Comment vivre seul ? Sans  amis ou famille ?  Comment affronter les difficultés sans soutien ? L’isolement distend les relations, la confiance, la solidarité pourtant indispensable dans cette période de crise. Le corps enseignant se sent abandonné par son ministère dans le marasme de la crise Covid.

Notre Région a beaucoup investi, en temps et en accompagnement, au sein des lycées et nous pourrions en attendre autant de l’Etat car à ce stade des plans de relance ils sont les grands oubliés de la crise Covid !

Il est donc temps que l’Education nationale se réveille pour ne pas faire de ces lycéens une génération sacrifiée.

Je vous remercie de votre attention.