Ecoles de Production : la fausse bonne idée ?

Lors de la commission permanente du 21 mai, le groupe écologiste a été le seul à s’opposer à un projet de financement de la part de la Région à une “école de production”, à Salbris. Cette école accueillera des promotions d’une dizaine de jeunes, âgés de 15 à 18 ans, pour la préparation de diplômes (CAP et Bac pro) dans le domaine de l’industrie et plus particulièrement l’usinage.

Sur le papier, les Écoles de Production semblent être une bonne idée : il s’agit d’écoles qui forment des jeunes en difficulté pendant trois ans, presque gratuitement pour les familles, avec un emploi garanti à la clé. Le slogan de ces écoles, « faire pour apprendre », est un concept auquel il est difficile de s’opposer.

Cependant, le fond du dossier est plus critiquable, voire gênant. La Région va co-financer avec la fondation TOTAL un lieu d’éducation – sur un modèle américain – et donc s’inscrire dans une logique de privatisation de la formation initiale professionnelle. Notons que la fondation TOTAL ambitionne de doubler le nombre d’Écoles de Production d’ici 2028, en France.

Les Écoles de Production sont des établissements privés d’enseignement technique hors contrat, reconnus par l’État depuis 2006. La particularité du « modèle » de ces écoles est que les jeunes sont en situation de travail pour répondre à des commandes des entreprises.  L’école est ainsi rémunérée par les entreprises commanditaires, relevant notamment des filières automobile et aéronautique. Le jeune ne perçoit pas de rémunération mais sa formation est gratuite. En plus des subventions publiques et des soutiens privés, l’école perçoit la taxe d’apprentissage. 

Ce modèle de formation interroge le droit à une formation et à une éducation gratuite dans notre pays, à l’heure où l’enseignement public technique est délaissé par les gouvernements successifs. C’est la première fois que la Région est amenée à financer ce genre d’Écoles de Production. Si la décision votée le 21 mai par les autres groupes ne porte à ce stade que sur 40 000€ pour dix élèves sur l’année 2021-2022, la Région est sollicitée à hauteur de plus d’un million d’euros sur 5 ans (fonctionnement et investissement confondus). 

Le groupe écologiste est attaché au modèle public de l’enseignement technique. Nous considérons que les lycées d’enseignement professionnel ont un rôle majeur à jouer dans la formation de travailleurs qualifiés et dans la lutte contre le décrochage scolaire. Mais ils manquent considérablement de moyens. 

Le modèle de ces Écoles de Production est en plein développement car encouragé par le Gouvernement. Nous continuerons de nous opposer à ce que la Région contribue à l’expansion de ce modèle au détriment de l’enseignement public.

Les élu-e-s du groupe écologiste au Conseil régional Centre-Val de Loire