Portrait Moïsette Crosnier

Enseignement supérieur : COMUE Léonard de Vinci et futur Grand Etablissement Orléans-Tours

Intervention de Moïsette Crosnier

 

Cette communication porte sur le renforcement de la COMUE Léonard de Vinci à l’échelle des régions Centre-Val de Loire, Limousin et Poitou-Charentes, ainsi que sur le rapprochement des Universités de Tours et d’Orléans au sein d’un futur « Grand Etablissement ».

 

Je voudrais tout d’abord rappeler le contexte national de la création de la COMUE : instaurée par la loi Fioraso de juillet 2013, elle a été mise en place en juillet 2015 pour se substituer au PRES. Cette loi est malheureusement restée dans la ligne de la loi LRU de 2007 du gouvernement Sarkozy et qui visait l’autonomie des universités. La loi Fioraso a imposé des regroupements et fusions sous la forme de COMUE contre l’avis de la plupart des enseignants. Où est l’autonomie ? L’autonomie accordée aux Universités implique les transferts financiers qui vont avec et qui n’ont pas eu lieu. Ce manque de moyens va soumettre les Universités à des contraintes qu’elles vont avoir bien du mal à assumer. Pour les écologistes, la priorité est de redonner aux universités les moyens d’assurer réellement leur missions. C’est pourquoi les députés EELV à l’Assemblée Nationale avaient voté contre la loi Fioraso.

 

La COMUE coordonne les offres de formation, les stratégies de recherche et de transfert des établissements. L’État contractualise directement avec les COMUE et non plus avec les Universités. La COMUE est maintenant l’interlocuteur pour la négociation des contrats de site.  Je voudrais redire ici que de nombreux conseils d’Université se sont positionnées contre la mise en place des COMUE. Au delà du rapprochement de nos 2 universités, Tours et Orléans, qui est bien évidement une bonne chose, de nombreuses questions se posent. Quel sera le bénéfice réel de notre COMUE qui est l’une des plus grosses de France ? Cela apportera-t-il un meilleur positionnement à l’international ? Une meilleure visibilité des projets ? Comment seront-elles gouvernées ?

 

Il y a une crainte justifiée de perte de démocratie universitaire puisque tous les établissements membres ne seront pas représentés dans les conseils d’administration  des COMUE. Ils seront en majorité composés de directeurs d’établissements et de personnalités extérieures. Les centres de décision seront donc éloignés des personnels et des usagers. Pour la COMUE Centre-Limousin-Charentes, dite Léonard de Vinci, de très fortes réticences ont été exprimées par le milieu universitaire, les syndicats et les enseignants.

 

Cette communication souligne les bons résultats de l’enseignement supérieur de notre région en terme d’attraction et d’augmentation des effectifs. L’augmentation y est plus forte que celle observée au niveau national. Nous nous réjouissons de ces bons résultats qui sont dus en partie aux conditions d’études mais aussi aux politiques régionales que nous avons développées : aide  à la mobilité, à l’acquisition de la complémentaire santé, à la caution locative… Mais il faut rester vigilants. Les conditions peuvent se dégrader si les capacités d’accueil pédagogiques ne se développent pas suffisamment au regard de la croissance des effectifs.

 

 

Une concertation interrégionale va être mise en place pour l’élaboration de Schémas Régionaux d’Enseignement Supérieur, de Recherche et d’Innovation(SRESRI) pour coordonner les stratégies des 3 Régions. A cette occasion, je voudrais rappeler ici les propositions d’amélioration de la vie étudiante que nous avions formulées lors de l’élaboration du schéma régional, pour une meilleure prise en compte des contraintes environnementales dans le développement des campus universitaires :

-appliquer des critères de la construction durable pour les réalisations immobilières que nous finançons, à l’identique de ce que nous demandons pour la construction des lycées,

-créer des centres de santé pour assurer, à tous les étudiants, une continuité de soins, du dépistage au traitement,

-développer des transports doux et des transports en commun sur les campus universitaires et dans les villes sièges des Universités.

Pour finir, je voudrais souligner les enjeux auxquels le grand établissement qui va être créé, sera confronté :

-forte augmentation des effectifs qui va perdurer compte tenu des effectifs croissants des lycées,

-volonté de porter le niveau général des qualifications et la part d’une classe d’âge diplômée de l’enseignement supérieur,

-budget en baisse et persistance des inégalités de moyens entre grandes écoles et universités,

-insertion de plus en plus difficile pour les jeunes diplômés.